4.1.11 1.3.2.
Diagnostic
Le parcours diagnostique commence souvent par l'observation d'une
hématurie « suspecte », indolore et capricieuse ; chez
l'adulte africain, toute coloration rouge de l'urine doit faire penser à
un possible cancer de la vessie. On réalise alors un examen
cytobactériologique des urines pour écarter une infection banale
et, surtout, un test de filtration à la recherche d'oeufs de Schistosoma
Haematobium, marqueur précieux d'une bilharziose sous-jacente.
L'exploration idéale reste la cystoscopie, qui permet de visualiser
directement la tumeur et de prélever des biopsies ; malheureusement, cet
acte coûteux et technique demeure rare en zone rurale. La certitude
diagnostique est donc apportée par l'anatomopathologie : elle
précise le type histologique, confirme ou non l'origine bilharzienne et
guide ainsi la stratégie thérapeutique3,23.
4.1.12 1.3.3.
Retards diagnostiques et conséquences
En régions endémiques, les délais entre
apparition des symptômes et confirmation sont souvent longs (plusieurs
mois), contribuant à une majorité de diagnostics à stade
infiltrant, difficilement curable3.Les obstacles sont l'accès
limité aux soins, la précarité économique, la
méconnaissance des symptômes, et le recours prioritaire aux
médecines traditionnelles.
4.1.13 1.4.
Approches diagnostiques et classification des tumeurs vésicales
4.1.14 1.4.1.
Classification TNM
Avant d'envisager toute thérapie, il est indispensable de
classer la tumeur selon la profondeur de son implantation dans la paroi
vésicale, car ce seul critère conditionne le pronostic et le
choix des armes. Les lésions Ta et T1, dites non infiltrantes du muscle
(TVNIM), restent cantonnées à la muqueuse ou à la lamina
propria ; elles se prêtent, la plupart du temps, à une
résection endoscopique complétée d'instillations intra
vésicales (BCG ou chimiothérapie) et à une surveillance
rapprochée. À l'inverse, dès que la tumeur franchit la
barrière musculaire : stade T2 ou plus, elle devient une tumeur
infiltrante du muscle (TVIM). L'approche change alors radicalement :
cystectomie radicale, chimiothérapie systémique ou
radio-chimiothérapie combinée deviennent les options prioritaires
pour espérer un contrôle durable de la maladie29.
4.1.15 1.4.2.
Diagnostic avancé
L'évaluation d'un cancer de la vessie repose sur deux
volets complémentaires. D'abord, un scanner thoraco-abdomino-pelvien
couplé à une IRM explore avec précision l'extension
loco-régionale, recherche l'envahissement ganglionnaire et
détecte d'éventuelles métastases pulmonaires,
hépatiques ou osseuses. Ensuite, des biopsies multiples obtenues lors de
la cystoscopie font l'objet d'un examen histologique détaillé et
d'une analyse immunohistochimique. Cette double lecture confirme la nature
urothéliale ou non de la tumeur, attribue un grade de
différenciation, identifie d'éventuelles variantes histologiques
agressives et fournit des marqueurs pronostiques essentiels. Ainsi, l'imagerie
et la pathologie guident conjointement la décision thérapeutique
individualisée, au plus adapté à chaque profil
patient29.
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