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Le maintien du francais en contexte d expatriation


par Julie Horel
Universite de Rouen Normandie - Master Sciences du langage 2025
  

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3.6. La lecture : un levier pour renforcer l'exposition

Parmi les stratégies de résistance, la lecture semble être une stratégie de résistance efficace dans le cadre du maintien linguistique. Elle joue un rôle central en renforçant l'exposition à la langue minoritaire, en enrichissant le vocabulaire, et en créant un lien émotionnel et culturel avec la langue. La lecture est souvent une activité partagée, notamment avec les jeunes enfants. Cela renforce le lien affectif autour de la langue d'héritage et donne un sens émotionnel à son apprentissage.

Les recherches existantes ont aussi largement mis en évidence l'importance de la lecture dans l'acquisition d'une langue (Krashen, 2004 ; Day, R. R., & Bamford, J. , 1998). Elle offre à l'enfant une exposition à un vocabulaire varié, favorise la consolidation des connaissances acquises et encourage le développement de nouvelles compétences linguistiques.

La lecture extensive, particulièrement lorsqu'elle est volontaire et motivée, est une source essentielle d'input linguistique compréhensible, un facteur clé dans le développement des compétences linguistique (Krashen, 2004).

La théorie de l'interdépendance linguistique de J.Cummins (1979) éclaire notre compréhension de la `'bi littératie», entendue comme la capacité à maitriser la lecture et l'écriture dans les deux langues. Cette théorie introduit le concept de Compétence cognitive sous-jacente commune (Common Underlying Proficiency,), qui met en évidence la manière dont les compétences et les connaissances développées dans une langue peuvent transférer ou soutenir l'acquisition d'une seconde langue. En effet, selon lui, les compétences linguistiques telles que la compréhension de texte et la pensée critique entre autres, sont transférables à une autre langue, facilitant ainsi l'apprentissage bilingue.

Aussi, en ce qui concerne l'apprentissage de la lecture, nous avons constaté que de nombreuses familles interrogées pour notre étude déclarent avoir fait le choix d'attendre que l'enfant maitrise la lecture en anglais pour commencer l'apprentissage de la lecture en français, la proximité des deux langues permet en effet de faciliter le transfert des compétences nécessaires.

Cependant, il semblerait que bien que la lecture autonome ait des bénéfices indéniables, elle ne peut suffire à accroitre les connaissances linguistiques de l'enfant. Par exemple, un enfant s'il lit seul, lorsqu'il rencontre un mot inconnu aura tendance à l'ignorer et à se contenter d'une compréhension globale de la phrase ou du texte. Cette lecture apportera surement des bénéfices (renforcement du lexique) mais elle ne suffira pas à accroitre les connaissances de l'enfant en termes de connaissance lexicale ou de vocabulaire. Une lecture accompagnée, où un adulte guide l'enfant dans la compréhension des textes, semble souvent essentielle. Ce soutien permet de surmonter les obstacles lexicaux, d'affiner, de nuancer et la bonne compréhension permettra à l'enfant de réutiliser le mot ou le concept nouveau dans un contexte diffèrent.

Cette idée rejoint la théorie socio constructiviste de Vygotsky, qui souligne l'importance de l'interaction sociale dans le développement cognitif (étayage). Dans ce cadre, l'adulte agit

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comme un médiateur, facilitant l'accès au sens et renforçant les liens entre la langue et la pensée.

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