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Documentation sur le statut des métis de pères Allemands au Togo entre 1905 et 1914. Présentation de documents allemands avec traductions ou résumés en français


par Essosimna Tomfei Marie-Josée ADILI
Université de Lomé (Togo ) - Maà®trise en lettres allemandes 2012
  

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2.5 - Document n° 7 : [Konkubinat zwischen Weissen und farbigen Frauen«] Concubinage entre Blancs et femmes noires

Source originale : Archives Nationales du Togo (ANT) - FA1/487, p.19.

2.5.1 : Résumé du texte en français

Ce document est une mise au point du gouvernement colonial, par délégation de pouvoir, au sujet du statut matrimonial des relations entre un Blanc et une Noire : cela ne peut, en aucun cas, être considéré comme un mariage. C'est clair et net.

2.5.2 : Texte original allemand

Abschrift J. no 5220 / 11

Konkubinat zwischen Weissen und farbigen Frauen

Das Zusammenleben eines Europäers mit einer Farbigen kann auch dann nicht als Ehe im deutschrechtlichen Sinne angesehen werden, wenn die für den Abschluss der Ehen von Farbigen nach Stammesrecht üblichen Gebräuche und Formalitäten beobachtet worden sind. Es kann daher, wenn die mit einem Europäer zusammenlebende farbige Frau von einem Farbigen geschlechtlich gebraucht wird, auch keine Bestrafung wegen Ehebruchs, sondern, sofern die übrigen Begleitumstände dies rechtfertigen, nur eine Bestrafung wegen Beleidigung oder Achtungsverletzung von bezw. gegenüber einem Europäer erfolgen.

Lome, den 19. Juli 1911

Der Gouverneur i. A. gez. Hermans.

2.5.3 : Traduction intégrale du texte en français

Copie J. n 5220/11

Concubinage entre Blancs et femmes de couleur

La vie commune d'un Européen avec une femme de couleur ne peut pas être considérée comme un mariage au sens du droit allemand, même si les coutumes et formalités habituelles pour la conclusion des unions des gens de couleur selon le droit coutumier ont été respectées. Pour cette raison, lorsqu'une femme de couleur vivant avec un Européen a été utilisée pour des relations sexuelles par un homme de couleur, il ne peut y avoir de sanction pour adultère, mais plutôt une punition pour outrage, ou pour atteinte à l'honneur d'un Européen, pour autant que le permettent tous les autres faits liés à ces relations.

Lomé, le 19 juillet 1911

Pour le le Gouverneur et p.o. Hermans.

Commentaire succinct

Il serait intéressant de connaître le contexte réel de cette mise au point, car il s'agit sans doute d'un cas où un Blanc a porté plainte contre un Noir qui aurait eu des relations avec sa femme noire. Sollicité pour trancher cette question, l'Administration coloniale ne veut pas tomber dans un piège en punissant le Noir ou la Noire accusé(es) d'adultère. Car une telle sanction reviendrait à reconnaître comme un mariage la vie commune d'un Blanc avec une Noire. Alors, pour couper la poire en deux, il est convenu de ne pas parler d'adultère, mais d'atteinte à l'honneur d'un Européen.

Cette vision du droit selon l'administration coloniale montre toute la complexité de la question : on ne reconnaît pas à la femme noire un statut d'épouse, même si les formalités de mariage à l'africaine ont été toutes respectées. Mais si la femme noire vient à faire un écart conjugal, elle sera sanctionnée, comme son partenaire noir, pour offense à honneur d'un Européen. Curieuse vision du droit !

2.6 - Document n° 8 : Procès-verbal d'une session du gouvernement colonial du Togo tenue à Lomé en 1912 sur la question du métissage et du mariage mixte

Source originale : Archives Nationales du Togo (ANT) - FA1/412, pp. 23-25

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