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Evaluation de l'efficacité d'une promotion des ventes: cas de la promotion opération 33 export


par Daniel Roger Feze
Ecole Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales - Diplôme d'Études Supérieures de Commerce 2012
  

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II-4-3 Présentation de l'opération a la Force de Vente

Le succès ou l'échec d'une opération promotionnelle dépend pour une très large part de l'accueil qui lui sera réservé par les intermédiaires de la distribution, et cet accueil ; à son tour, dépend de la manière dont l'opération leur sera présentée par la force de vente de l'entreprise. C'est pourquoi, lorsqu'il a choisi un projet de promotion, le responsable marketing doit le présenter d'une manière convaincante aux vendeurs, à l'occasion, par exemple, d'une « convention de vente » ou d'une formation, et fournir à ceux-ci un argumentaire de promotion qui servira de support à la présentation qu'ils feront eux-mêmes à leurs clients distributeurs. Cet argumentaire devra mettre en relief les avantages que présente l'opération proposée, non seulement pour les clients finaux, mais aussi pour les distributeurs (accroissement de leurs ventes, animation de leurs magasins, satisfaction de leur clientèle, etc.).

II-4-4 Évaluation a posteriori de l'efficacité de l'opération

Une fois que l'opération promotionnelle est terminée, il incombe au responsable marketing de la marque de procéder à une évaluation à postériori objective et rigoureuse, de manière à savoir si, à l'avenir, d'autres opérations du même genre méritent d'être menées à nouveau. L'évaluation à postériori d'une promotion peut se faire sous trois aspects principaux qui sont, par ordre de difficulté croissant ; l'impact de l'opération (mesurer par le « taux de remontée »), le degré des objectifs qui avaient été fixés et le bilan financier.

Ø Degré d'atteinte des objectifs initiaux

Les taux de remontée, à eux seuls, ne permettent généralement pas de savoir si les véritables objectifs de la promotion ont été atteints, et dans quelles mesures.

Exemple

Si une opération de couponing avait pour principal objectif de faire essayer le produit par de nouveaux clients, le nombre de coupons remontés ne permet pas de savoir combien de nouveaux clients ont été gagnés : en effet, les coupons peuvent aussi bien avoir été utilisés par des clients anciens que par des clients nouveaux.

Pour savoir dans quelle mesure les véritables objectifs d'une opération de promo-consommateurs ont été atteints, il est donc nécessaire en général d'avoir recours à des études au près des consommateurs, et en particulier aux « panels de consommateurs » qui permettent de mesurer, par exemple, les gains de nouveaux clients, l'accroissement de la fidélité à la marque, l'accroissement des quantités consommées, etc.

S'agissant des promotions en direction des distributeurs, les indicateurs les plus pertinents du succès d'une opération pourront être par exemple :

- Le nombre de têtes de gondoles qui ont été obtenues

- L'accroissement du linéaire attribué à la marque

- L'augmentation du nombre de magasin ayant référencé le produit, etc.

Enfin, qu'il s'agisse de promo-consommateurs ou distributeurs, l'évolution des ventes du produit, avant, pendant et après l'opération, est généralement un indicateur pertinent de son succès. Ce n'est cependant pas, à lui seul, un indicateur suffisant, sauf dans les cas où l'accroissement global des ventes à court terme était l'unique objectif de la promotion.

Ø Mesure de la rentabilité financière de l'opération

L'évaluation financière de la rentabilité d'une opération promotionnelle est l'aspect le plus difficile de l'évaluation à postériori. Elle consiste :

- A estimer le volume des ventes supplémentaires qui ont été réalisées grâce à la promotion

- A calculer la marge brute dégagée par ces ventes supplémentaires

- A déduire de cette marge brute supplémentaire :

§ les coûts directs de l'opération (primes, cadeaux, coûts des packagings promotionnels, etc.) ;

§ le manque à gagner éventuel correspondant à la part des ventes à prix réduit qui, en l'absence de promotion, auraient été faites au prix normal

Simple dans son principe, cette méthode est difficile dans son application, notamment lorsqu'il s'agit de déterminer le volume ses ventes supplémentaires imputables à la promotion.

L'évaluation à postériori apparaît alors comme l'élément déclencheur de la promotion de vente si celle-ci s'est avérée positive ou encore un panneau d'arrêt pour la promotion si celle-ci s'est avérée négative ou encore non porteuse pour l'entreprise. Dans ce dernier cas, le responsable marketing devrait revoir ce qui manque à son projet et le corriger.

CONCLUSION GENERALE

Les Brasseries du Cameroun durant le cours de l'année consacrent aux promotions des ventes un budget très important, de l'offre de 500 millions de FCFA.

