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Essai d'etude evaluative des projets de developpement executes par CAJED et leur impact dans la protection de l'enfance en ville de Goma


par Frank Enjili Matata
Institut Supérieur de Développement Rural des Grands-Lacs - Licence 2022
  

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3. Quelques méthodes de planification, de suivi et d'évaluation des interventions des organismes de développement

Il existe plusieurs méthodes de planification, de suivi et d'évaluation que les organismes internationaux utilisent souvent pour faire le choix du projet ou programme mais aussi pour suivre et faire des jugements de valeur afin d'en dégager les limites. Cependant, en ce qui concerne notre travail, nous nous baserons surtout à la méthode d'analyse du cadre logique (ACL).

F Analyse cadre logique (ACL) :

Cette dernièreest considérée comme une « aide à la réflexion ». Elle permet d'analyser et d'organiser l'information de façon structurée, de sorte que les questions importantes soient posées, que les points faibles soient identifiés et que les décideurs soient en mesure de prendre des décisions éclairées fondées sur une meilleure compréhension de la raison d'être du projet, des objectifs visés et des moyens grâce auxquels ces objectifs vont être atteints. (Commission européenne, 2004)

Il faut distinguer l'ACL, qui est un processus analytique (comprenant l'analyse des parties prenantes, l'analyse des problèmes, la fixation d'objectifs et le choix d'une stratégie), de la matrice duCadre Logique (MCL) qui, tout en nécessitant également l'analyse des objectifs de la stratégie et des risques potentiels, constitue le produit de la méthode d'analyse.

A. Qu'est-ce que le cadre logique ?

Le cadre logique est un outil qui a été développé dans les années 1970 et utilisé depuis lors par de nombreux organismes différents.

Cette méthode implique la mise en forme des résultats d'une analyse de manière à présenter de façon systématique et logique les objectifs d'un projet/programme. La mise en forme doit refléter les liens de causalité entre les différents niveaux d'objectifs, indiquer comment on peut vérifier si les objectifs ont été réalisés et définir quelles sont les hypothèses, échappant au contrôle du projet/programme, susceptibles d'influencer sa réussite. Les résultats principaux de ce processus sont résumés dans une matrice (le cadre logique) qui décrit les aspects les plus importants d'un projet ou programme.

B. Les limites du cadre logique

Le cadre logique s'est avéré utile pour les personnes chargées de la préparation et de la mise en oeuvre de projets. Il leur permet de mieux structurer et formuler leur réflexion et de l'exprimer d'une façon claire et standardisée. Si les politiques sont mal conçues, ou si la logique « ne tient pas », le cadre logique devrait en révéler les contradictions, bien qu'il ne soit pas en mesure, à lui seul, de concevoir de meilleures politiques.

Le cadre logique n'est donc qu'un outil pour améliorer la planification et la mise en oeuvre. Toutefois, un outil, aussi bon soit-il, ne peut pas, à lui seul, garantir des résultats positifs. La réussite d'un projet/programme dépend de nombreux autres facteurs, tels que la capacité organisationnelle de l'équipe ou des organismes responsables de la mise en oeuvre.

C. Etapes du cadre logique

L'élaboration d'un cadre logique comporte deux étapes, qui se déroulent progressivement dans les phases d'identification et d'instruction du cycle de projet :

a. L'étape d'analyse : durant cette étape la situation existante est analysée pour développer une vision de la « situation future souhaitée » et sélectionner les stratégies à utiliser pour y parvenir. L'idée clé est que les projets ou programmes sont conçus pour résoudre des problèmes rencontrés par des groupes cibles ou bénéficiaires, femmes et hommes, et répondre à leurs besoins et intérêts.

Il existe quatre types d'analyse à effectuer :

- L'analyse des parties prenantes ;

- L'analyse des problèmes (image de la réalité) ;

- L'analyse des objectifs (image d'une situation future améliorée) ;

- L'analyse des stratégies (comparaison de différentes options en réponse à une situation donnée).

b. L'étape de planification : durant cette étape l'idée de projet se traduit en un plan opérationnel pratique, prêt à la mise oeuvre. C'est à cette étape que le cadre logique est élaboré, et que les activités et ressources sont définies et intégrées dans leurs calendriers respectifs.

F Modèle cadre logique :

Selon Nancy L. PORTEOUS (2009), le modèle logique constitue un outil indispensable de planification qui favorise la réussite d'une évaluation en matière de projet. Ce modèle permet de compiler et de visualiser les informations concernant un projet donné à l'aide d'un schéma, afin de favoriser la compréhension des enjeux de l'intervention. Il est souhaitable d'élaborer le modèle logique du projet à l'étape de sa planification. Au cas où il n'y a pas de modèle logique ou quand le modèle logique n'a pas été défini, les évaluateurs sont contraints d'en élaborer en sur la base des documents (rapports, compte rendu de réunions...) du projet.

Il nous paraît intéressant de définir ici les termes communs qu'on utilise dans un modèle logique pour décrire les principaux éléments d'un projet.

F Quoi ? : Les composantes d'un projet sont des séries d'activités étroitement liées, les activités sont les mesures mises en oeuvre par le projet pour parvenir aux résultats désirés.

F Qui ? : On peut dire que les groupes cibles sont les clientèles, individus, groupes, collectivités ou organismes à qui s'adresse le projet.

F Pourquoi ? : Les résultats sont les changements que l'on compte effectuer par l'entremise du projet.

D'autres éléments communs aux projets non moins importants sont aussi à relever. Ce sont en l'occurrence :

- Les intrants : sont les ressources qui permettent la réalisation des activités ;

- Les extrants : sont les services, les éléments ou les biens produits par les activités ;

- Les facteurs contributifs : représentent ce qui explique que les activités ou les intrants produisent les résultats (l'intérêt, la participation ainsi que la réaction des bénéficiaires vis-à-vis du projet) ;

- Les facteurs externes : sont des éléments situés à l'extérieur du champ d'intervention du projet, mais qui peuvent exercer une influence sur ce dernier.

Bien qu'indispensable pour la réussite d'une évaluation de projet, le modèle logique peut comporter certains risques et inconvénients. L'utilisation du modèle logique exige parfois du temps. Par ailleurs, il ne s'agit que d'une représentation de la réalité par un simple modèle qui ne saurait prendre en compte tous les volets du projet. On risque de simplifier le projet, par exemple en omettant d'illustrer de façon adéquate le contexte du projet et les influences externes pouvant agir sur lui. On risque aussi de transformer des systèmes complexes en systèmes linéaires.

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