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Développement durable et gestion des forêts du bassin du Congo: étude comparative des politiques forestières du Cameroun et de la République du Congo

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par Parfait Oumba
Université de Limoges - Master en Droit international et comparé de l'environnement 2007
  

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La mise en oeuvre : un engagement insuffisant

Concernant la mise en oeuvre des plans nationaux, peu de pays tropicaux (9 au total) ont terminé la première phase d'élaboration (ou de révision) de leur plan national. Cependant, un certain nombre de remarques peuvent d'ores et déjà être formulées, et il conviendrait de s'y intéresser pour devancer les problèmes à venir.

- L'engagement politique des pays tropicaux est primordial. De la force de cet engagement dépend, en effet, la réussite des actions. Il semblerait que les pays où le chef de l'État ou du gouvernement ait pris très officiellement position en faveur du plan national, en le plaçant parmi les priorités de sa politique, soient peu nombreux. Dans la plupart des cas, l'engagement politique n'a pas dépassé le département ministériel en charge du secteur forestier : c'est insuffisant.

- L'engagement économique nécessaire des pays tropicaux découle en grande
partie du précédent. Peu de ministères de l'économie, des finances et du plan ont été
réellement impliqués et se sentent concernés. A cet égard, on doit malheureusement
considérer que les plans nationaux ainsi élaborés ne constituent en rien un progrès
par rapport à ce qui était précédemment fait.

- L'engagement des différents partenaires locaux ne semble pas suffisamment
assuré. Trop de plans ont été élaborés à partir de la seule mobilisation des cadres
administratifs du pays (et parfois même des seuls cadres forestiers), sans que le
secteur privé, les ONG et les populations soient consultés réellement. On peut
craindre, dans ces conditions, que la mise en oeuvre des actions ne soulève des
problèmes de compréhension et d'adhésion d'un grand nombre des partenaires actifs
sur le terrain.

Enfin l'engagement financier des aides au développement ne s'est pas encore
manifesté suffisamment clairement : la table ronde des bailleurs de fonds qui a eu
lieu au Cameroun en juin, à la suite de l'achèvement des travaux de préparation
d'un plan national, a révélé que la totalité des bailleurs de fonds présents
manifestaient un « intérêt » pour un grand nombre de programmes et de projets,
correspondant à 70% des financements requis pour la mise en oeuvre du plan pendant
les cinq premières années. Mais la quasi-totalité des bailleurs de fonds estimait
cependant impossible de préciser la hauteur de leurs engagements financiers,
plaçant le gouvernement camerounais (et particulièrement la direction des forêts,
chargée de la mise en oeuvre du plan) dans une certaine inquiétude.

Cette situation illustre bien le décalage qui existe entre, d'une part l'engagement politique et technique, d'autre part l'acceptation des conséquences financières du PAFT ainsi que la mise en oeuvre du plan.

En France, par exemple, aucune disposition financière particulière n'a été prise pour assumer le suivi des plans nationaux et leur mise en oeuvre. Il en va de même dans les autres pays et agences d'aide au développement, à l'exception de la RFA qui a voté un budget spécial de 150 millions de DM en 1989 et du Royaume-Uni dont le Premier ministre a annoncé un financement de 100 millions de Livres pour les actions PAFT.

En outre, l'accroissement significatif des engagements financiers de l'aide publique au développement (qui serait passée de 400 millions de dollars en 1984 à 1 milliard de dollars en 1988) ne doit qu'en partie être imputé à l'existence du PAFT car ces montants d'investissement supplémentaires sont llés financer des actions classiques de coopération bilatérale et multilatérale. Enfin n'oublions pas que le niveau plancher estimé pour la mise en oeuvre du PAFT au niveau mondial est de l'ordre de 5 à 7 milliards de dollars!

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