WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La protection des droits des migrants dans les organisations régionales africaines: cas de l'Afrique de l'ouest et de l'Afrique du centre


par Ismaila DIONE
Université Cheikh Anta Diop de Dakar Faculté des sciences juridiques et politiques  - Master 2 en Droit de la Migration  2014
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

C- Les instruments juridiques spécifiques au sein des Etats d'Afrique du centre

Dans le cadre des sources des droits migratoires dans les organisations régionales d'Afrique centrale, figurent le Traité de la Communauté Economique des Etats d'Afrique Centrale(CEEAC), le Traité de la Communauté Economique et Monétaire des Etats d'Afrique de Centrale(CEMAC), la Convention Régissant l'Union Economique de l'Afrique Centrale (UEAC) et enfin la Convention de Sécurité Sociale des Travailleurs Migrants(CSSTM) adoptée en 1985.

Au sujet du Traité de la CEEAC, d'importantes dispositions en matière de migration ont été notées. C'est pour cela qu'il précise dans son chapitre V portant sur la libre circulation, le droit de résidence et le droit d'établissement, en particulier à l'article 40 « les citoyens des Etats membres sont considérés comme des ressortissants de la communauté. En conséquence, les Etats membres conviennent, conformément aux dispositions du Protocole relatif à la libre circulation et au droit d'établissement des personnes joint au présent Traité en tant qu'annexe VII, de faciliter progressivement les formalités relatives à leur circulation et à leur établissement à l'intérieur de la communauté ».

28 Voir article 91 (3 a-b) du traité de l'UEMOA.

29

Thème: « La protection des droits des migrants dans les organisations régionales africaines: cas de l'Afrique de l'ouest et de l'Afrique centrale »

De son côté et dans le cadre de l'application des dispositions de la CEMAC, la Convention régissant l'Union Economique de l'Afrique centrale(UEAC) établit, entre les Etats membres, la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes29. En vue de la réalisation d'un marché commun, elle prône en son article 13(d) (« la mise en oeuvre du principe de liberté de circulation des travailleurs, de liberté d'établissement, de liberté de prestations de services, de liberté d'investissements et de mouvements des capitaux ».

Mais l'article 27 de cette Convention s'inscrit dans une position plus extensive à propos des droits liés à la migration tout en incitant le Conseil des Ministres de l'Union de veiller d'abord au respect des règles relatives à la libre circulation des personnes ou de la main d'oeuvre impliquant l'harmonisation préalable des règles relatives à l'immigration dans chaque Etat membre, au respect des dispositions pertinentes des Codes de travail nationaux, des dispositions législatives et règlementaires applicables aux régimes et organismes de protection sociale.

Toujours dans le cadre de cette disposition, le conseil des Ministres de l'Union demande aux Etats membres de veiller au respect du droit d'établissement comportant l'accès pour les investisseurs de la sous-région, aux activités non salariées et à leur exercice ainsi que l'acquisition, la constitution et la gestion d'entreprises, dans les conditions définies par la législation de l'Etat d'établissement et l'harmonisation progressive des dispositions nationales règlementant l'accès aux activités non salariées et l'exercice de celles-ci.

Partant de ces diverses analyses, il sied de dire que le continent africain en général et l'Afrique de l'ouest et du centre en particulier disposent d'un important cadre juridique de protection des droits de l'homme, y compris les droits des travailleurs migrants même si ce cadre va, parfois, à l'encontre des instruments juridiques universels des droits de l'homme. En effet, contrairement à ces derniers, les instruments juridiques régionaux fonctionnent sur la base du principe de réciprocité et ne s'appliquent qu'entre ressortissants des Etats parties. Ces instruments se penchent davantage sur les aspects économiques de la migration et de l'intégration des travailleurs migrants à l'intérieur de la région que sur les aspects sociaux et culturels30 à l'exclusion des Conventions Sociales.

29 Article 4(c) de la Convention régissant l'Union Economique de l'Afrique centrale.

30 Guité Diop, Guide d'information pour les inspecteurs du travail « renforcement des capacités des inspecteurs du travail dans la protection des travailleurs migrants en Mauritanie, au Mali et au Sénégal» Fonds de l'OIM, décembre 2013, p.29

30

Thème: « La protection des droits des migrants dans les organisations régionales africaines: cas de l'Afrique de l'ouest et de l'Afrique centrale »

En somme, ce cadre constitue un substrat essentiel pour la protection et la promotion des droits l'homme et de la même façon que les organes intervenants dans la défense et la sauvegarde des droits de l'homme, singulièrement des droits des migrants en dépit des difficultés liées à l'application de ces instruments.

Section 2 : La garantie institutionnelle de la migration dans les régions d'Afrique de
l'ouest et du centre

Au-delà des instruments juridiques universels et régionaux de protection des droits humains des migrants, on note différents mécanismes institutionnels chargés de gérer les questions migratoires. Cette garantie institutionnelle s'inscrit dans une logique de protéger et de promouvoir en général les droits de l'homme et en particulier les droits des migrants conformément aux instruments juridiques. Elle répond également à une gestion idoine découlant de la volonté politique des Etats en particulier les Etats d'Afrique occidentale et centrale, des organisations internationales sous l'égide des Nations unies, des Organisations Non-Gouvernementales(ONG) ainsi que des Organisations de la Société Civile(OSC), des associations pour les migrants, les Universités et tous les Comités chargés du suivi des instruments juridiques en matière de protection des droits de l'homme. Ces institutions sont classées de diverses natures.

Paragraphe 1: les Organes principaux de sauvegarde des droits des migrants en Afrique de l'ouest et du centre.

Ces organes renvoient à l'ensemble des acteurs institutionnels dont leur action est primordiale dans la protection des droits de l'homme, en particulier des droits humains des migrants. D'une manière générale, il peut s'agir des organes sous le contrôle des Etats membres et des organisations sous le contrôle de l'Organisation des Nations Unies(ONU).

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme