4 CHAPITRE I : GENERALITES
4.1.1 1. 1.
Généralités sur le cancer de la vessie
4.1.2 1.1.1. Incidence et
répartition géographique
Le cancer de la vessie est le dixième cancer le plus
fréquent dans le monde, avec environ 573 000 nouveaux cas et 213 000
décès estimés en 2020 5. Son incidence augmente
avec l'âge, affectant principalement les sujets de plus de 60 ans. Les
pays développés observent majoritairement des carcinomes
urothéliaux, liés au tabac et aux expositions professionnelles,
alors que dans plusieurs pays africains et du Moyen-Orient, la bilharziose
urinaire constitue un facteur majeur, favorisant des types histologiques
différents5,10.
4.1.3 1.1.2. Facteurs de risque
classiques
Le facteur de risque numéro un reste le tabagisme ;
inhaler quotidiennement les toxines du tabac multiplie par trois à cinq
la probabilité de développer un cancer vésical. Vient
ensuite l'exposition professionnelle, notamment dans les ateliers où
l'on manipule hydrocarbures ou amines aromatiques : ces substances, longtemps
utilisées dans les colorants, la pétrochimie ou la fabrication du
caoutchouc, s'accumulent dans l'urine et agressent durablement
l'urothélium. Tout état d'irritation chronique de la muqueuse,
qu'il s'agisse d'infections urinaires répétées, de calculs
négligés ou d'un cathéter laissé en place des mois,
entretient une inflammation délétère propice à la
transformation cellulaire. Enfin, dans plusieurs régions d'Afrique
subsaharienne, l'infestation par Schistosoma Haematobium provoque des
granulomes persistants qui, avec le temps, favorisent une carcinogenèse
spécifique de type épidermoïde, et hautement
agressive10,22.
4.1.4 1.1.3. Types histologiques
À l'échelle mondiale, la forme la plus
fréquente reste le carcinome urothélial, encore appelé
« transitionalcellcarcinoma » ; il reflète
surtout l'impact des expositions professionnelles à diverses substances
chimiques, notamment les amines aromatiques. En revanche, dans les
régions où la bilharziose est endémique, un autre visage
domine : le carcinome épidermoïde. Nourri par l'irritation
chronique que provoquent les oeufs de Schistosoma Haematobium dans la paroi
vésicale, ce type histologique représente plus de la
moitié des cancers étudiés dans plusieurs séries
africaines. Une enquête menée au Mali illustre bien ce basculement
: 60 % des tumeurs liées à la bilharziose étaient
épidermoïdes, confirmant le rôle clé de l'inflammation
persistante dans la transformation maligne de
l'urothélium5,23.
Figure 1
Figure 2

Figure1 : Aspect histologique
normal des tissus
Figure2 :
Adénocarcinome avec infiltration de la sous-muqueuse
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