II. Abstract
Child malnutrition remains a major public health challenge
worldwide, particularly in Africa,where precarious living conditions expose
children aged 6 to 59 months to high nutritional risks.Chad, a landlocked
Sahelian country, is among the countries most affected by child
malnutrition.The eastern region of Chad, and more specifically the border town
of Adré, is heavily impacted bythis crisis. This thesis aims to
contribute to children's health through the analysis of dietarypractices and
the identification of factors related to malnutrition. To this end, a
descriptive cross-sectional study was conducted among 218 mother-child pairs
from March to June 2025, with datacollection based on structured questionnaires
and anthropometric measurements, enabling thenecessary data for the study to be
collected. The results reveal a population composed mainly ofvery young mothers
with little education and no professional activity, which limits their
autonomyand access to nutritional information. Exclusive breastfeeding
practices remain low, with only 31.7%of children exclusively breastfed until
six months of age, and the introduction of complementaryfoods is often early,
before the recommended age. Children's diets are not very diverse, dominatedby
cereals and legumes, while the consumption of fruits, vegetables, and animal
products remainsmarginal. The frequency of meals is insufficient for the
majority of children, and access to safedrinking water remains limited,
increasing the risk of infections and waterborne diseases. Thenutritional
status of children is alarming: 40.6% are emaciated, 72.5% are underweight, and
67.4%are stunted. Statistical analysis shows a significantassociation between
meal frequency andnutritional status, confirming that dietary monotony and low
number of daily meals exacerbatemalnutrition. Ultimately, a large majority of
the children surveyed were malnourished, and dietaryand hygiene practices were
poor. The low level of dietary diversity and frequency of meals amongchildren
influences their nutritional status.
Keywords: Dietary practices, malnutrition,
Sudanese children, refugees, Chad, Adré camps,
Introduction
Les crises humanitaires provoquées par les conflits
armés exposent les populations déplacées à une
précarité extrême, marquée par
l'insécurité alimentaire, des conditions sanitaires
dégradées et la malnutrition infantile (HCR, 2024). La
malnutrition reste l'un des défis majeurs de santé publique dans
le monde. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS, 2021), environ
45 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë
et 149 millions présentent un retard de croissance, augmentant ainsi les
risques de morbidité et de mortalité. Malgré des efforts
mondiaux soutenus pour améliorer la nutrition infantile, la situation
reste préoccupante, notamment dans les régions à
ressources limitées. En Afrique subsaharienne, la malnutrition infantile
atteint des proportions alarmantes. Cette région concentre près
de 90% des cas de malnutrition aiguë sévère chez les enfants
(UNICEF, 2023). Les facteurs explicatifs sontmultiples:
insécurité alimentaire chronique, conflits armés,
pauvreté extrême, déplacements de population, et
accès limité aux services de santé et aux infrastructures
de base (FAO, 2023). Le Tchad, pays sahélien enclavé, est parmi
les pays les plus affectés par la malnutrition infantile. Les
résultats de l'enquête nationale SMART 2024 révèlent
une prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) de 10,8% chez
les enfants de 6 à 59 mois, dont 2,1% souffrent de malnutrition
aiguë sévère (MAS). Ces taux dépassent les seuils
d'alerte de l'OMS, fixés à 10% pour la MAG et 2% pour la MAS,
indiquant une crise nutritionnelle persistante (SMART, 2024). Certaines
provinces, comme le Ouaddaï, affichent des taux encore plus
élevés, atteignant 17,5% de MAG(SMART, 2024).
La région de l'Est du Tchad, et plus
précisément la ville frontalière d'Adré, est
fortement impactée par cette crise. En raison de sa proximité
avec le Soudan, Adré est devenue une zone d'accueil pour des dizaines de
millier de réfugiés soudanais fuyant le conflit du Soudan. Depuis
la reprise du conflit armé au Soudan en avril 2025, près d'un
million des réfugiés ont franchi la frontière tchadienne.
Plus de la moitié de ces réfugiés sont localisés
dans les camps d'Adré et ses alentours, qui comptent parmi leurs
populations une forte proportion d'enfants de moins de cinq ans (HCR, 2024 ;
OCHA, 2023). Ces camps de réfugiés, souvent surpeuplés,
sont caractérisés par une insécurité alimentaire
sévère et des conditions sanitaires précaires. Selon
l'analyse IPC de la malnutrition aiguë au Tchad, environ 2 002 113 enfants
âgés de 6 à 59 mois seront affectés par la
malnutrition aiguë entre octobre 2024 et septembre 2025, dont 537 170 cas
sévères. Dans les camps de réfugiés d'Adré,
bien que certains aient été initialement classés en
situation "acceptable" (Phase1) entre octobre et décembre 2024, des
dégradations ont été projetées pour la
période de juin à septembre 2025, notamment le camp d'Adré
site qui devrait passer en situation d'"alerte" (Phase 2), traduisant une
aggravation attendue de la situation nutritionnelle dans ce contexte
humanitaire critique (IPC, 2025). L'importance des pratiques alimentaires dans
le développement global des enfants est bien établie. Elles
jouent un rôle central dans la croissance physique, le
développement cognitif et la santé à long terme (UNICEF,
2023). Une alimentation inadéquate pendant les premières
années de vie peut entraîner des conséquences
irréversibles, y compris un retard de développement, une faible
immunité et une augmentation des risques de maladies chroniques (OMS,
2021). Face à ces constats et cette situation critique, il devient
essentiel d'étudier les pratiques alimentaires des enfants
déplacés soudanais à Adré. Le constat d'une
prévalence élevée de la malnutrition infantile dans cette
région nous amène à nous poser la question suivante :
En quoi les pratiques alimentaires influencent-elles la santé
des enfants soudanais de 06-59 mois dans les camps de réfugiés
à Adré à l'Est du Tchad ? Dans le but d'apporter
des éléments de réponses à cette question, les
hypothèses suivantes ont été formulées :
v Les pratiques alimentaires des enfants sont
négativement influencées par les contraintes d'accès aux
ressources alimentaires dans les camps ;
v L'état nutritionnel des enfants est influencé
par les facteurs socio-démographiques, socioculturels et d'accès
à l'alimentation ;
v Les pratiques alimentaires inadéquates chez les
enfants s'associent à un état nutritionnel médiocre chez
ces enfants.
L'objectif général est de contribuer à la
promotion et l'amélioration de la santé des enfants à
travers l'étude de leurs pratiques alimentaires ; De cet objectif
général, trois (03) objectifs spécifiques en
découlent :
v Décrire les pratiques alimentaires chez les enfants
dans les camps de réfugiés d'Adré ;
v Identifier les facteurs sociodémographiques,
socio-culturels et d'accès à l'alimentation influençant
ces pratiques alimentaires ;
v Évaluer l'état nutritionnel des enfants en
fonction de leurs pratiques alimentaires
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