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Genre & mobilisations sociales: étude de genre des mobilisations féministes radicales et LGBT à  Istanbul

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par Adèle PRUVOST
Université Rennes 1 - Master 2 Sciences Politiques 2011
  

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B) Des coûts et des rétributions féminins du militantisme Gaxie et la théorie des coûts et rétributions

En France, Gaxie a été l'un des premiers a apporté cette théorie des coûts et des rétributions du militantisme86. Il est parti lui-même des théories des mobilisations sociales, et notamment celle de Weber, qui n'apportaient pas d'explications de l'engagement bénévole du militant de base. Weber fournissait en revanche une explication à l'engagement des militants bénéficiant d'une rémunération. Les analyses de Gaxie publiées en 1977 sur les coûts et rétributions auraient essuyées de nombreuses critiques. Selon lui la définition même de rétribution en tant que « plaisirs, joie, bonheurs, profits, bénéfices, gratifications, incitations, ou récompenses du militantisme (pas nécessairement recherchées comme telles et la plupart du temps non monétaires) » ne seraient pas au goût des milieux militants, ni de certains chercheurs, car non officielles ou vues comme « scandaleuses ». 87Les rétributions telles quelles sont décrites chez Gaxie seraient contraires aux valeurs de l'engagement qualifié comme « estimable, noble, généreux, courageux, civique ». Paradoxalement encore, il semble que ces rétributions, « joie, bonheur, et autres » qui sont reniés dans les milieux militants et dans les travaux des chercheurs jusque là, soient au contraire assumer et défendues ouvertement dans les mobilisations sociales de femmes. Il semblerait donc que masquer, renier ces rétributions au profit du seul attachement a la noble cause corresponde a une logique masculine de l'engagement. Bien sûr chez les militantes femmes interviewées, l'attachement a la cause féministe, ou LBT est importante, mais elle est loin de masquer les rétributions qui comme nous allons le voir sont ouvertement exprimées.

Les coûts du militantisme féminin en Turquie

Selon Gaxie l'engagement militant « génère des rétributions qui le stimulent en
retour », mais il « peut aussi être couteux (en temps, énergie, disponibilité, pénibilité,
style de vie...) ~, pour lui les causes de l'engagement seraient égales a la somme des

86 Daniel GAXIE, «Rétributions du militantisme et paradoxes de l'action collective», Swiss Political Science Revue, Vol 11, N°1, (2005), p157-188

87 Daniel GAXIE, Ibid.

couts et des rétributions, car les efforts fournis les sacrifices, le don de soi, les risques généreraient des « sensations d'apaisement, de sérénité, de satisfaction morale ».88 Nous allons voir dans un premier temps qu'effectivement le militantisme des femmes à Istanbul peut être très couteux.

