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La contribution de l'organisation internationale de la francophonie (OIF) à  la consolidation de la démocratie en Afrique de l'ouest.

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par Kofi Nagno M'BEOU
Ecole nationale d'administration - Diplôme de 'ENA, option Cycle III Diplomatie 2013
  

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Section II : Les difficultés extrinsèques

Les difficultés dont il est question ici sont dépendantes des Etats membres. Le degré d'implication du à la multiplicité des missions de l'OIF est de plus en plus récusé. Cette dernière en plus est davantage contestée par ses membres (Paragraphe I) d'où la perte de séduction de l'OIF (Paragraphe II).

Paragraphe I : La contestation de l'implication de l'OIF

L'appréciation de la contestation de l'OIF par les Etats membres se fera à travers le prisme du regard porté sur elle par ces derniers qui trouvent que leur souveraineté semble être menacée d'où leur résistance (A). En outre, ils refusent l'idée d'une nouvelle colonisation (B).

A- La résistance du souverainisme

La démocratisation des Etats d'Afrique fait intervenir plusieurs acteurs extra étatiques comme l'OIF. Ceux-ci à travers leur implication posent de nombreuses actions dont la mise en oeuvre est confrontée à la résistance des Etats membres.

La contestation de l'intervention de l'OIF se justifie par le fait que les Etats membres n'adhèrent pas à certaines de ses actions. En effet, ils ne sont pas disposés à recevoir des injonctions en matière démocratique et de surcroît venant de l'extérieur. Dès lors, le constat est qu'il existe une inadéquation entre le principe de souveraineté et les processus de démocratisation dont il est question.

La confrontation des définitions des professeurs Jean Combacau et Serges Sur selon lesquelles « dans l'ordre international au contraire, affirmer qu'il est souverain (l'Etat) signifie qu'on ne trouve au dessus aucune autorité dotée à son égard d'une puissance légale : la souveraineté internationale se définit négativement comme la non soumission à une autorité supérieure, le fait de n'être le sujet (au sens d'assujetti) d'aucun sujet (au sens de personne juridique) »94 et de M. Boutros Boutros Ghali pour qui « la démocratisation est un

94 Voir Jean Combacau et Serges Sur, DIP, 4è éd., 1999, Paris, p.227.

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processus conduisant à une société plus ouverte et participative, et moins autoritaire »95, révèle qu'en théorie souveraineté et démocratisation sont compatibles. Ceci traduit la libre détermination des Etats dans le choix ou non du régime démocratique. Cependant dans la réalité des faits, il existe une incompatibilité96.

Les Etats dénoncent alors cette implication surtout s'agissant de la sanction des Etats qui n'observeraient pas les obligations internationales en matière des droits de l'homme et de l'Etat de droit. Les Etats en effet considèrent ces actions comme une ingérence dans leurs affaires internes, ce qui est contraire à l'article 2 de la Charte des Nations Unies aux termes duquel « l'Organisation est fondée sur le principe de l'égalité souveraine de tous ses membres ».

Au plan des élections, il existe également des critiques. Elles sont relatives notamment à l'observation internationale des élections et aux rapports des commissions accréditées dont les conclusions ont pour conséquence la reconnaissance ou non de la légitimité des élus et des gouvernements mis en place par les institutions étatiques en principe autonomes. Ainsi, à travers les dons qui sont faits en matière d'assistance électorale, les Etats sont contraints de respecter certaines conditions préalables même si pour certains, l'observation internationale des élections à la suite des accords de paix consécutifs à des conflits armés ou à des crises politiques, est compatible avec la souveraineté étatique puisqu'étant expressément prévue ou consacrée, voire consentie97.

Et lorsque l'OIF se retrouve en pareille situation, il est clair qu'elle subtilise anormalement une prérogative fondamentale appartenant aux Etats. Cette analyse est confortée par les propos de Jiang Zemin qui pense qu'« aucun pays n'a le droit d'imposer aux autres son système social et son idéologie et encore moins, de les accuser à tort et à travers pour ce qui est de leurs affaires internes »98.

A côté de la résistance du principe de souveraineté, nous ne devons pas ignorer le fait que les Etats réfutent le modèle démocratique. Dans la Déclaration de Bamako notamment en son chapitre 3, l'OIF en faisant de la démocratie le meilleur système de gouvernement entre en

95 Cf. le document de M. Boutros Boutros Ghali, A/51/761, 20 décembre 1996.

96 Voir notamment, Kpadé A. Agossou, « Implication de l'Organisation des Nations Unies dans la démocratisation de l'Afrique Subsaharienne », Mémoire pour l'obtention du diplôme de l'ENA, Cycle III, 2010, p.51.

97 Cf Itsouhou Mbadinga, « Brèves remarques sur l'assistance électorale internationale des Etats africains » (sept.-déc.1998) Rev. Jur. Pol. Ind. Coop. 309, pp. 309-326.

98 Se rapporter à l'allocution de M. Jiang Zemin, ancien président de la République populaire de Chine, à la cérémonie d'ouverture du forum sur la coopération sino-africaine à Béijing, le 10 oct. 2000.

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contradiction avec les dispositions de sa Charte pour ce qui est de la souveraineté. Pour preuve, on peut relever l'exemple de l'alinéa 2 de l'article 1er99 .

D'une façon globale, la résistance du souverainisme ainsi que le rejet du modèle démocratique considéré comme le meilleur système de gouvernement constituent les entraves aux actions de l'OIF dans le processus de démocratisation de l'Afrique en général et en Afrique de l'ouest en particulier. Ces entraves ont également pour origine, le refus des Etats de subir une nouvelle fois la colonisation.

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