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Le maintien du francais en contexte d expatriation


par Julie Horel
Universite de Rouen Normandie - Master Sciences du langage 2025
  

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Conclusion

Cette méthodologie, combinant questionnaire et entretiens semi-directifs permet d'obtenir une vision nuancée des pratiques et perceptions des familles françaises face à la préservation du français. L'analyse des données collectées offrira une compréhension approfondie des stratégies de résistance linguistique mises en place dans un contexte de bilinguisme dominé par l'anglais.

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Partie 3 : Présentation de l'analyse des resultats

Cette partie constitue l'aboutissement de notre étude, dédiée à l'analyse approfondie des données recueillies au sein des foyers francophones établis aux E.A.U. Nous nous pencherons sur les pratiques linguistiques observées au sein de ces familles, les stratégies d'apprentissage mises en place par les parents pour promouvoir l'usage du français chez leurs enfants, ainsi que les défis significatifs qu'ils rencontrent dans un environnement où l'anglais prédomine.

L'objectif principal de cette analyse est de comprendre les actions concrètes mises en place par ces familles pour transmettre et maintenir le français comme langue première, ainsi que les stratégies qu'elles adoptent pour résister à la pression de l'anglais.

Nous explorerons en détail les résultats obtenus pour nos entretiens et questionnaires, en mettant en lumière les facteurs facilitants et les obstacles rencontrés par les familles francophones.

Il convient toutefois de souligner que cette analyse offre une photographie de la situation des familles à un moment donné, dans un contexte d'expatriation en constante évolution. En effet, les conditions de vie des expatriés peuvent être sujettes à des changements rapides, qu'il s'agisse des opportunités professionnelles, des choix de scolarisation ou encore des dynamiques linguistiques au sein des foyers. Ces évolutions influencent directement les stratégies mises en place par les familles pour maintenir le français et résister à l'anglicisation de leur environnement quotidien. Ainsi, les conclusions de cette étude doivent être envisagées dans cette perspective de flexibilité et d'adaptation propre à l'expatriation.

En effet, de nombreuses familles adaptent leur politique linguistique au fil du temps en fonction par exemple de l'évolution de leur enfant, notamment face aux difficultés qu'il peut rencontrer à un niveau plus avancé dans le système britannique ou également en fonction des perspectives d'avenir des parents, qu'il s'agisse d'un projet de retour dans un pays francophone ou, au contraire, d'une installation durable dans un environnement anglophone. Par ailleurs, nous avons constaté que plusieurs enfants rejoignent le système scolaire français sur le tard, pour des raisons que nous examinerons plus en détail ultérieurement.

Chapitre 4 : Construire un foyer francophone à l'étranger : profil et pratiques langagières des familles

Afin d'examiner les stratégies familiales de maintien du français des familles que nous avons interrogées, nous avons privilégié une approche mixte pour l'analyse des données, combinant des méthodes quantitatives et qualitatives. D'une part, les questionnaires ont fait l'objet d'une analyse descriptive afin d'identifier les tendances générales dans les réponses des parents. Certaines corrélations ont également été examinées, notamment entre la durée de résidence aux E.A.U. et les difficultés perçues dans le maintien d'une instruction formelle en français, ainsi que l'influence des représentations familiales sur l'exigence linguistique des familles.

D'autre part, les entretiens ont été analysés selon une approche thématique. Les réponses des parents ont été classées en grands thèmes, permettant d'identifier les discours dominants, le rapport à la langue française et les stratégies mises en place dans le cadre familial.

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4.1Portrait des familles

4.1.1. Familles ayant répondu au questionnaire

Avant d'analyser les réponses recueillies, il est important de préciser le profil des familles ayant participé à l'étude, ainsi que les facteurs ayant influencé le taux de participation au questionnaire.