D'une part l'activisme en général est vu en Turquie par l'opinion publique comme du « terrorisme ». La société civile ayant émergée après le coup militaire de 1980, l'activisme a gardé pour l'opinion publique une connotation péjorative synonyme d'anarchie, et de remise en cause de l'ordre social. Ainsi militer, faire partie d'une association c'est aussi se confronter au regard pas toujours bienveillant, voire souvent négatif de la majorité, et souvent de sa propre famille. Ce qui peut dans le cas de jeunes filles (Eceme par exemple) être coûteux psychologiquement. Pendant les manifestations, il y a évidemment les insultes et autres harcèlement verbaux, ou certains dangers « minimes » comme les gaz lacrymaux. Les manifestations ayant lieu toujours à Taksim, à Istiklal Cadesi, dans cette longue rue commerçante et occidentalisée, cela représente donc un risque limité, en revanche les militants que ce soit pour les causes féministes, LGBt ou tout autre domaine, ne se risquent pas à manifester ailleurs que dans ce périmètre « sécurisé ». A partir de là, nous pouvons penser que l'activisme en Turquie est bel et bien risqué. Certaines militantes disent que la police les mette sur écoute, d'autres disent que tant qu'elles n'ont rien à voir avec les kurdes, on les laisse tranquilles. Quoi qu'il en soit la peur est bien présente. Il était souvent dit « tout le monde nous met des limites, la famille met des limites, l'Etat met des limites, la police met des limites, mais nous passons au dessus ». 89 Elles ne s'empêchaient donc pas de mener leurs actions, tout en restant prenant garde de rester dans une « certaine limite ». Hilal (d'Amargi) disait « je ressens tout le temps le danger autour, mais toujours se concentrer sur le danger te rends malade ». 90Nous pouvons ici brièvement évoquer l'histoire de Pinar Seleck, l'une des fondatrices d'Amargi, également rédactrice au magazine Amargi, chercheuse en sociologie, et activiste féministe, anti-militariste, pacifiste, pro kurde et internationalement connue. Il y a quelques années maintenant, elle a été accusée a tort d'être l'instigatrice d'un attentat à la bombe dans le bazar aux épices d'Istanbul. Elle passa deux ans et demi en prison et onze années devant les tribunaux. Acquittée trois fois, en 2006, en 2008, puis le 9 février 2011, elle vient d'être reconvoquée par la Cour d'assise en juin 2011. Cet exemple souligne le fait qu'il existe encore certaines lacunes en matière de Droit de l'Homme et de la Femme en Turquie, et notamment dans le droit d'expression, ainsi les libertés d'expressions sont limitées surtout lorsque l'on défend la cause kurde.

88 Daniel GAxie, Ibid.

89 Tirée des entretiens réalisés en anglais avec 5 militantes (trois à Lambda, deux à Amargi), âgées de 21 à 35ans, entretiens effectués à Istanbul en Turquie

90 Tirée des entretiens , Ibid.

D'autres coûts existent comme la difficulté de gérer toutes les sphères de la vie personnelle. Les militantes à Lambda et à Amargi sont toutes bénévoles, la plupart sont étudiantes, mais les autres travaillent. Comment gérer vie professionnelle, vie de famille, vie de couple, moments à soi et activisme tout à la fois ? Certaines évoquent la difficulté à lier vie professionnelle et activisme, par exemple, Hilal (35 ans) « Au début je travaillais de 9h à 18h, voire plus, et je travaillais sur la rive asiatique (à environ 1h/2h de route) (...) c'est très difficile d'être un(e) activiste en Turquie, ça prend beaucoup de temps, si tu veux faire quelque chose, tu dois chercher des fonds, ce qui prend du temps, et les conditions de travail sont dures, tu travailles 8, 10,12h par jour, donc tu ne peux pas faire n'importe quelle profession si tu es activiste, par exemple pour la classe ouvrière c'est beaucoup plus difficile ».91 Ce témoignage peut donner une bribe d'explication concernant le fait que la composition des militantes soit aussi peut brassée au niveau des classes sociales. Hilal a changé de travail et est devenue graphiste free lance pour se laisser la liberté et la possibilité d'être activiste. Anne, elle aussi a un fait un choix, elle a décidé de n'avoir aucune profession, et de consacrer tout son temps a l'activisme (et de ne travailler qu'en cas de force majeur). Carrière professionnelle et carrière militante sembleraient donc difficilement conciliables. Vie familiale? aucune n'a d'enfant. Vie conjugale? aucune n'est mariée. Pour les plus âgées (la trentaine), militer est donc devenu un choix de vie, avec lequel, en fonction duquel, et autour duquel elles organisent leur vie. L'activisme semble tellement apporter que le reste ne semble plus si important. Pour les étudiantes, la prise de temps que demande l'engagement militant semble aussi parfois difficile a concilier avec les études et la vie étudiante. Ozge (Lambda) parle « d'auto-exclusion du militantisme pendant un certain temps, pour avoir du temps pour soi, pour son job, et pour ses études ».92 Gizem témoigne de la fluctuation de son engagement « Maintenant que j'ai terminé mes études, je vais être plus disponible(...) mon engagement dans l'association change tout le temps(...) ça demande beaucoup de temps et ce n'est pas facile, c'est vraiment dur pour moi mentalement d'être responsable de quelque chose dans sa totalité, d'avoir certains délais a tenir...~. Effectivement l'investissement militant semble prendre beaucoup d'énergie et « d'espace mental », pas toujours facile à gérer en parallèle de sa vie de jeune adulte et de ses études. Mais grâce à la flexibilité des organisations, il semble facile pour ces jeunes militantes de s'éloigner quelque temps, de prendre ses distances, de « mettre des limites avec sa vie privée » (Eceme) et revenir ensuite au militantisme.