La promotion capsules « Opération 33 Export » de Juin 2005, en réponse à la concurrence expose les Brasseries du Cameroun sur la scène camerounaise et met en exergue le fait que les promotions de ventes ne sont pas toujours un succès pour l'entreprise, notamment en gain de part de marché et de valorisation de la marque concernée par la promotion, d'où l'intérêt du thème de notre étude savoir évaluation de l'efficacité d'une promotion de ventes cas de la promotion capsules « Opération 33 Export » . Nous avons pour l'élaboration de notre travail fait appel à la recherche exploratoire et descriptive, l'objectif étant d'identifier les critères qui influent sur l'efficacité des promotions de ventes à la SABC.

Passage sur le terrain fait, il en ressort que les consommateurs de bières ou de produits brassicoles sont très peu fidèles à leur marque de bières pendant les périodes de promotion. A la recherche du gain immédiat, ceux-ci sont alors très favorables aux produits ou marques mis en promotion.

La promotion Opération 33 Export fait considérablement accroître les ventes de la SABC mais l'effet de la rémanence dans le temps reste négatif (trois mois après la promotion des ventes ; le chiffre des ventes revient généralement à la normale) ceci étant du au fait que la promotion des ventes n'a pas atteint le consommateur du point de vue valorisation de la marque. Le consommateur, une fois la promotion terminée, retourne alors à sa marque préférée.

Les promotions de ventes sont alors sujettes d'échecs parce qu'elles ne font pas l'objet d'évaluation à postériori avant leur lancement effectif. Sur la base seule des relevés de ventes journalières, la SABC n'a pas su concilier durablement la marque à la promotion des ventes.

En raison de son efficacité immédiate, la promotion procure une part croissante dans les budgets des consommateurs. Toutefois, toute opération promotionnelle doit être précédée d'un brief promotion, précisant notamment ses objectifs et ses contraintes, et ceci suivie d'une évaluation à postériori en vue de mesurer son efficacité, véritable difficulté du contexte camerounais.

Autrement dit, les promotions de ventes sont un impact considérable sur les ventes et le comportement d'achat des consommateurs (date de l'achat, choix de la marque, quantité achetée) sur le court terme. Les promoteurs des ventes produisent les résultats intéressants entre autre sur l'efficacité des différents types de promotions monétaires, sur le rôle modérateur de la catégorie de produit et du capital de la marque.

Cependant, il est à noter que les Brasseries du Cameroun disposent encore de très peu d'outils et d'informations nécessaires sur les effets de la promotion sur le long terme et notamment sur leur capacité à réellement accroitre la demande primaire. L'on devrait noter qu'il existe au contraire toue un corpus à la SABC de résultats qui indiquent que, dans les catégories de produits ou de marques bien établies, les promotions n'ont pas vraiment d'impact à long terme pour les préférences des consommateurs. De même, les promotions ne sont pas réellement capables d'influencer à long terme les ventes de la marque du produit ni d'ailleurs de nouveaux acheteurs.

Ces remarques apparaissent d'autant plus gênantes pour la légitimité des promotions qu'un nombre croissant d'études du Cabinet Nelson ont révélé que même sur le court terme, les coûts des promotions sont élevés et que leur rentabilité n'est pas systématiquement assurée. Il s'agit en outre des coûts logistiques associés aux promotions, leurs effets pervers sur le comportement des distributeurs et des consommateurs qui réagissent en stockant davantage et en devenant plus sensibles aux prix.

Notre étude confirme alors l'efficacité à court terme des promotions dans les ventes dur l'accroissement des ventes, mais met en doute leur capacité à accroître la demande primaire en attirant des nouveaux acheteurs ou en fidélisant les acheteurs actuels.

Ce constat devrait alors inciter chaque responsable marketing devant prendre une décision concernant une promotion des ventes à se poser la question de sa capacité réelle à accroitre la demande pour le produit et sa capacité à renforcer sur le pouvoir de la marque.

D'un autre côté, on dira que les promotions des ventes sont simplement le produit de la concurrence entre les entreprises, chacune d'elles réagissant suite à une promotion lancée par son concurrent direct.

Afin d'optimiser leur budget, les entreprises ont intérêt à offrir des promotions plutôt qu'à proposer un pris fixe lorsqu'il existe un segment suffisamment important de consommateurs opportunistes n'étant fidèles à aucune marque en particulier. Les promotions permettent alors aux entreprises de vendre périodiquement au segment de consommateurs opportunistes, sans détériorer leur marge commerciale auprès des consommateurs fidèles.

