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La protection des droits des migrants dans les organisations régionales africaines: cas de l'Afrique de l'ouest et de l'Afrique du centre


par Ismaila DIONE
Université Cheikh Anta Diop de Dakar Faculté des sciences juridiques et politiques  - Master 2 en Droit de la Migration  2014
  

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B- Un faible taux de ratifications des instruments juridiques

La question de l'application effective des instruments juridiques des droits de l'homme, en particulier des droits des migrants, dans les organisations d'Afrique de l'ouest et du centre a fait l'objet de diverses interprétations dans la doctrine. Car, si certains estiment la non-

77Babacar Sall, migration de travail et protection des droits humains en Afrique(le Gabon, le Niger, le Cameroun, le Benin), rapport pour une ratification de la convention internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille, novembre 2005, p.16

78 Babacar Ndione, l'Afrique centrale face aux défis migratoires, ACP migration, juin 2014, p.65

79 UNODC, stratégie régionale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants 2015-2020, p.18

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Thème: « La protection des droits des migrants dans les organisations régionales africaines: cas de l'Afrique de l'ouest et de l'Afrique centrale »

application résulte d'une absence de volonté politique commune, ou d'une crise économique, d'autres évoquent les questions sécuritaires ou se replient à une histoire sombre qu'ont connue les Etats africains sous le joug de la colonisation. C'est ainsi que certains soutiennent que l'ineffectivité des instruments communautaires, singulièrement ceux relatifs à la libre circulation des personnes procède d'un dénuement de volonté politique de la part des Etats (voir BABACAR NDIONE, Badara Ndiaye, introduction,).

Ce manque de volonté politique s'explique par la position de certains Etats à atermoyer les instruments juridiques régionaux tout en s'abstenant de leur application par des pratiques nombreuses. Il s'explique aussi par une faible ratification des instruments juridique en matière de protection des droits de l'homme et en matière de migration. Par exemple, jusqu'au 21 mars 2017, parmi 50 Etats dans le monde entier qui ont signé la Convention Internationale sur la Protection des Droits de tous les Travailleurs Migrants et les Membres de leur Famille de 1990(CIPDTMMF) dont 17 Etats africains, 7 Etats membres de la CEDEAO l'ont ratifié et 3 l'ont signé et d'autres n'ont ni signé et ratifié. Ces Etats ratificateurs d'Afrique de l'ouest sont le Burkina Faso, Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Sénégal tandis que les Etats signataires sont le Benin, la Guinée Bissau et le Togo. Quant au Pacte International Relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels(PIDESC) de 1976, il a été ratifié par 13 Etats membres de la CEDEAO hormis la Guinée Bissau et le Cap vert parmi les 40 Etats africains parties et 165 Etats parties dans le monde en mars 2017.

Cette situation est plus tragique en Afrique centrale, car aucun des Etats membres de la CEEAC n'a pas ratifié cette Convention de 1990 à l'exclusion de Sao Tomé-et-Principe qui l'a ratifié récemment le 10 janvier 2017 en même temps avec le PIDESC de 1976 même s'il ne reste pas moins de dire que tous les 10 Etats membres de la CEEAC sont parties à ce dernier c'est-à-dire ont ratifié le PIDESC.

En matière de protection sociale, seuls le Benin, Burkina, la Guinée et le Togo ont ratifié la Convention n°143 sur les travailleurs migrants de 1975 en Afrique de l'ouest au moment où l'unique Etat d'Afrique centrale(Cameroun) étant partie jusqu'en 2016. S'agissant de la Convention n°97 n'a pas été ratifiée par aucun Etat membre de la CEDEAO exceptés le Burkina Faso et le Nigeria alors en Afrique centrale seul le Cameroun est partie. En plus, la Convention n°118 sur l'égalité de traitement en matière de sécurité, la République Centrafricaine, la République démocratique du Congo(RDC) et la Guinée sont Etats parties en solo; la

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convention n°102 concernant la sécurité sociale a été ratifiée dans ces régions par le Niger, la RDC, le Sénégal et tout dernièrement le Tchad (4 juin 2015) et le Togo (7 juin 2013).

Ce faible pourcentage de ratification, notamment à l'endroit de la CITMMF et des Conventions de l'OIT, montre que les Etats membres des Organisations d'Afrique de l'ouest et du centre, surtout ceux d'Afrique centrale, sont plus soucieux aux droits liés à la mobilité des personnes et à la migration circulaire en vue de renforcer leur économie au détriment des droits sociaux des migrants garantis de façon universelle par les Conventions de Sécurité Sociale(CSS). Autrement dit les rapports entre les Etats membres de lesdites organisations ont pour vocation principale de consolider l'intégration économique à côté de l'intégration socio-culturelle. Cela pourrait se confirmer au regard même de l'article 3 portant sur les buts et objectifs du Traité de la CEDEAO disposant « la communauté vise à promouvoir la coopération et l'intégration dans la perspective d'une Union économique de l'Afrique de l'ouest en vue d'élever le niveau de vie de ses peuples, de maintenir et d'accroitre la stabilité économique, de renforcer les relations entre les Etats membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain ».A la lecture de cette disposition, l'on peut soutenir aussi que ces Etats se préoccupent davantage aux aspects commerciaux, industriels et aux service vis-à-vis des conditions sociales de leurs ressortissants. Car, il n'en est mentionné nulle part le développement social des migrants même s'il est indéniable que le concept de développement pourrait englober toutes les dimensions. Elle pourrait se justifier également au regard de l'intitulé de la dénomination des organisations `'communauté économique»et non communauté sociale en vue d'espérer une protection sociale des citoyens communautaires.

En résumé, l'application des textes relatifs à la migration dans ces régions d'Afrique constitue un véritable défi pour tous les acteurs institutionnels

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