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Résolution des conflits fonciers au Sud-Kivu à  l'épreuve des politiciens, cas du groupement de Buzi


par Emery BALUKU BYAMUNGU
Institut supérieur d'environnement Solidaire et de Développement Durable (ISESOD-Goma) - Licence en Communication et Résolution des conflits. 2024
  

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I.1.2.12. Des conflits interindividuels et familiaux

Outre les conflits intercommunautaires, les conflits fonciers interindividuels et familiaux sont également fréquents. Ils portent sur les successions, le partage des terres, les limites des champs ou les ventes non reconnues. Ces conflits sont exacerbés par l'absence de cadastre fiable et de justice locale crédible79.

74 Mathieu, P., & Van Hoyweghen, S. (2007). Enjeux fonciers et constructions identitaires dans les conflits violents en Afrique centrale. In : J. F. Médard (dir.), La gouvernance en Afrique, Paris : Karthala, p. 113

75 Eriksson Baaz, M. & Stern, M. (2010). The complexity of violence: A critical analysis of sexual violence in the DRC. SIDA Working Paper, p. 47

76 Huggins, C. (2010). Land, Power and Identity: Roots of violent conflict in Eastern DRC. International Alert, p. 52

77 Vlassenroot, K. & Huggins, C. (2005). Land, Migration and Conflict in Eastern DRC. In: Huggins & Clover (eds.), From the Ground Up: Land Rights, Conflict and Peace in Sub-Saharan Africa. Pretoria: ISS, p. 131

78 International Crisis Group (2019). Les Kivu : Une stabilité illusoire. Rapport Afrique n°266, Bruxelles, p. 23-26

79 Action pour la Paix et la Concorde (APC), (2022). Étude sur les dynamiques foncières dans le territoire de Kalehe, Bukavu, p. 34

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I.1.3. La problématique des limites entre groupements Buzi à Ziralo

La délimitation entre les groupements de Buzi (majoritairement Bahavu) et Ziralo (majoritairement Batembo) constitue une source majeure de tensions foncières au sein du territoire de Kalehe, dans le Sud-Kivu. Ces différends s'inscrivent dans un contexte historique et politique marqué par des récits divergents de légitimité territoriale.

Les Bahavu affirment que le territoire disputé relève historiquement de leur chefferie. Ils évoquent des titres coutumiers anciens, des actes coloniaux, et l'ancienneté de leur occupation comme preuves de leur souveraineté sur ces terres. Selon eux, les Batembo auraient été accueillis comme populations migrantes ou déplacées, notamment après les troubles interethniques des années 1960. « Les Bahavu se réfèrent aux archives coloniales et aux limites des plantations belges pour défendre leur droit sur ces terres... Ils considèrent l'installation des Batembo comme tardive et tolérée à titre humanitaire »80.

Les Batembo, de leur côté, soutiennent que ces terres font partie intégrante de leur espace vital depuis des générations. Ils rejettent les délimitations coloniales comme biaisées et plaident pour une reconnaissance de leur occupation effective et de leurs droits d'usage ancrés dans la coutume. La colonisation, selon eux, a favorisé les Bahavu au détriment d'autres groupes. « Pour les Batembo, l'histoire orale, les tombeaux ancestraux et la mémoire collective sont les preuves vivantes de leur enracinement. Ils perçoivent les tentatives de démarcation comme une stratégie d'appropriation foncière soutenue politiquement »81.

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