Chapitre I : Revue de
la littérature
II.1 Généralités
II.1.1 Généralitéssur
l'alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant
La malnutrition est un problème majeur de santé
publique, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. Selon l'UNICEF
(2022), environ 45 millions d'enfants dans le monde souffrent de malnutrition
aiguë. En Afrique subsaharienne, des facteurs tels que les conflits, les
déplacements de population et l'insécurité alimentaire
exacerbent cette crise (OMS, 2021). Le Tchad, en particulier dans sa
région Est, est confronté à ces défis,
principalement en raison de sa proximité avec le Soudan en conflit (FAO,
2021).
Les 1000 premiers jours de la vie d'un enfant,
période la plus critique pour une croissance et un développement
normal, car les troubles du développement qui résultent d'une
dénutrition au cours de cette période sont pratiquement
irréversibles (FAO, 2014). Le petit enfant est un être fragile qui
a des fonctions digestives immatures (Brigitte et al., 2005). Sa
croissance est rapide entre 0 et 2 ans, il quadruple son poids de naissance et
double sa taille. Il a donc un métabolisme différent de celui des
plus grands. Pour répondre à ses spécificités
physiologiques et lui permettre une croissance harmonieuse.
L'amélioration de la nutrition après l'âge de 2 ans ne
permet généralement pas la récupération du
potentiel perdu (UNICEF, 2013). Une série d'études transversales
sud-africaines réalisée par Stoch et al. (2005) ont
évalué l'impact de la sous-nutrition sévère avant
l'âge de 2 ans sur la croissance physique et sur le fonctionnement
intellectuel au cours de l'adolescence. Même en tenant compte d'une
amélioration de leur environnement et d'un rattrapage de croissance, les
enfants qui avaient connu une sous-nutrition chronique dans la petite enfance
souffraient d'une déficience intellectuelle irréversible. Le
pourcentage des indicateurs des pratiques de l'ANJE au niveau mondial montre
qu'il y a encore plusieurs efforts à consentir afin d'améliorer
les pratiques de l'alimentation du nouveau-né dans les deux
années qui succèdent sa naissance (UNICEF, 2013).
Parmi les pratiques optimales en faveur des
nourrissons et des jeunes enfants on a : le démarrage de l'allaitement
maternel dans l'heure suivant la naissance, l'allaitement maternel exclusif
durant les six premiers mois, et la poursuite de l'allaitement maternel pendant
au moins deux ans et plus, conjointement avec une alimentation adaptée
à l'âge de l'enfant, à base d'aliments mous, semi-solides
et solides à partir de l'âge de 6 mois (UNICEF, 2013).
L'introduction, à l'âge de six mois, d'aliments de
complément sains, semi-solides ou solides, appropriés doit
apporter l'énergie suffisante et être une bonne source de
protéines et de micronutriments pour couvrir les besoins nutritionnels
nécessaire à la croissance de l'enfant (ACF, 2012). Les
programmes en vue d'encourager des pratiques alimentaires appropriées
des nourrissons et de jeunes enfants insistent sur ce que les familles peuvent
faire elles-mêmes avec les ressources disponibles en vue
d'améliorer le bien-être nutritionnel de leurs enfants, notamment
l'allaitement maternel optimal et des pratiques améliorées
d'alimentation complémentaire (Pelletier et al., 1995). L'ANJE
joue un rôle déterminant pendant la fenêtre
d'opportunité qui est la période des «1000 jours »
puisqu'elle permet d'éviter les retards de croissance ainsi que
l'émaciation et les carences en micronutriments (ACF, 2012).
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