WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La protection des droits des migrants dans les organisations régionales africaines: cas de l'Afrique de l'ouest et de l'Afrique du centre


par Ismaila DIONE
Université Cheikh Anta Diop de Dakar Faculté des sciences juridiques et politiques  - Master 2 en Droit de la Migration  2014
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

B- L` exercice des droits de résidence et d'établissement en Afrique du centre

A côté de cette mouvance en Afrique occidentale, les organisations d'intégration d'Afrique centrale s'en inscrivent mais de façon moins importante et différente par rapport en Afrique de l'ouest. Comme nous l'avons dit plus haut, la liberté de circulation n'est forcément pas droit de séjour prolongé au de-là de trois mois (3 mois) ni droit d'établissement dans l'espace de la CEMAC. Donc elle ne saurait être ni assimilée au droit d'établissement, ni confondue à un séjour prolongé dans un Etat à des fins socio-économiques54 mais il appartient aux Etats de définir souverainement les conditions de jouissances des droits de résidence et d'établissement dans leur législation nationale. C'est pourquoi, il est de notre part de s'interroger sur quelques législations nationales des Etats d'Afrique centrale les régissant dont leur régime juridique reste indécis au sens du droit communautaire. C'est ainsi par exemple au Cameroun le Décret N°2000/286 du 12 octobre 2000 précisant les conditions d'entrée, de séjour et de sortie des étrangers au Cameroun énumère en son article 12 les catégories d'étrangers pouvant bénéficier le droit de séjour de longue durée (6 mois) assimilé à un droit de résidence au sens communautaire ouest-africain. Rentrent dans ces catégories, les travailleurs contractuels, les travailleurs indépendants, les stagiaires de longue durée, les étudiants, les membres de famille de l'étranger en séjour et les réfugiés.

En d'autres termes, la création ou l'exercice d'une activité industrielle pourrait être un droit d'établissement, droit qui n'est pas explicitement prévu par ce Décret. Mais l'exercice du droit de résidence répond à une formalité plus contraignante au regard de l'article 19 de ce ledit Décret.

54 CEMAC : libre circulation des personnes de A à Z, communiqué de presse, le président de la république Gabonaise S.E. ALI BONGO ONDIMBA AU MARATHON DU GABON, Libreville, le 27 novembre 2016, p.6

55 Raymond Lemesle, les régimes de sécurité sociale du 50 travailleur migrant africain, centre des hautes études sur

Thème: « La protection des droits des migrants dans les organisations régionales africaines: cas de l'Afrique de l'ouest et de l'Afrique centrale »

A côté de cette législation camerounaise dans le cadre de l'application de la loi n°97/012 du 10 janvier 1997 portant sur les conditions d'entrée, de séjour et de sortie des étrangers au Cameroun, d'autres Etats membres des organisations communautaires d'Afrique centrale se sont inscrits dans cette dynamique. Effectivement, en République du Congo la loi n°6-2003 du 18 janvier 2003 relative à la charte des investissements reconnait la liberté d'entreprendre à toute personne en son article 1 précisant « toute personne physique ou morale, quelle que soit sa nationalité, est libre d'entreprendre, sur le territoire de la République du Congo, une activité agricole, minière, industrielle, forestière, artisanale, commerciale ou de service dans le respect des lois et règlements de la République ». En conformité de cette loi, le Décret n°2004-30 du 18 février 2004 fixe les modalités d'agrément aux avantages des entreprises.

Dans cette partie, il faut retenir que l'exercice des droits de résidence et d'établissement en Afrique centrale a été plus une oeuvre nationale que communautaire découlant des prérogatives des autorités étatiques tandis que dans les organisations d'Afrique de l'ouest, importantes dispositions communautaires ont été effectuées pour une mise en oeuvre de ces droits. Mais toujours est-il que, comme dans le cadre de la mise en oeuvre de la liberté de circulation, l'application effective de ces droits fait face à de multiples limites juridiques et politico-administratives.

Au-delà de l'exercice de ces droits dont le droit d'établissement apparaissant comme droit économique en raison de son caractère pécuniaire et d'entreprise, l'exercice des droits sociaux mérite une analyse particulière dans les Etats membres des organisations communautaires d'Afrique occidentale et centrale.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme