II.2.2 Allaitement maternel exclusif
On parle de l'allaitement maternel exclusif lorsque le
nourrisson reçoit uniquement du lait maternel durant ses six premiers
mois de vie (y compris le lait maternel qui a été exprimé
ou celui d'une nourrice) et rien d'autre, sauf les sels de réhydratation
orale, les médicaments et les vitamines et les minéraux sur
prescription médicale (UNICEF, 2012). Pour avoir une croissance, un
développement harmonieux et une santé optimale, le nourrisson
doit être exclusivement nourri aux seins pendant les six premiers mois de
la vie (OMS, 2003.). Selon J'UNICEF (2010), les enfants n'ont pas besoin de
compléments au lait maternel jusqu'à six mois. Le fait de
remplacer le lait maternel avec un liquide n'ayant que peu, voire aucune valeur
nutritionnelle, peut avoir des conséquences négatives sur
l'état nutritionnel, la survie, la croissance et le développement
d'un nourrisson (Linkage, 2004). En effet, la consommation, même de
petites quantités, d'eau et d'autres liquides peut remplir l'estomac du
bébé et diminuer son appétit pour le lait maternel riche
en nutriments. Les études montrent que la supplémentation en eau
avant l'âge de six mois peut diminuer jusqu'à 11% l'apport de lait
maternel. De plus, L'eau et les aliments sont des véhicules introduisant
des pathogènes. Les enfants courent un risque plus élevé
d'être exposés à des organismes causant la diarrhée,
surtout dans des contextes où l'hygiène et l'assainissement
laissent à désirer. Dans des pays moins développés,
deux personnes sur cinq n'ont pas accès à une eau de boisson
salubre. Grâce au lait maternel, l'enfant reçoit une
quantité adéquate et facilement disponible d'eau salubre.
L'allaitement maternel exclusif au cours des six premiers mois
de vie de l'enfant permet de sauver des vies (UNICEF, 2013). En effet, le lait
maternel apporte toute l'énergie et tous les nutriments dont l'enfant a
besoin pendant les six premiers mois, il diminue les décès des
nourrissons imputables à des maladies infantiles courantes telles que la
diarrhée et la pneumonie permettent à l'enfant de se
rétablir plus rapidement de la maladie (Linkage, 2004) Edmond et
al. (2006) ont trouvé un risque de mortalité
néonatale quatre fois plus élevé chez des
bébés allaités partiellement et non pas exclusivement et
un risque de mortalité deux fois plus élevé chez les
nourrissons recevant d'autres aliments. Pendant et immédiatement
après l'accouchement, les personnes qui aident la mère doivent
lui apporter des conseils et un soutien pour qu'elle pratique un allaitement
immédiat et exclusif (Victoria et al., 2006).
Tableau 1: Estimation des besoins
énergétiques de l'enfant
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Age en mois
|
Besoins d'énergie quotidiens (Kcal)
|
Estimation des Kcal fournis par
l'allaitement
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Estimation des besoins en Kcals d'aliments
complémentaires
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0 - 2
|
440
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440
|
0
|
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3 - 5
|
475
|
475
|
0
|
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6 - 8
|
680
|
410
|
270
|
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9 - 11
|
830
|
380
|
450
|
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12 - 24
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1090
|
340
|
750
|
Source : (UNICEF, 2010)
L'introduction trop précoce d'aliments de
complément n'est pas recommandée parce qu'elle expose les enfants
aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des
maladies infectieuses (EDST II, 2004). De plus, elle diminue la prise de lait
par l'enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de
lait.
En Afrique, nombreuses sont les raisons des faibles taux
d'allaitement maternel exclusif d'un pays à l'autre (Victoria et
al., 2006). C'est souvent le manque de connaissance des avantages des
pratiques optimales de l'allaitement maternel exclusif, la formation
insuffisante des agents de santé sur les bienfaits de l'allaitement
maternel exclusif, le manque d'information sur les principes d'application, les
coutumes locales, les pressions commerciales et familiales sont parmi les
raisons courantes qui empêchent les mères à pratiquer
l'allaitement maternel exclusif. Les régions africaines
présentant les taux les plus élevés d'allaitement maternel
exclusif jusqu'à l'âge de 6 mois sont l'Afrique de l'Est et
australe (52%), avec des taux similaires dans l'ensemble des pays les moins
avancés (UNICEF, 2013). L'Afrique de l'Ouest et centrale ont un faible
taux (25%), par rapport aux 52% de l'Afrique de l'Est et australe. Au Tchad,
Les données indiquent que, l'allaitement maternel exclusif demeure une
pratique quasi inexistante (EDST II, 2004). 3,4% seulement des enfants nourris
au sein exclusivement (MICS, 2010).
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