II.1.12. Difficultés
rencontrés par les caféiculteurs
De la manière que nous avons analysés les
différentes pratiques au point précédent, c'est de la
même façon que nous allons procéder pour discuter les
résultats qui cadrent avec les difficultés tel que repris au
tableau n° 13 du premier chapitre.
En ce qui concerne la difficulté liée aux
maladies des caféiers, les résultats de nos enquêtes
révèlent que 75% des caféiculteurs de Lugendo connaissent
des problèmes de maladies dans leurs champs ; contre 24% des
caféiculteurs qui ont indiqués ne pas connaitre ce
problème.
Ceci s'explique par un manque d'entretien des caféiers
notamment le taillage ; les mauvaises pratiques tel que le ramassage des
plantules non saines qui disséminent les maladies, l'association
des caféiers avec des cultures compétitives en nutriments telles
que les tubercules sont autant de causes qui expliquent la persistances des
maladies des caféiers dans le groupement de Lugendo dont les plus
courantes sont : la rouille du caféier, l'anthracnose des baies,
ainsi que les nématodes .
Quant à la difficulté d'insuffisance d'outils,
nos résultats d'enquêtes prouvent que, 70% des
caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés à
l'insuffisance d'outils nécessaires pour l'entretien des caféiers
contre 28% qui indiquent ne pas connaitre cette difficulté.
Ceci s'explique par le fait que bon nombres des
caféiculteurs ont du mal à accéder aux outils
appropriés pour le taillage du café ; insuffisance d'outil
pour le séchage tel des bâches ou des claies de séchage. A
défaut de disposer de ces outils, bon nombre des caféiculteurs
utilise des outils inappropriés tels que la machette pour faire le
taillage, le séchage du café en même le sol par manque des
claies de séchage, ce qui pourrait altérer la qualité du
café.
Pour la difficulté d'accéder au crédit
nos résultats de terrain indiquent que 57% de caféiculteurs de
Lugendo éprouvent des difficultés d'accéder au
crédit.
Cette situation s'expliquerait par le fait que les
caféiculteurs ne sont pas organisés en des coopératives
qui pourraient leur permettre de trouver du crédit qu'ils peuvent
rembourser après récolte. Faute de ça, plusieurs
caféiculteurs se retrouvent parfois obligés de vendre leurs
caféiers avant même qu'ils ne fleurissent et cela à moindre
prix.
Concernant la difficulté liée au faible prix du
café, les résultats de nos enquêtes indiquent que 78% des
caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés au
problème de faible prix auquel le café est acheté sur le
marché local. Cette situation s'explique par le fait que les
caféiculteurs n'ont aucune information sur le marché du
café à quelque niveau que ce soit, ces derniers n'ont pas
d'autres choix que de vendre au prix offert par le marché local. Tel que
nous l'avons indiqués au quatrième point de ce chapitre où
nous discutons des résultats qui cadrent avec la question liée
aux acheteurs au près des quels les caféiculteurs du groupement
de Lugendo vendent leurs cafés ; ou nous avons montrés que
c'est parce que les négociants en provenance du Rwanda proposent un
meilleur prix par rapport à celui du marché local que plusieurs
caféiculteurs leur vendent du café.
Ces résultats sont contredit par Marie Esprit
Léon WALRAS dans son ouvrage
« « Eléments d'économie politique
pure » » ou il imagine un monde
économique dans lequel d'un côté on a un grand nombre de
petits producteurs, tous identiques et disposant de la même technologie
de production. Sur l'autre versant, celui de la demande, il y a des
consommateurs avec des ressources et des préférences identiques
et données. Ces producteurs et ces consommateurs cherchent à
maximiser leurs objectifs respectifs de profit et de satisfaction (ou
utilité) compte tenu des prix et des ressources.
Le profit des producteurs dépend de leurs ventes. Les
ventes dépendent de la demande des consommateurs. La demande des
consommateurs dépend de leurs revenus. Leurs revenus dépendent de
la vente de leurs ressources (travail, compétences, terrains, etc.) aux
producteurs. Ainsi, on le voit, tous les consommateurs et les producteurs d'un
équilibre général sont interdépendants. La
prouesse de WALRAS 1874 réside dans le fait que dans ce système
complexe le nombre d'équations est suffisant pour déterminer
l'ensemble des inconnues, c'est-à-dire les prix qui, sur chaque
marché, équilibrent l'offre et la demande.
Un équilibre général de production et
d'échange peut alors être défini. Cet équilibre est
caractérisé par le fait que la demande égale l'offre sur
chaque marché, aussi bien la demande et l'offre des différents
services productifs que la demande et l'offre des divers produits. En outre,
cet équilibre est caractérisé par l'égalité
entre le prix de chaque produit et son coût de production (la somme du
coût des services productifs entrant dans sa fabrication)(21)
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