Si nous revenons a ce que disait Gaxie, les causes de l'engagement qui correspondrait
à la somme des coûts et des rétributions, et non pas les rétributions moins les coûts. Il
semble ici qu'effectivement, travailler dur, sacrifier de son temps personnel à la

91 Tirée des entretiens réalisés en anglais avec 5 militantes (trois à Lambda, deux à Amargi), âgées de 21 à 35ans, entretiens effectués à Istanbul en Turquie

92 Tirée des entretiens, Ibid.

réalisation d'un projet, participe grandement a l'amplification des gratifications lorsque que ce projet ou évènement est enfin réalisé. Ainsi Hilal dit « j'adore travailler si dur pour qu'Amargi survive )).

Des rétributions du militantisme féminin ouvertement exprimées et assumées

Quelles sont donc les rétributions de l'activisme féministe et LBT ? Même si les militantes femmes parlent peut être plus ouvertement de certaines rétributions, il n'est pas si aisée de toutes les percevoir, d'autant plus que certaines sont non conscientes chez les militantes. La rétribution (non monétaire et autre que la cause) la plus visible est l'intégration des militantes dans un réseau social partageant une identité collective commune par le biais des organisations Amargi et Lambda. Ainsi Hilal dit « nous sommes comme une famille (...) la plupart des gens s'aime a Amargi )), Gizem : « Amargi m'a fait connaître des gens formidables et vraiment géniaux )), Anne : « mes amis sont ici (...) ça créer des liens supers forts entre les gens qui fréquentent ce lieu )), Eceme ; « A Lambda j'ai trouvé beaucoup d'amis, de bons amis, et de petites amies )).93 Ainsi Amargi et Lambda sont des lieux de rencontres, de tissage de relations amoureuses ou amicales, et permettent aussi le développement du sentiment rassurant d'appartenir a une communauté, « une famille ~, d'être soutenu et compris quoiqu'il arrive. Pour certaines ces associations remplacent leur propres famille, en effet certaines LBT par exemple ont subit des rejets ou des exclusions de part leur famille n'acceptant par exemple leurs orientations sexuelles. Lambda fait donc office de refuge. Et se sentir à nouveau intégrer une communauté peut aider à panser les blessures vécues. Gaxie parle « d'espace d'intégration, de loisirs, de convivialité, de fraternité et de vie amoureuse )).94

Une autre rétribution qui apparaît assez facilement est l'augmentation de l'estime de soi des militantes. Bien que l'engagement dans ce type d'associations provoque pour la plupart un rejet de la famille, mais aussi souvent un rejet du milieu extérieur professionnel ou autre, car être militante féministe ou LBT c'est s'exposer aux insultes, ou a l'incompréhension, le fait de se retrouver dans ce que nous pouvons appeler « une communauté )) et de se sentir soutenues, aidées, et comprises augmente la confiance en elles des militantes. Hilal témoigne « en entrant a Amargi, j'ai commencé à faire confiance aux autres, et on m'a accordé de la confiance, j'ai réalisé que je m'étais libérée... ~. D'autres militantes témoignent du fait de se sentir de plus en plus fortes grâce au militantisme, Eceme dit « Lambda donne de la force et de l'espoir aux

93 Tirée des entretiens réalisés en anglais avec 5 militantes (trois à Lambda, deux à Amargi), âgées de 21 à 35ans, entretiens effectués à Istanbul en Turquie

