1.3La malnutrition
Les femmes enceintes et les jeunes enfants sont
particulièrement exposés à être malnutris dans les
périodes de pénuries. Les jeunes enfants sont également
plus exposés à la malnutrition pour les raisons suivantes : Ils
ont besoins d'un grand nombre de repas par jour (3-4) que ceux qui sont
préparés par la famille.Ils ont besoins d'aliments plus riches en
énergie et en protéines que ne le sont peut-être les
aliments disponibles.Les jeunes enfants (entre 6 mois et 5 ans) sont
particulièrement sujets aux infections (rougeole, coqueluche ;
paludisme, maladies diarrhéiques, etc...) qui, en réduisant leur
appétit et en augmentant leur dépense énergétique,
peuvent précipiter ou aggraver la malnutrition.Dans certaines
sociétés humaines, les adultes sont servis les premiers et les
jeunes enfants les derniers(21).
La malnutrition chronique entraîne un arrêt de la
croissance, augmente le risque de survenue, la durée, la gravité
des maladies et contribue ainsi au décès. La malnutrition n'est
pas seulement une cause de maladie, mais aussi un effet de celle-ci. Elle
affaiblit les défenses du système immunitaire de l'individu et le
rend vulnérable aux infections. Elle affecte aussi la capacité
d'absorption des aliments par l'organisme. Il est bien établi qu'une
nutrition adéquate dans les premières années de la vie est
une condition essentielle pour que les enfants grandissent harmonieusement et
au maximum de leurs potentialités(21).
La malnutrition augmente aussi les taux de mortalité
maternelle du fait de l'anémie par carence en fer. On peut donc dire que
là où les taux de malnutrition sont élevés, les
taux de mortalité infanto-juvénile et maternels sont aussi
élevés. Dans les pays en développement, le plus grand
problème nutritionnel est la sous- alimentation, due à un apport
calorique insuffisant, et pouvant déboucher par exemple sur le
Kwashiorkor(21).
Mais partout dans le monde, diverses formes de malnutrition
existent, débouchant notamment sur l'obésité et sur de
graves carences. La malnutrition a ainsi été appelée la
« faim invisible » ou « faim cachée » (hiddenhunger
en anglais) par les Nations unies, affectant deux milliards de personnes
souffrant de carences en sels minéraux et en vitamines, pouvant
provoquer des maladies mortelles'(23).
Dans les pays en développement, les insuffisances
alimentaires causent des maladies comme le kwashiorkor, l'anémie (qui
attaque le système sanguin et empêche la concentration), le
rachitisme (qui empêche le développement normal des os de
l'enfant) ou la cécité (causée par des carences en
vitamine A). Le rapport de 2004 de l'Unicef et la Banque mondiale dresse un
bilan terrifiant : les carences en fer parmi les bébés de 6
à 24 mois affectent le développement mental de 40 à 60 %
des enfants des pays en développement ; les carences en iode ont
faitreculer la capacité intellectuelle de ces pays de 10 à 15 %,
et causent la naissance de 18 millions d'enfants handicapés mentaux par
an ; le manque de vitamine A entraîne la mort d'un million d'enfants
chaque année'(23).
Chez les adultes, les plus affectés sont souvent les
femmes : l'anémie causée par le manque de fer entraîne la
mort de 60 000 jeunes femmes pendant leur grossesse ou leur accouchement; le
manque d'acide folique cause un décès par maladie cardiaque sur
dix. Les carences s'additionnent et rendent l'organisme plus vulnérable
à d'autres maladies. L'impact économique est énorme, la
baisse d'énergie'(23).
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