3. Quelques méthodes de planification, de suivi et
d'évaluation des interventions des organismes de
développement
Il existe plusieurs méthodes de planification, de suivi
et d'évaluation que les organismes internationaux utilisent souvent pour
faire le choix du projet ou programme mais aussi pour suivre et faire des
jugements de valeur afin d'en dégager les limites. Cependant, en ce qui
concerne notre travail, nous nous baserons surtout à la méthode
d'analyse du cadre logique (ACL).
F Analyse cadre logique (ACL) :
Cette dernièreest considérée comme une
« aide à la réflexion ». Elle permet d'analyser et
d'organiser l'information de façon structurée, de sorte que les
questions importantes soient posées, que les points faibles soient
identifiés et que les décideurs soient en mesure de prendre des
décisions éclairées fondées sur une meilleure
compréhension de la raison d'être du projet, des objectifs
visés et des moyens grâce auxquels ces objectifs vont être
atteints. (Commission européenne,
2004)
Il faut distinguer l'ACL, qui est un processus analytique
(comprenant l'analyse des parties prenantes, l'analyse des problèmes, la
fixation d'objectifs et le choix d'une stratégie), de la matrice duCadre
Logique (MCL) qui, tout en nécessitant également l'analyse des
objectifs de la stratégie et des risques potentiels, constitue le
produit de la méthode d'analyse.
A. Qu'est-ce que le cadre logique
?
Le cadre logique est un outil qui a été
développé dans les années 1970 et utilisé depuis
lors par de nombreux organismes différents.
Cette méthode implique la mise en forme des
résultats d'une analyse de manière à présenter de
façon systématique et logique les objectifs d'un
projet/programme. La mise en forme doit refléter les liens de
causalité entre les différents niveaux d'objectifs, indiquer
comment on peut vérifier si les objectifs ont été
réalisés et définir quelles sont les hypothèses,
échappant au contrôle du projet/programme, susceptibles
d'influencer sa réussite. Les résultats principaux de ce
processus sont résumés dans une matrice (le cadre logique) qui
décrit les aspects les plus importants d'un projet ou programme.
B. Les limites du cadre logique
Le cadre logique s'est avéré utile pour les
personnes chargées de la préparation et de la mise en oeuvre de
projets. Il leur permet de mieux structurer et formuler leur réflexion
et de l'exprimer d'une façon claire et standardisée. Si les
politiques sont mal conçues, ou si la logique « ne tient
pas », le cadre logique devrait en révéler les
contradictions, bien qu'il ne soit pas en mesure, à lui seul, de
concevoir de meilleures politiques.
Le cadre logique n'est donc qu'un outil pour améliorer
la planification et la mise en oeuvre. Toutefois, un outil, aussi bon soit-il,
ne peut pas, à lui seul, garantir des résultats positifs. La
réussite d'un projet/programme dépend de nombreux autres
facteurs, tels que la capacité organisationnelle de l'équipe ou
des organismes responsables de la mise en oeuvre.
C. Etapes du cadre logique
L'élaboration d'un cadre logique comporte deux
étapes, qui se déroulent progressivement dans les phases
d'identification et d'instruction du cycle de projet :
a. L'étape d'analyse : durant
cette étape la situation existante est analysée pour
développer une vision de la « situation future souhaitée
» et sélectionner les stratégies à utiliser pour y
parvenir. L'idée clé est que les projets ou programmes sont
conçus pour résoudre des problèmes rencontrés par
des groupes cibles ou bénéficiaires, femmes et hommes, et
répondre à leurs besoins et intérêts.
Il existe quatre types d'analyse à effectuer :
- L'analyse des parties prenantes ;
- L'analyse des problèmes (image de la
réalité) ;
- L'analyse des objectifs (image d'une situation future
améliorée) ;
- L'analyse des stratégies (comparaison de
différentes options en réponse à une situation
donnée).
b. L'étape de planification :
durant cette étape l'idée de projet se traduit en un plan
opérationnel pratique, prêt à la mise oeuvre. C'est
à cette étape que le cadre logique est élaboré, et
que les activités et ressources sont définies et
intégrées dans leurs calendriers respectifs.
F Modèle cadre logique :
Selon Nancy L. PORTEOUS (2009), le
modèle logique constitue un outil indispensable de planification qui
favorise la réussite d'une évaluation en matière de
projet. Ce modèle permet de compiler et de visualiser les informations
concernant un projet donné à l'aide d'un schéma, afin de
favoriser la compréhension des enjeux de l'intervention. Il est
souhaitable d'élaborer le modèle logique du projet à
l'étape de sa planification. Au cas où il n'y a pas de
modèle logique ou quand le modèle logique n'a pas
été défini, les évaluateurs sont contraints d'en
élaborer en sur la base des documents (rapports, compte rendu de
réunions...) du projet.
Il nous paraît intéressant de définir ici
les termes communs qu'on utilise dans un modèle logique pour
décrire les principaux éléments d'un projet.
F Quoi ? : Les composantes d'un
projet sont des séries d'activités étroitement
liées, les activités sont les mesures mises en oeuvre par le
projet pour parvenir aux résultats désirés.
F Qui ? : On peut dire que
les groupes cibles sont les clientèles, individus, groupes,
collectivités ou organismes à qui s'adresse le projet.
F Pourquoi ? : Les
résultats sont les changements que l'on compte effectuer par l'entremise
du projet.
D'autres éléments communs aux projets non moins
importants sont aussi à relever. Ce sont en l'occurrence :
- Les intrants : sont les ressources qui
permettent la réalisation des activités ;
- Les extrants : sont les services, les
éléments ou les biens produits par les activités ;
- Les facteurs contributifs :
représentent ce qui explique que les activités ou les intrants
produisent les résultats (l'intérêt, la participation ainsi
que la réaction des bénéficiaires vis-à-vis du
projet) ;
- Les facteurs externes : sont des
éléments situés à l'extérieur du champ
d'intervention du projet, mais qui peuvent exercer une influence sur ce
dernier.
Bien qu'indispensable pour la réussite d'une
évaluation de projet, le modèle logique peut comporter certains
risques et inconvénients. L'utilisation du modèle logique exige
parfois du temps. Par ailleurs, il ne s'agit que d'une représentation de
la réalité par un simple modèle qui ne saurait prendre en
compte tous les volets du projet. On risque de simplifier le projet, par
exemple en omettant d'illustrer de façon adéquate le contexte du
projet et les influences externes pouvant agir sur lui. On risque aussi de
transformer des systèmes complexes en systèmes
linéaires.
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