Il est important de réaliser que les promotions de ventes n'ont aucune utilité intrinsèque pour les consommateurs si ce n'est de leur permettre d'acheter la marque à un pris inférieur. Cependant, les promotions procurent une satisfaction intrinsèque d'utilité de la transaction.

Enfin, certains auteurs tels que Pierre Chandrin et Gils Laurent dans leur publication de janvier 1998sur la promotion des vents, ont montré que les consommateurs sont sensibles à la pression sociale ou à des considérations symboliques lorsqu'ils réagissent aux produits. Au total, cette approche nous invite à questionner le modèle économique du comportement des consommateurs face aux promotions et sur la procédure à suivre pour les Brasseries du Cameroun qui devraient étudier la question générale suivante : les consommateurs sont-ils sensibles aux promotions uniquement à cause de la réduction de prix ?

Victime de son succès, la promotion est désormais trop répandue pour espérer changer durablement les préférences ou créer d nouveaux acheteurs dans les marchés stationnaires. Son rôle consiste alors à influence les choix sur le court terme. Ce constat n'est pas forcément pessimiste puisque nous avons également montré que l'impact de la promotion sur les ventes est bien supérieur à celui des autres variables marketing, qu'il s'agisse de la publicité ou les simple réduction de prix. Par ailleurs, la promotion est souvent la stratégie de prix optimale dans un marché segmenté ; avec des consommateurs fidèles et des consommateurs opportunistes ; enfin, le rôle traditionnel de la promotion dans le lancement de nouveaux produits n'est pas remis en cause. Au-delà de cette perspective nouvelle sur la promotion des ventes ; notre travail se veut une incitation à considérer la promotion dans toute sa complexité. Notre mesure recommande notamment e ne pas considérer la réduction de prix comme l'expression la plus achevée de la promotion des ventes ni l'augmentation des ventes sur le court terme comme la meilleure mesure de performance d'une promotion.

Toutefois se différencier et innover en la matière devient de plus en plus difficile et nécessite une réactivité accrue basée sur des sources de données de plus en plus nombreuses. En extraire « la valeur client », permettre de développer la durée, l'intensité, la qualité de cette relation n'est pas chose facile. Le faire en créant un véritable attachement à la marque dans des budgets acceptables, est un enjeu où seuls les plus performants réussissent, assurant ainsi l'augmentation de leurs chiffres d'affaires et de leur rentabilité. Mais les enjeux ne sont pas seulement d'ordre économique. En effet, la fidélisation des clients a des implications métier qui concernent non seulement la stratégie (outil de différenciation, d'amélioration de la qualité perçue, opportunité de transformer le meilleur client en ambassadeur de la marque...) mais aussi toute l'organisation de l'entreprise (afin de partager la connaissance et de dynamiser les collaborateurs qui travaillent en contact direct avec les clients).

Une chose est sûre, au moins trois éléments doivent être étudiés de manière approfondie :

- le client, en termes d'attentes, de besoins, de motivations, de processus de décision, de perception des offres de satisfaction. Si l'historique le permet, une investigation particulière devra être menée auprès des clients « fidélisés »

- le réseau de vente (interne ou externe) ; pratiques et démarches commerciales, interface avec les clients, souplesse de négociation, etc.

- la concurrence : positionnement, image, caractéristiques de l'offre (plus produits perçus), pratiques commerciales...

Ces 3 éléments permettent de se faire une vision complète du client et de touts les interfaces avec lesquelles il interagit dans un univers d'offre donné. Ainsi, avant la conception des programmes de fidélisation, des questions essentielles se posent ; Qui fidéliser ? Attire-t-on les meilleurs clients ? Les programmes rendent-ils plus fidèles ? Comment évaluer la rentabilité ? Permettent-ils de créer un avantage concurrentiel ?

BIBLIOGRAPHIE

Y. EVRAD, B. PRAS, E. ROUC, MARKET, 3ème Edition, 191 pages, 2003.

KOTLER et DUBOIS, Marketing Management, 10ème Edition, 790 pages, 2000

LENDREVIE - LÉVY - LINDON, MERCATOR, 8ème Edition, 1142 pages, 2006

INGOLG, PHILIPPE, Promotion des ventes et actions commerciales, 345 pages, 1995.

TABLE DES MATIÈRES

DEDICACE.........................................................................................2

SOMMAIRE........................................................................................3

REMERCIEMENTS ...............................................................................5

AVANT-PROPOS .................................................................................6

RESUME..............................................................................................7

ABSTRACT..........................................................................................9

LISTE DES ABRÉVIATIONS.................................................................10

LISTE DES TABLEAUX.......................................................................11

LISTE DES FIGURES..........................................................................12

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