1.2.1
Monde
Deux milliards de personnes souffrent de
malnutrition, et 18 millions meurent chaque année de faim. Pourtant, la
quantité de nourriture est largement suffisante pour toute la population
dans le monde. Si toutes les céréales récoltées
chaque année étaient réparties équitablement entre
les hommes, chacun en recevrait plus qu'il n'en faut pour survivre. Or, dans
beaucoup de pays d'Afrique, surtout parmi les enfants, l'apport calorique moyen
par personne est nettement inférieur à celui qu'il faut pour
être en bonne santé. Mais il y a aussi des pauvres dans les pays
riches comme la France, le Canada ou les États -Unis'(42).
Chez les enfants des familles pauvres, les
résultats sont encore pires; des proportions sensiblement plus
élevées d'enfants présentent des carences pour 14 des 16
micronutriments.Ainsi, 40% d'entre eux n'absorbent pas assez de fer et 18%pas
assez de vitamine C. Autre coupable : l'abondance même, la grande
disponibilité d'alimentsnutritionnellement inadéquats, comme les
boissons sucrées, les pommes chips, les bonbons, les plats servis dans
les fast foods, qui sont consommés sans modération ni
équilibre en lieu et place d'aliments assurant une bonne
nutrition'(42).
Environ 15 millions d'enfants meurent chaque
année de faim car ils ne mangent pas assez, alors qu'ailleurs ils
mangent trop et sont obèses. De plus, ceux qui meurent de faim sont les
plus pauvres. Ils n'ont pas d'argent pour s'acheter la nourriture dont ils ont
besoin pour vivre'(42).
En Afrique, 40 % des individus qui se sont
trouvés en situation d'insécurité alimentaire grave en
2021 étaient originaires d'Afrique de l'Est, tandis que la situation se
dégradait dans toutes les sous-régions du continent,
l'augmentation la plus rapide se produisant en Afrique de l'Ouest
(multiplication par près de 2,5 de leur nombre depuis 2015). En Asie,
plus de 80 % des individus concernés vivaient en Asie du Sud, alors
qu'en Amérique Latine, leur nombre a doublé entre 2014 et
2021'(42).
Plus de la moitié des
personnessous-alimentées dans le monde viventen Asie (418 millions) et
plus du tiers enAfrique (282 millions). Par rapport àÌ
2019,environ 46 millions de personnes de plusont été
touchées par la faim en Afrique en2020, 57 millions de plus en Asie et
environ14 millions de plus en Amérique latine et dans les
Caraïbes'(42).
1.2.2
En RDC
La RDC fait partie des pays comptant un taux
élevé de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans et
la malnutrition est l'une des principales causes de décès dans
ces pays en s'associant à d'autres maladies comme la diarrhée, la
pneumonie et le paludisme, maladies plus fréquentes chez l'enfant
âgé de moins de 5 ans. Dans les pays en développement, les
pratiques d'alimentation sont très souvent inadéquates et
incompatibles avec les recommandations de l'OMS. Un mauvais état
nutritionnel pendant la petite enfance entraîne également des
répercussions sur la santé à l'âge adulte. La MAS ou
émaciation grave est un état complexe résultant des
conséquences cliniques, biologiques et métaboliques d'une
alimentation insuffisante ou non conforme aux besoins de l'organisme. En dehors
de la mortalité élevée et des incapacités qu'elle
génère, à long terme elle a un impact sur la taille
adulte, les capacités intellectuelles, la productivité
économique, la fertilité, la survenue de maladies
métaboliques et cardiovasculaires. Elle reste un enjeu majeur de
santé publique mondiale avec 16 millions de cas chez les enfants de
moins de 5 ans responsables d'un million de décès par an. La
mortalité en hospitalisation peut atteindre 30 à 50%
'''''''''''''''(35).
La MAS constitue un problème de santé publique
majeur en RDC. Selon l'Enquête Démographique et de
Santé(EDS), 43% d'enfants de moins de 5 ans présentent une
malnutrition chronique, 8% souffrent de malnutrition aigüe et 23%
présentent une insuffisance pondérale '''''''''''''''(35).
Au fil des années, la prévalence du retard de
croissance s'est accrue dans toutes les provinces du pays, à l'exception
de Kinshasa, Kwilu, Mai-Ndombe, Équateur, Mongala, Nord-Ubangi, et
Sub-Ubangi. Les régions les plus affectées sont les provinces de
Kasaï, Kasaï-central, Kwango, Kongo-central, Lomami, Haut-Lomami,
Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Sankuru, Tanganyika, Tshuapa, avec des
prévalences supérieures ou égales à 45% depuis
quinze ans. Les provinces les plus affectées par la malnutrition
aigüe sont le Maniema, le Kwango, et le Kongo-central, où les
prévalences sont supérieures ou égales au seuil d'urgence
de 10%. Cette situation cache une réalité plus étendue car
les oedèmes n'ont pas été pris en compte dans cette
enquête (43).
Le Maniema (32%), le Kasaï (36%), le Kwango (33%), le
Tshuapa (30%), le Lomami (31%) présentent les taux d'insuffisance
pondérale les plus élevés. La prévalence de
l'anémie est de 38,4% chez les femmes et les provinces les plus
touchées sont le Kongo-central (54,7%), le Maniema (49,5%), le
Kasaï (46,7%), et Kinshasa (46,6%). Chez l'enfant, 59,8 % des enfants de
6-59 mois souffrent de l'anémie. Ces taux sont élevés dans
toutes les provinces du pays, variant de 57 à 79 %. Les provinces du
Nord Kivu et du Sud Kivu présentent les prévalences les plus
faibles d'anémie dans le pays (33,5% et 35,7%)(43).
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