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Les défis d'encadrement des petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo en territoire de Kabare au sud-Kivu


par James BIBENTYO KAMUNGU
Institut supérieur de Développement Rural ISDR/Bukavu - Master 2023
  

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II.1.12. Difficultés rencontrés par les caféiculteurs

De la manière que nous avons analysés les différentes pratiques au point précédent, c'est de la même façon que nous allons procéder pour discuter les résultats qui cadrent avec les difficultés tel que repris au tableau n° 13 du premier chapitre.

En ce qui concerne la difficulté liée aux maladies des caféiers, les résultats de nos enquêtes révèlent que 75% des caféiculteurs de Lugendo connaissent des problèmes de maladies dans leurs champs ; contre 24% des caféiculteurs qui ont indiqués ne pas connaitre ce problème.

Ceci s'explique par un manque d'entretien des caféiers notamment le taillage ; les mauvaises pratiques tel que le ramassage des plantules non saines qui disséminent les maladies, l'association des caféiers avec des cultures compétitives en nutriments telles que les tubercules sont autant de causes qui expliquent la persistances des maladies des caféiers dans le groupement de Lugendo dont les plus courantes sont : la rouille du caféier, l'anthracnose des baies, ainsi que les nématodes .

Quant à la difficulté d'insuffisance d'outils, nos résultats d'enquêtes prouvent que, 70% des caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés à l'insuffisance d'outils nécessaires pour l'entretien des caféiers contre 28% qui indiquent ne pas connaitre cette difficulté.

Ceci s'explique par le fait que bon nombres des caféiculteurs ont du mal à accéder aux outils appropriés pour le taillage du café ; insuffisance d'outil pour le séchage tel des bâches ou des claies de séchage. A défaut de disposer de ces outils, bon nombre des caféiculteurs utilise des outils inappropriés tels que la machette pour faire le taillage, le séchage du café en même le sol par manque des claies de séchage, ce qui pourrait altérer la qualité du café.

Pour la difficulté d'accéder au crédit nos résultats de terrain indiquent que 57% de caféiculteurs de Lugendo éprouvent des difficultés d'accéder au crédit.

Cette situation s'expliquerait par le fait que les caféiculteurs ne sont pas organisés en des coopératives qui pourraient leur permettre de trouver du crédit qu'ils peuvent rembourser après récolte. Faute de ça, plusieurs caféiculteurs se retrouvent parfois obligés de vendre leurs caféiers avant même qu'ils ne fleurissent et cela à moindre prix.

Concernant la difficulté liée au faible prix du café, les résultats de nos enquêtes indiquent que 78% des caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés au problème de faible prix auquel le café est acheté sur le marché local. Cette situation s'explique par le fait que les caféiculteurs n'ont aucune information sur le marché du café à quelque niveau que ce soit, ces derniers n'ont pas d'autres choix que de vendre au prix offert par le marché local. Tel que nous l'avons indiqués au quatrième point de ce chapitre où nous discutons des résultats qui cadrent avec la question liée aux acheteurs au près des quels les caféiculteurs du groupement de Lugendo vendent leurs cafés ; ou nous avons montrés que c'est parce que les négociants en provenance du Rwanda proposent un meilleur prix par rapport à celui du marché local que plusieurs caféiculteurs leur vendent du café.

Ces résultats sont contredit par Marie Esprit Léon WALRAS dans son ouvrage « « Eléments d'économie politique pure » » ou il imagine un monde économique dans lequel d'un côté on a un grand nombre de petits producteurs, tous identiques et disposant de la même technologie de production. Sur l'autre versant, celui de la demande, il y a des consommateurs avec des ressources et des préférences identiques et données. Ces producteurs et ces consommateurs cherchent à maximiser leurs objectifs respectifs de profit et de satisfaction (ou utilité) compte tenu des prix et des ressources.

Le profit des producteurs dépend de leurs ventes. Les ventes dépendent de la demande des consommateurs. La demande des consommateurs dépend de leurs revenus. Leurs revenus dépendent de la vente de leurs ressources (travail, compétences, terrains, etc.) aux producteurs. Ainsi, on le voit, tous les consommateurs et les producteurs d'un équilibre général sont interdépendants. La prouesse de WALRAS 1874 réside dans le fait que dans ce système complexe le nombre d'équations est suffisant pour déterminer l'ensemble des inconnues, c'est-à-dire les prix qui, sur chaque marché, équilibrent l'offre et la demande.

Un équilibre général de production et d'échange peut alors être défini. Cet équilibre est caractérisé par le fait que la demande égale l'offre sur chaque marché, aussi bien la demande et l'offre des différents services productifs que la demande et l'offre des divers produits. En outre, cet équilibre est caractérisé par l'égalité entre le prix de chaque produit et son coût de production (la somme du coût des services productifs entrant dans sa fabrication)(21)

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