94 Daniel GAXIE, «Rétributions du militantisme et paradoxes de l'action collective», Swiss Political Science Revue, Vol 11, N°1, (2005), p157-188

LGBTs ». Le fait d'être en « communauté », soutenues, et comprises, ne serait pas le seul élément permettant d'augmenter l'estime de soi de ces militantes, ile fait d'arriver peu a peu a affirmer son identité en tant que différent de la norme peut jouer aussi beaucoup. Ozge s'est affirmé en tant que Trans a Lambda, par exemple. Mais aussi l'enrichissement intellectuel, le fait d'avoir accès a autant de lectures, ainsi qu' à des discussions, des débats philosophiques, sociologiques, de rencontrer d'autres étudiants, ou personnes érudites, fait qu'il y a une sorte d'émulation intellectuelle, et que les militantes se sentent plus « riches )) qu'avant. Certaines ont ainsi le sentiment de commencer à comprendre le monde qui les entourent, ainsi Anne nous livre dans son entretien « Il y a beaucoup de gens qui réfléchissent là-dessus (à propos des normes de genre) que tu rencontre, et puis tout d'un coup tu es pris dans le truc, et puis c'est comme une pelote, tu tires dessus, et il y a tout un amas de trucs qui apparaissent et qui deviennent clair dans ta tête, c'est comme si tout devenait limpide ~. Et puis il y a l'apprentissage pratique a s'émanciper des normes sociales et a l'appliquer au quotidien, dans les workshops par exemple sur le corps ou la sexualité. Toutes les militantes témoignent de l'aide qu'ont apporté ces organisations dans leur émancipation personnelles. Le militantisme féminin permet aussi l'amélioration des savoirs-faires, ou de certaines compétences pratiques comme organiser des évènements, ou mettre en oeuvre des projets, passer des coups de téléphones, prendre la parole en public... Tout ceci contribue au sentiment d'amélioration de la confiance en soi. Le sentiment d'agir sur sa vie d'abord, et sur le monde ensuite, et de ne plus être simplement passive est aussi une gratification du militantisme. Ainsi Ozge dit « je me sens plus forte parce que j'ai le sentiment d'agir sur la politique et sur ma vie ». Anne explique « moi il y a trop de trucs qui me mettent en colère pour que je puisse juste me lever et aller travailler tous les matins ce n'est pas possible. Donc moi je peux pas faire autrement que de m'organiser pour que ça change 95», finalement pour elle « agir » serait comme une nécessité morale. Marion96 (militante à Mix-Cité Rennes) affirme « je me dis qu'au moins je me laisse pas faire, même si les mentalités ne changent pas, j'aurais fait tout ce que j'ai pu, ça aide a se regarder dans la glace ». Ici on voit bien que le fait d'avoir le sentiment d'agir aide a l'amélioration de l'estime de soi, et pour certaines cela devient une nécessité « morale », de prime abord mais peut être aussi parce que reliés a l'estime de soi. Pour finir voici le témoignage de Marion qui résume bien, toutes les rétributions que j'ai pu observer dans les mobilisations de femme à Istanbul : « Je pense que pour être militante sur la durée, il faut vraiment le faire pour soi en fait. Parce que si tu le fais pour les autres tu seras déçue d'investir autant d'énergie, ce serait essayer de vider la mer avec une petite cuiller... Si tu le fais d'abord pour toi... Enfin moi par exemple ça m'a appris plein de

95 Tirée des entretiens réalisés en anglais avec 5 militantes (trois à Lambda, deux à Amargi), âgées de 21 à 35ans, entretiens effectués à Istanbul en Turquie

