1.3.1 Relation entre alimentation
nutritionsanté.
Une bonne alimentation permet un développement global
et harmonieux de l'organisme. La nutrition remplit des fonctions, digestive,
respiratoire, circulatoire, excrétoire et endocrinienne qui permettent
l'apport aux cellules des éléments nécessaires à
leur croissance, le déroulement des divers métabolismes et
l'élimination des déchets de ces métabolismes. L'organisme
humain, comme celui de tout animal et de toute plante, a besoin d' un
approvisionnement régulier et suffisant en eau et en substances
alimentaires pour grandir, pour se mouvoir, pour travailler, pour
réparer les tissus et les cellules qui s'usent et se détruisent
chaque jour.Une nutrition adéquate est un besoin fondamental de l'homme
et une condition préalable de la santé. La promotion d'une
nutrition correcte est l'une des composantes essentielles des soins de
santé primaires''(44).
1.5 Impact d'une alimentation
inadéquate sur la sante
1.5.1
Les carences
La carence en micronutriments : présents en
très faible quantité dans l'organisme, les micronutriments (sels
minéraux, vitamines) sont nécessaires pour maintenir la
croissance, la santé et le développement de l'organisme. Leur
carence se caractérise par une insuffisance de leurs réserves et
de leur taux circulant dans le sang. Cette carence n'est pas toujours visible
et ne se traduit pas non plus toujours l'insuffisance pondérale ; la
malnutrition chronique ou la malnutrition aiguë. La malnutrition
protéino-énergétique (MPE), encore appelée
malnutrition
protéino-calorique (MPC), revêt
différentes formes : émaciation, retard de croissance,
insuffisance pondérale(43).
1.5.1.1 Malnutrition aiguë ou émaciation
Elle est mesurée par l'indice poids/taille, et est due
à un manque d'apport alimentaire entraînant des pertes
récentes et rapides de poids avec un amaigrissement extrême. C'est
la forme la plus fréquente dans les situations d'urgence et de soudure.
Elle traduit un problème conjoncturel (43).
Un apport alimentaire en quatre semaines permet de
rétablir une bonne santé en cas d'émaciation (43).
La malnutrition aiguë touche à Niono près
de 10,4% des enfants de 0 à 59 mois(43).
· Interprétation
Selon Road To Health (RTH), le pourcentage de la
médiane du rapport P/T permet de juger
L'état nutritionnel d'un enfant ; où P = poids
(en gramme) ; T = taille (en centimètre)
Si le rapport P/T est = 85 %, état nutritionnel normal
;
Si le rapport P/T < 80 % et = 70% malnutrition
modérée ;
Si le rapport P/T < 70 %, c'est un cas de malnutrition
sévère ;
De même, selon l'OMS, l'état nutritionnel d'un
enfant peut être exprimé en fonction de Z score ou écart
type (ET).
Si le rapport P/T compris entre - 1 et 1 ET, l'état
nutritionnel est normal ;
Si le rapport P/T < - 2 ET = -3, malnutrition
modérée ;
Si le rapport P/T < - 3 ET, malnutrition
sévère (43).
Cet indice ne permet pas de différencier un enfant trop
petit pour son âge (qui a souffert de
MPC dans son enfance) d'un enfant de taille satisfaisante.
Sur le plan clinique, on définit trois tableaux de
malnutrition protéino-calorique (malnutrition
aiguë), selon qu'il s'agisse d'une carence
protéinique, calorique, ou globale (43).
· Le kwashiorkor :
Il correspond à une insuffisance d'apport
protéinique dans la ration alimentaire. Il se caractérise par :
¾ Les signes les plus marquants sont l'apathie, l'anorexie, la
présence d'oedèmes en particulier aux chevilles, sur le dos des
mains, des pieds et parfois au visage (visage bouffi). L'amaigrissement est
constant mais souvent masqué par ces oedèmes.
La peau peut être terne et l'on trouve souvent des
lésions du type dépigmentation. Dans la phase la plus
avancée, il peut y avoir une hyperpigmentation avec craquelures, voire
ulcérations de la peau. ¾ Les cheveux sont parfois
dépigmentés (roux et même blancs), défrisés,
cassants et ils se laissent facilement arracher. Il y a souvent une
diarrhée par atrophie de la muqueuse intestinale. ¾ Biologiquement,
on note une chute importante de la protidémie, portant essentiellement
sur l'albumine. L'ionogramme sanguin montre des troubles hydro
électrolytiques, notamment une hyponatrémie, une
hypocalcémie, et une hypokaliémie. ¾ Des complications
peuvent survenir telles que la déshydratation, les troubles
métaboliques et les infections bactériennes, ceux-ci expliquent
un taux de mortalité très élevé chez les enfants
atteints du kwashiorkor(43).
· Le marasme :
C'est une insuffisance calorique globale de la ration
alimentaire. Il se caractérise comme suit : ¾ Le tableau clinique
présenté par l'enfant marasmique est tout à fait
différent de celui dû au kwashiorkor ; ¾ Dans la plupart des
cas, l'enfant s'intéresse à ce qui se passe autour de lui, il n'a
pas perdu l'appétit mais il est nerveux et anxieux ; ¾ Le signe le
plus frappant reste l'amaigrissement ; il y a diminution de la couche
graisseuse et fonte musculaire, la peau semble trop vaste pour le corps de
l'enfant, le visage est émacié, les yeux sont enfoncés
dans les orbites. L'enfant a une diarrhée importante par atrophie de la
muqueuse intestinale ; ¾ Il n'y a pas d'oedèmes, mais un retard de
croissance important par rapport aux courbesutilisées localement
(poids/taille) ; ¾ Biologiquement la protidémie est
légèrement diminuée, l'hématocrite et le
tauxd'hémoglobine sont aussi légèrement diminués.
Même si des complications peuvent apparaître, le pronostic est
meilleur que celui du kwashiorkor(43).
· La forme mixte :
En réalité, les formes cliniques dues au
kwashiorkor associé au marasme se rencontrent rarement. Ainsi, la forme
mixte associe à des degrés variables, les signes du kwashiorkor
et du marasme(43).
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