4.
L'évaluation des projets
a. Définition
Il existe un grand nombre de définitions de
l'évaluation. Sa définition dépend du contexte dans lequel
elle utilisée.
Pour DE KETELE (1986), évaluer
signifie examiner le degré d'adéquation entre un
ensembled'informations et un ensemble de critères adéquats
à l'objectif fixé, en vue de prendre une décision.
L'évaluation a pour but ultime de porter un jugement de valeur sur
uneactivité, un service ou n'importe quelle partie du projet. Ce
jugement sera toujours basé sur des critères et des normes
explicites ou non.
Cependant, CHAMPAGNE at.al. (1985), nous fait
voir que l'emploi du terme jugement ramène l'évaluation à
déterminer si les objectifs du projet ont été atteints ou
non. Or l'évaluation doit aussi chercher à savoir comment le
projet fonctionne et dans quel contexte, quels sont les problèmes ou les
questions qu'il soulève, quels effets non voulus en résultent,
qui touche et quelles sont les principales fonctions de
l'évaluation ?
b. L'évaluation comme processus
régulateur des actions du projet
L'évaluation d'un projet est le moment pendant lequel,
les acteurs du projet se donnent le temps de vérifier
l'adéquation entre les activités, les démarches, les
règles, les règlements choisis et les objectifs de
départ.
La régulation peut tendre à maintenir
l'équilibre du fonctionnement par rapport à une norme, à
un projet en opérant les erreurs, les déviations, en palliant les
dysfonctionnements et en valorisant les réussites et tout ce qui va dans
le sens du projet initial (C'est la régularisation). Mais, la
régulation peut aussi infléchir le sens même de la
règle antérieurement fixée ou le projet, être une
mise en question des normes, des règles, une divergence.
La régulation, est d'ailleurs décrite en trois
types par Michel Vial (1997) et trouve sa place dans un projet
d'intervention. Il s'agit de la régulation cybernétique, la
relation systémique et la régulation comme un complexe.
1) La régulation cybernétique :
Il s'agit là en premier lieu, de bien préciser
la nature de la tâche à accomplir, de définir les
résultats attendus, puis de contrôler ce qui a été
produit. Ce contrôle peut être le fait des différents
acteurs du projet, les partenaires exécutifs lors de la mise en oeuvre
du projet, un expert externe en évaluation (consultant) ou les
bénéficiaires du projet qui exercent une auto-évaluation.
De toutes les manières, il est question de vérifié si le
produit réalisé est conforme au produit attendu.
De toutes les manières il est question de
vérifier si le produit réalisé est conforme au produit
attendu. Si tel n'est pas le cas, il est indispensable de procéder
à un réajustement pour obtenir un produit convenable à
celui attendu sous forme d'évaluation d'adaptation.
2) La régulation symétrique :
La régulation systémique, à la
différence de la régulation cybernétique, elle se centre
sur le processus. Pour fonder cette différence, Michel Vial
(1997) op.cit., parle de divergence. Au lieu de corriger l'erreur
commise dans la régulation cybernétique, il faut l'exploiter. Ce
qui amène les acteurs du projet à dévier du cap initial
sans sortir du domaine d projet.
3) La régulation comme un
complexe :
Cette régulation intègre la régulation
cybernétique mais aussi la régulation systémique. En
effet, le produit et les acteurs de la production passant par les processus
sont tous concernés.
Il s'agit alors d'une complémentarité et non
d'une opposition. C'est pourquoi, Michel Vial (1997) op.cit.,
propose des termes comme : articuler, conjuguer, mettre en lien.
L'évaluation doit donc intervenir à tous les stades de la mise en
oeuvre d'un projet.
c. L'évaluation externe
Une évaluation est qualifiée d'externe lorsque
la structure qui souhaite évaluer ses actions fait appel à des
experts extérieurs.
ü Avantages de l'évaluation externe :
Elle est nécessaire car l'extériorité
rend plus probable son indépendance, son impartialité et son
objectivité.
Parmi les arguments présentés en faveur de
l'évaluation externe, NADEAU (1981), cite une plus
grande objectivité ; l'aptitude à inclure des
critères évaluatifs qui concernent les prémices
organisationnelles de base ; la possibilité d'agir comme agent
médiateur s'il existe des conflits internes ; un statut mieux
protégé ; une plus grande facilité à
éviter des tâches indésirables et qui ne font pas partie de
l'évaluation. Une telle évaluation serait la bienvenue car elle
permettrait aux acteurs du projet de déceler ses failles et de les
corriger.
Un autre avantage de l'évaluation externe est qu'elle
favorise l'obtention de financement. En effet, la plupart des bailleurs de
fonds exigent une évaluation externe pour les actions financées.
Cependant, force est de constater qu'il n'est pas possible d'effectuer une
évaluation externe de toutes les actions car pour assurer un suivi plus
complet des activités, les agents sont invités à
évaluer eux-mêmes les actions dont ils assurent la conduite.
d. L'évaluation interne
L'évaluation interne est réalisée par les
acteurs du projet eux-mêmes.
ü Avantages de l'évaluation interne :
Son exercice permet une appropriation par le plus grand nombre
d'agents possible, de la pratique et de la culture de l'évaluation. Il
contribue à la rationalisation des méthodes de travail.
Parmi les arguments formulés en faveur de
l'évaluation interne, NADEAU (1981) op.cit.,
relève plus d'aptitudes à développer une connaissance
détaillée de l'organisation et de ses programmes et une meilleure
position pour faire de l'évaluation continue.
Pour Jacques DANANCIER (2004), il s'agit
avant tout d'initialiser une dynamique dans laquelle le souci
d'appréciation des évolutions aura une place quantitativement et
fonctionnellement plus ample et plus continue. Pour cet auteur, les formes que
peut revêtir l'évaluation interne dans un système sont
multiples. Ainsi propose-t-il trois formes :
F L'évaluation de conformité attachée
à lecture générale des prestations et de
l'organisation ;
F L'évaluation de conformité attachée
à la relecture générale des prestations et de
l'organisation ;
F L'évaluation dynamique interne de projet dans sa
dimension qualitative fonctionnelle et de résultat, elle accompagne le
déroulement des actions ;
F Les évaluations d'autodiagnostic et évaluation
du partenariat.
Pour DANANCIER (2004) op.cit.,
« les premières sont en lien direct avec la dynamique de
projet, les deux dernières tendent à répondre à une
préoccupation contemporaine dont nous mesurons
régulièrement l'ampleur d nos fonctions... ». Si les
arguments ne manquent pas pour justifier le bien-fondé de
l'évaluation, c'est que celle-ci nous permet de nous fixer des objectifs
et d'y aboutir car comme le dit Yvan ABERNOT
(1996),« l'amélioration de l'évaluation
par celle des objectifs, car si l'on ne sait pas où l'on va, il est
difficile de s'y rendre et de savoir s'il reste beaucoup de chemin à
parcourir ». L'atteinte des objectifs d'une évaluation
s'appuie sur des normes et standards qui participent vigoureusement à la
professionnalisation des experts.
e. Suivi de l'évaluation
L'évaluation exige une réponse explicite de la
part des autorités auxquelles s'adressent ces recommandations. Il peut
s'agir de mesures en matière de gestion d'un plan d'action ou d'un
accord précisant clairement les responsabilités (dont celle
de rendre compte).
Il doit y avoir un suivi systématique de l'application
des recommandations formulées dans l'évaluation qui ont
été acceptées par la direction ou les organes directeurs.
L'application des recommandations découlant de l'évaluation
devrait faire l'objet d'un rapport périodique adressé aux organes
directeurs ou au chef de l'organisation.
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