1.2 Contacts de langues : concepts clés
En contexte de contacts de langues, la terminologie
liée au plurilinguisme varie pour décrire les pratiques et le
statut des langues impliquées. Ainsi, certains privilégient les
termes de langue première et langue seconde, qui reposent souvent sur
une distinction entre l'acquisition précoce et l'apprentissage
ultérieur d'une langue. En effet, la notion de langue seconde
renvoie à une langue apprise après la langue
première, dans un contexte où elle est utilisée de
manière significative dans la vie quotidienne, que ce soit pour
l'éducation, le travail ou les interactions sociales (Ellis, 1997)
Cependant, ces termes sont parfois critiqués pour leur manque de
clarté. Par exemple, Annick De Houwer (2009) souligne que le concept de
langue maternelle peut être trompeur, car il n'indique pas
nécessairement la langue dans laquelle un individu est le plus
compétent, mais plutôt celle qui est supposée avoir
été acquise en premier.
D'autres chercheurs préfèrent le terme de
langue d'héritage pour désigner les langues
parlées au sein des familles immigrantes ou minoritaires, qui ne sont
pas dominantes dans le pays d'accueil (Fishman, Guardardo 2018). Le terme
langue d'héritage désigne une langue minoritaire
transmise au sein de la sphère familiale, souvent dans un environnement
où une autre langue est dominante. Selon Montrul (2016), une langue
d'héritage est caractérisée par une acquisition
précoce, souvent informelle, dans un cadre familial, mais avec une
maîtrise qui peut varier selon les individus.
On pourra également trouver dans la littérature
le terme de langue minoritaire, souvent utilisé pour
désigner une langue parlée par un groupe minoritaire dans un
environnement où une autre langue est institutionnellement dominante.
Baker (2011) décrit ces langues comme étant à la fois un
outil de communication et un marqueur identitaire pour les locuteurs.
Aussi la notion de langue sociétale est souvent
opposée à celle de langue non sociétale,
particulièrement dans les contextes multilingues. Genesee (2015) insiste
sur le fait que la langue sociétale est généralement celle
utilisée dans les institutions publiques et pour la communication
intergroupe, alors que les langues non sociétales sont souvent
cantonnées à l'usage privé ou familial.
L'usage des termes langue d'héritage, langue
seconde ou encore langue minoritaire n'est pas neutre. Ces
désignations reflètent souvent des dynamiques de pouvoir, des
idéologies linguistiques et des préoccupations identitaires
propres aux contextes de migration (Guardado ,2018).
Pour notre mémoire nous utiliserons la terminologie
langue première ou langue d'héritage pour le français et
langue seconde pour l'anglais. En effet, bien que l'acquisition des deux
langues se fait parfois simultanément, le français est la langue
parlée à la maison, en famille, et constitue la langue des
premiers contacts linguistiques. Il s'agit donc d'une langue d'exposition
première, qui est, aux émirats, minoritaire et
non-sociétale. D'autre part,
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l'anglais représente la langue seconde, introduite plus
tard, parlée à l'extérieur comme une langue
sociétale et donc majoritaire.
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