4.1.16 1.5. Prise
en charge thérapeutique des tumeurs vésicales dans un contexte
bilharzien
4.1.17 1.5.1.
Traitement des tumeurs non infiltrantes
Pour les tumeurs non infiltrantes, la prise en charge
débute par une résection transurétrale exhaustive qui
élimine toute masse visible. Ensuite, on administre des instillations
intra-vésicales de BCG ou d'un agent chimiothérapique, choisies
selon le profil de risque, afin de réduire drastiquement les
récidives et la progression à long terme29.
4.1.18 1.5.2.
Traitement des tumeurs infiltrantes
Pour les tumeurs infiltrantes, l'option de
référence reste la cystectomie radicale élargie aux
chaînes ganglionnaires pelviennes. Dans les centres
équipés, on propose auparavant une chimiothérapie
néo-adjuvante à base de cisplatine ; elle diminue la masse
tumorale et améliore la survie, mais son coût et la
nécessité d'un suivi hématologique la rendent souvent
inaccessible sur le continent africain. Le tableau est encore plus complexe
pour les cancers liés à la bilharziose : découverts
tardivement, volumineux, ils réclament de lourdes reconstructions
urinaires qu'aucune structure locale n'est en mesure d'assumer, laissant
parfois le patient sans solution3,29.
4.1.19 1.5.3.
Traitement de la bilharziose
Le praziquantel demeure le traitement de référence
: administré en dose unique ou lors de campagnes de masse, il
élimine la plupart des vers adultes, diminue considérablement la
charge parasitaire et soulage les complications urinaires. Toutefois, son
influence réelle sur la prévention largement définitive du
cancer vésical bilharzien reste encore débattue24.
4.1.20 1.6.
Pronostic et perspectives
4.1.21 1.6.1.
Pronostic
Le sort d'un patient atteint de cancer vésical
dépend avant tout du stade initial, du profil histologique et de la
qualité du traitement reçu. Les tumeurs urothéliales
détectées précocement, correctement
réséquées puis surveillées offrent ainsi des
chances de survie à long terme. À l'inverse, le carcinome
épidermoïde lié à la bilharziose est souvent
découvert plus tard, chez des patients exposés à une
inflammation chronique intense, ce qui alourdit la chirurgie, limite les
options adjuvantes et pèse lourdement sur le pronostic
3,23.
4.1.22 1.6.2.
Survie observée
En Afrique subsaharienne, la survie globale à cinq ans
dépasse rarement 30 %, freinée par le diagnostic tardif, le
défaut d'imagerie et les ressources chirurgicales limitées.
À l'opposé, dans les pays à revenu élevé,
les formes non infiltrantes bénéficient d'une prise en charge
précoce, portant la survie jusqu'à 70 %, voire davantage
aujourd'hui3.
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