Le regroupement des questionnaires et des entretiens dans une même section se justifie par la complémentarité des données obtenues. Les questionnaires fournissent des résultats quantitatifs permettant d'identifier les tendances générales et les perceptions majoritaires des familles quant au maintien du français. Toutefois, les entretiens, bien que plus approfondis, n'ont pas apporté d'informations véritablement nouvelles par rapport aux réponses recueillies par le questionnaire. Ainsi, plutôt que de leur consacrer une section distincte, nous avons intégré les témoignages des entretiens dans l'analyse des résultats quantitatifs, afin d'illustrer et de nuancer certaines tendances observées. Cette approche permet d'offrir une vision plus cohérente et synthétique des pratiques linguistiques familiales, tout en évitant des répétitions dans l'interprétation des données.

Mon questionnaire a reçu 26 réponses, ce qui peut paraitre relativement peu mais qui peut s'expliquer par le fait que la majorité des familles françaises résidant aux E.A.U choisissent d'inscrire leurs enfants dans le système éducatif français. Avec huit établissements homologués répartis entre Abu Dhabi et Dubaï, ces familles disposent d'un large choix pour maintenir la scolarisation en français.

Choisir le système éducatif français offre une stabilité précieuse pour les familles expatriées, notamment celles qui sont amenées à changer fréquemment de pays. En effet, les établissements français à l'étranger suivent des programmes homogènes, garantissant une continuité de l'enseignement, quel que soit le pays de résidence. Ce réseau, piloté par l'Agence pour l'Enseignement Français à l'Étranger (AEFE), permet aux enfants de bénéficier d'une éducation alignée avec le système scolaire français, facilitant ainsi les transitions d'un pays à l'autre. Cette stabilité est particulièrement bénéfique pour les familles qui, en raison de leur mobilité, cherchent à maintenir un cadre éducatif relativement stable pour leurs enfants.

Cette situation réduit le nombre de foyers concernés par la problématique du maintien du français dans un environnement scolaire anglophone, ce qui a limité la participation au sondage.

Dans le cadre de cette recherche, il était essentiel d'examiner la durée de résidence des familles francophones aux Émirats arabes unis afin d'évaluer son impact sur le maintien du français au sein du foyer. Les résultats du questionnaire montrent une diversité de profils : 35,3 % des répondants résident aux E.A.U depuis 1 à 3 ans, tandis que 23,5 % y vivent depuis 4 à 6 ans. La proportion la plus importante (41,2 %) est constituée de familles installées depuis plus de six ans, ce qui suggère une certaine stabilité pour une partie des répondants. Ces tendances démographiques s'inscrivent dans le contexte plus large du boom économique des E.A.U et de leur politique d'ouverture, qui ont favorisé l'arrivée de nombreux expatriés ces dernières décennies. Nous allons tenter d'explorer dans quelle mesure la durée de résidence influence les pratiques linguistiques familiales : les familles nouvellement arrivées peuvent être plus enclines à mettre en place des stratégies explicites de maintien du français, tandis que les résidents de longue durée doivent faire face aux défis de l'anglicisation progressive des enfants scolarisés en milieu international.

Les résultats du questionnaire montrent que la majorité des familles interrogées ont un enfant (41,2 %) ou deux enfants (23,5 %), tandis que 29,4 % en ont trois et 5,9 % en ont quatre. Cette répartition est cohérente avec les tendances observées chez les expatriés aux Émirats arabes unis, où le coût

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de la vie et les frais de scolarité influencent souvent la taille des familles. Ces données sont importantes pour analyser les dynamiques linguistiques au sein des foyers, notamment en ce qui concerne la transmission du français entre frères et soeurs.

Les âges des enfants des familles interrogées sont très variés, allant de 5 à 16 ans, sans prédominance d'une tranche d'âge spécifique. On note cependant que l'âge de 7 ans est le plus représenté (11,8 %). Cette diversité d'âges permet d'examiner l'influence de la scolarisation et de l'exposition à l'anglais sur le maintien du français, notamment en fonction des cycles scolaires et de l'intensité des interactions en français au sein du foyer.

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