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Documentation sur le statut des métis de pères Allemands au Togo entre 1905 et 1914. Présentation de documents allemands avec traductions ou résumés en français


par Essosimna Tomfei Marie-Josée ADILI
Université de Lomé (Togo ) - Maà®trise en lettres allemandes 2012
  

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1.3.3 - La descendance de Heinrich Friedrich Achille Eccarius

Au début des années 1880, le commerçant allemand Heinrich Friedrich Achille Eccarius, agent de la firme « Hansa Faktorei (Max Grumbach) » à Aneho, a eu de son union avec la fille du roi d'Agbanakin, deux enfants. La publication consacrée à cette union mixte (Oloukpona-Yinnon & Béré-Coulibaley 2007)34 montre comment ce couple a engendré en Afrique une véritable collectivité dont le Juif allemand Heinrich Friedrich Achille Eccarius est l'ancêtre.

Heinrich Friedrich Achille Eccarius est un personnage-clé des événements qui ont conduit à la proclamation du protectorat allemand sur le Togo en 1884. Il constitue avec Randad et Daake le trio de commerçants allemands qui forca la main au Capitaine Stubenrauch en février 1884 pour obtenir l'intervention militaire de ce dernier à Aného, le 3 février. C'est dans la « Hansa-Faktorei (factorerie Hansa) dont il était le gérant, que se tinrent des pourparlers préliminaires avec l'officier allemand, les notables locaux et les commerçants allemands de la place. Son nom apparaît à plusieurs reprises dans les rapports du Capitaine Stubenrauch35, de même que dans ceux de Gustav Nachtigal qui passa d'ailleurs une nuit dans sa maison à Aného.36

Selon l'enquête orale menée par les auteurs de l'article sur cette famille, le premier métis de la première lignée de la descendance métisse du Juif allemand Heinrich Friedrich Achille Eccarius s'appelait Wingoln Achille Eccarius, né vers 1880, du négociant Heinrich Friedrich Achille Eccarius, un Juif allemand, et de Founikè Kéchtéché, fille aînée du roi de Grand Popo. Il se maria à une Béninoise et ils eurent une fille née vers 1912. Mais celle-ci n'ayant pas eu d'enfants, cette première lignée s'éteignit avec sa mort. Le fils cadet du Juif allemand Heinrich Friedrich Achille Eccarius s'appelait Henri Achille Eccarius (donc une simple francisation des prénoms du géniteur), il est né vers 1883, du même père et de la même mère. Après ses études primaires, Henri Eccarius fut recruté en 1899 comme enseignant à l'Ecole Gouvernementale allemande à Zébévi (Aného) où il exerca jusqu'en

34 La descendance africaine de H. F. Achille Eccarius, un Juif allemand au Togo. Par Franceline CoulibaleyBéré & Adjaï Paulin Oloukpona-Yinnon, in : Adjaï Paulin Oloukpona-Yinnon (éd.): Le Togo 1884-2004 : 120 ans après Gustav Nachtigal. Connaître le passé pour mieux comprendre le présent. Actes du Colloque International de Lomé des 27, 28 et 29 septembre 2004: Lomé, PUL, 2007 pp. 293-310

35 Cf. Woulamatou Gbadamassi & A.Paulin Olokpona-Yinnon (éds) : Le Capitaine Wilhelm Stubenrauch

à Aneho (Togo) en 1884 : Documents de la S.M.S. Sophie« (janvier-février 1884) - Stubenrauchs Berichte aus Westafrika (Januar bis Februar 1884). Dokumente zur Geschichte Togos Edition bilingue français-allemand Deutsch-französische Ausgabe. Document inédit, à paraître instamment.

36 Cf, Peter Sebald : Les cinq jours du Dr. Nachtigal au Togo /2-7 juillet 1884), in : Adjaï Paulin OloukponaYinnon (éd.): Le Togo 1884-2004 : 120 ans après Gustav Nachtigal. Connaître le passé pour mieux comprendre le présent. Actes du Colloque International de Lomé des 27, 28 et 29 septembre 2004: Lomé, PUL, 2007 pp. 1751

1901, puis émigra vers le Cameroun où il fonda une grande famille qui devint prospère. Retourné au Togo, Henri Achille Eccarius est décédé à Lomé le 1er octobre 1957.

Illustration n° 7 : Henri Eccarius-Achille, fils de Heinrich Friedrich Achille Eccarius
(source : Coulibaley-Béré & Oloukpona-Yinnon 2007 : 310)

Comme Jacob Protten Africanus en son temps, Henri Eccarius-Achille fait partie des « métis allemands » du Togo qui ont eu le droit incontestable et incontesté de porter le nom de leur géniteur allemand, et même de transmettre ce nom à leur propre progéniture, sans qu'aucune administration ne puisse les en empêcher. Mais cela va rapidement et radicalement changer avec les métis allemands de l'époque coloniale proprement dite.

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