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Optimisation de la gestion du trafic ferroviaire en vue de la maximisation des recettes de la société nationale des chemins de fer du Congo dans la région des grands lacspar Merveilleux MBUYU LUKAMATA Université Pilote de Kalemie (UPK) - Licence 2025 |
4. Etat de la questionIl est important pour un travail scientifique de faire référence aux connaissances de certains ouvrages, mémoires, articles ou thèses qui ont déjà été traités antérieurement ayant trait à l'idée de notre sujet afin de dégager les points de ressemblance et de différence à notre sujet. L'état de la question va nous permettre de nous orienter dans une étude originale. Roland Pourtier (2007), « Les chemins de fer en Afrique subsaharienne, entre passé révolu et recompositions incertaines ». Dans cet article, l'auteur analyse l'évolution des chemins de fer africains, soulignant leur rôle colonial dans l'exploitation des ressources et leur déclin post-indépendant en explorant les défis actuels du secteur ferroviaire. L'auteur aboutit à une conclusion selon laquelle, bien que les chemins de fer aient joué un rôle crucial pendant la période coloniale en facilitant l'exploitation des ressources naturelles, leur avenir est incertain. Il note que les avantages comparatifs du rail se manifestent principalement dans le transport de marchandises lourdes ou non périssables. Il termine en disant que l'avenir du chemin de fer en Afrique subsaharienne dépendra de la manière dont les pays parviendront à réconcilier les besoins d'infrastructures avec les impératifs de développement durable et d'intégration régionale. La question de l'optimisation de la gestion du trafic ferroviaire dans le contexte de la Société Nationale de Chemin de fer du Congo (SNCC), particulièrement dans la région des Grands Lacs, a suscité l'intérêt de plusieurs chercheurs en raison de l'importance stratégique de ce mode de transport pour l'économie congolaise. La SNCC, en tant qu'opérateur ferroviaire majeur dans le sud de la République Démocratique du Congo, joue un rôle clé dans le transport des ressources minières, notamment le cuivre et le cobalt, vers les marchés régionaux et internationaux. Cependant, sa performance reste limitée par divers obstacles techniques, logistiques et institutionnels. Selon Mudiayi Kazadi6(*), la SNCC fait face à une accumulation de problèmes structurels qui freinent sa capacité à générer des recettes de manière optimale. Parmi ces problèmes figurent la vétusté du matériel roulant, la dégradation avancée des voies ferrées, la faible capacité de maintenance, ainsi qu'une gouvernance caractérisée par une faible transparence et un manque de vision stratégique. Ces défaillances structurelles empêchent la SNCC d'intégrer efficacement les corridors de transport régionaux, ce qui limite les échanges commerciaux entre la RDC et ses voisins de la région des Grands Lacs, notamment la Zambie, la Tanzanie le Rwanda et le Burundi. Kazadi insiste sur la nécessité d'une modernisation urgente des infrastructures ferroviaires, accompagnée d'une meilleure coordination avec les autres modes de transport, notamment le transport fluvial et routier, pour améliorer la fluidité des échanges. Dans une perspective comparative, Koffi A. Kouadio7(*) analyse les stratégies d'optimisation du trafic ferroviaire dans plusieurs pays africains, en mettant en avant l'importance d'une gestion intégrée des opérations ferroviaires². Il souligne que la performance du trafic dépend fortement de la capacité à planifier dynamiquement les horaires, à gérer en temps réel les mouvements de trains, et à assurer un suivi précis des marchandises. Pour la SNCC, l'adoption de systèmes numériques de gestion du trafic permettrait de réduire les temps d'arrêt, d'optimiser la rotation du matériel roulant et d'augmenter la productivité globale du réseau. Kouadio met également l'accent sur la formation continue du personnel et la nécessité d'investir dans les technologies de l'information comme leviers d'efficacité. Une étude conjointe menée par la Banque Mondiale8(*) sur les corridors de transport en Afrique centrale met en évidence une corrélation forte entre la performance logistique et les recettes ferroviaires. Les résultats de cette étude montrent que chaque amélioration de 10 % dans la régularité et la fiabilité du service ferroviaire peut entraîner une augmentation directe de 15 à 20 % des revenus pour les opérateurs. Dans le cas de la SNCC, une gestion plus efficace du trafic permettrait non seulement d'attirer davantage de clients (notamment dans le secteur minier), mais aussi de réduire les pertes liées aux retards et aux pannes. L'étude recommande en particulier la contractualisation des services logistiques, l'élargissement des partenariats public-privé, ainsi qu'un cadre réglementaire stable pour favoriser les investissements dans le secteur ferroviaire. Ainsi, les recherches disponibles convergent sur le fait que l'optimisation de la gestion du trafic ferroviaire constitue un levier central pour la maximisation des recettes de la SNCC. Cela implique non seulement des réformes techniques et technologiques, mais également une refonte organisationnelle profonde et une volonté politique de long terme. Dans le contexte spécifique de la région des Grands Lacs, où les enjeux géopolitiques et économiques sont particulièrement complexes, la réussite de cette optimisation repose sur une approche intégrée, régionale et multisectorielle. * 6Mudiayi Kazadi, « Les défis de la logistique ferroviaire en RDC : étude de cas de la SNCC », Revue Congolaise de Développement, vol. 7, no 2, 2021, p. 89-104. * 7Kouadio, Koffi A., « Optimisation des réseaux ferroviaires en Afrique : défis et stratégies », Afrique Infrastructure & Développement, vol. 3, no 1, 2020, p. 34-49. * 8Banque Mondiale, « Diagnostic des corridors de transport en Afrique centrale : vers une meilleure connectivité ferroviaire », Rapport technique n°14237-AF, 2022, p. 55-70. |
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