96 Pré entretien réalisé avec Marion, militante rennaise à Mix Cité.

choses d'être militante. Déjà il y a eu beaucoup de lectures qui m'ont fait du bien. Au niveau plus pratique, je fais de la vidéo maintenant mais j'ai appris via le militantisme. Enfin des choses toutes bêtes, faire un compte rendu, faire un tract, faire une belle affiche, enfin tu vois ça m'a vachement apporté, et puis il y a les rencontres aussi et j'ai rencontré des gens formidables. Donc je suis contente de moi. Je suis contente de vivre ça. Après je ne le fais pas que pour moi... C'est hyper gratifiant, tu vois il ya pleins de choses qui m'énerve mais au moins je fais mon possible pour que ça change. Donc ouais ça fait du bien quoi97». Elle fait preuve d'une grande lucidité sur les motivations de son engagement sur le long terme et de ses rétributions. Selon Gaxie a les gratifications que génèrent l'engagement sont susceptibles d'être concurrencées par d'autres obligations ou satisfactions telle que la vie amoureuse, familiale, scolaires, professionnelle, ou encore les loisirs ». Donc si ces militantes s'investissent sur le long terme, (9 ans pour Hilal, 3 ans pour Gizem, 4 ans pour Eceme, Marion 4 ans, Ozge 1 an et demi) et alors que cet investissement comporte des coûts, et même si les coûts sont parfois eux même synonymes de gratification, force est de constaté que cet engagement apportent de nombreuses rétributions aux femmes qui en font partie. Et que ces rétributions en concurrence avec les autres sphères de la vie personnelle de ces militantes, sont responsables des fluctuations de l'investissement militant, et de leur besoins de se a déconnecter » du militantisme de temps à autres, mais pour au final y revenir. Et pour en revenir à ce que nous avons dit au début du paragraphe, il est notable que les militantes femmes n'ont pas du tout honte, d'exprimer ces gratifications (non monétaires), qu'elles en parlent même avec fierté, car pour la plupart, ces rétributions sont le signe même de leur évolution, et donc de leur émancipation. Au final, c'est ici que se joue la différence avec d'autres mobilisations sociales, dont les objectifs sont aux premiers abords d'ordre « politique », ou a humanitaire » ou autre, et donc pour lesquelles il est difficile d'avouer des rétributions autres que l'attachement a la cause. Pour les mobilisations féministes et LBT, la manière d'agir est autre, c'est d'abord « se changer soi pour changer le monde ~, l'émancipation personnelle est donc ici primordial, il fait parti des revendications, et des moyens d'action. « se changer soi » est intrinsèquement lié aux théories féministes, mais aussi LBT, et est surtout lié a un vécu d'oppression. Des hommes utilisent aussi cette stratégie d'action (Gandhi), elle n'est donc pas propre au féminin.

Synthèse

Nous avons vu dans cette partie que les militantes de Lambda et d'Amargi étaient toutes issues de la classe moyenne supérieure, ce qui a facilité leur entrée dans le militantisme, leur permettant d'avoir accès a un « capital symbolique intellectuel », de part leurs études et le milieu dans lequel elles ont évoluées et grandies. Le

97 Pré entretien réalisé avec Marion, Ibid.

militantisme féminisme et LGBT est donc difficilement accessible à tout le monde, et à toutes les classes. Nous avons vu ensuite que le militantisme féministe et LGBT en Turquie comporte de nombreux coûts, en tant qu'étant très mal vu par l'opinion publique, mais aussi très surveillé par l'Etat et la police. De plus les conditions de travail en Turquie sont difficiles, il est donc difficile d'allier profession et militantisme, et pourtant le fait d'avoir un travail apparaît comme une condition sine qua non de l'entrée dans le militantisme, car il permet aussi l'indépendance financière et donc la liberté du choix de vie. Si les militantes persistent dans ce type de militantisme c'est qu'il comporte de nombreuses rétributions autres que financières et morales, rétributions qu'elles assument parfaitement. En effet le militantisme féminin permet l'intégration dans un réseau social ayant des valeurs identitaires proches ou identiques de celles aspirées, il permet aussi l'augmentation de la confiance en soi des participantes de part le soutien affectif et émotionnel, mais aussi de part l'enrichissement intellectuel, l'acquisition de nombreux savoirs faire et donne le sentiment d'être active sur sa vie et non plus passive.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon