II.3. REVUE DES TRAVAUX
RECENTS DANS LE DOMAINE
Tout récemment en 2024, des jeunes chercheurs en
génie sanitaire ont publié le résultat de leurs travaux de
fin d'études. Il s'agit deAWONO MBEGA et al., (2024) qui ont
montré que la pollution de l'eau (25%) et de l'air (20%) sont les
principales préoccupations, suivies par la pollution du sol (15%),
sonore (10%), olfactive (10%), thermique (5%), biologique (5%), chimique (5%),
et par les plastiques (5%). Ces pollutions entraînent divers impacts sur
la santé, allant des maladies hydriques et respiratoires aux
intoxications chimiques et perturbations endocriniennes.Ces résultats
sont similaires à ceux observés dans d'autres études,
où les impacts sur la santé des pollutions liées aux
abattoirs sont souvent significatifs (EPA, 2020) et parallèlement une
étude a été faite en 2015 dans les abattoirs celle-ci a
mis en exergue les différents types d'agent pathogènes qui sont
renfermés dans les déchets d'abattoir. Il s'agit entre autresde
charbon bactéridien (Brucellose, Salmonellose, Tuberculose) pouvant
causer des maladies gastroentériques et des et des infections
pulmonaires (Leila, 2015). Elle a conclu son travail en insistant sur le fait
que la gestion des déchets à l'abattoir de Biyem nécessite
des améliorations significatives pour minimiser les impacts
environnementaux et sanitaires. Les mesures actuelles de gestion des
déchets sont insuffisantes et nécessitent une sensibilisation et
une formation accrues du personnel. Les différentes formes de pollution
qu'elle y a identifié soulignent l'importance de mettre en place des
mesures de gestion adéquates pour protéger la santé
publique et l'environnement de Biyem par Ayos.
KAMEGNE KAMTOH et al. (2020) ont constaté à
l'issue d'une étude similaire portant sur le traitement des eaux
usées brassicoles, que les différents résultats montrent
une forte variation des caractéristiques physicochimiques de l'eau au
fil du temps, ce qui implique la nécessité d'un bassin tampon
dans la conception de la station de traitement.Ils ont également conclu
leurs travaux en indiquant que la station de traitement (à sept (07)
unités) conçue pour un traitement poussé permettant de
recycler près de 676 m3 d'eau non potable par heure garanti
un taux de réutilisation de 100%. Son coût d'investissement
calculé par la méthode empirique est de 370 000 000 F cfa Hors
taxes. Par contre, les taxes d'assainissement à payer pour la même
charge polluante s'élèvent à 1 128 100 000 Fcfa. La mise
en place de telles stations de traitement des eaux usées à des
fins de réutilisation pour les usages mineurs en entreprise constitue
une solution durable pour la gestion de la ressource en entreprise avec un
impact important sur la rentabilité économique de l'entreprise.
BISIMWA KAYEYE, (2014)a indiqué à l'issue de ses
recherches que les eaux usées de l'abattoir municipal de la ville de
Bukavu présentent des valeurs desparamètres physico-chimiques
majeurs de pollution qui dépassent relativement lesvaleurs limites
générales des rejets directs et indirects dans le milieu
récepteur, ce qui représente un risque de pollution
environnementale pour cedernier d'où la nécessité d'un
traitement de ces eaux usées brutes.Au terme de l'évaluation de
degré de pollution organique, il a constaté quel'ensemble des
paramètres étudiés (en particulier avec la
DBO5, la DCO et les MES)situent les eaux usées
analysées dans la tranche à concentration moyenne à
élever. Par ailleurs, selon la classification des effluents urbains
réalisée par l'OfficeNational de l'Eau Potable, ces eaux
usées sont 5 à 7 fois plus chargées en matière
organique. En plus de la matière organique,elles contiennent les
quantités adéquates d'azote organique pour subvenir aux
besoinsdes microorganismes épurateurs des systèmes biologiques,
cependant, lesortho phosphates avec des concentrations faibles peuvent
présenter un problème pour le traitement biologique. Il a ensuite
conclu que les eaux usées de ce rejet sont facilement
biodégradables même si les rapports DBO5/DCO et
MES/DBO5 sont élevés.L'examen du rapport
DCO/DBO5 souligne bien le caractère biodégradable des
eaux uséesde l'abattoir auxquelles un traitement biologique paraît
tout à fait convenable.Le traitement de ces eaux usées est
nécessaire afin de produire un effluent qui respecteles normes de rejets
directs et indirects selon le Ministère de l'Environnement (Bisimwa et
al., 2014). L'abattoir ELAKAT génère une eau usée qui
convient au traitement biologique entermes de DBO5, MES, et
substances nutritives (nitrates, nitrites et orthophosphates).Cependant, il
faut tenir compte les caractéristiques physico-chimiques
etmicrobiologiques des eaux usées domestiques mélangées
avec les effluents de l'abattoir.
La pollution environnementale représente toute
altération significative et d'origine humaine de l'état naturel
d'un milieu (air, eau, sol), que cette altération résulte d'une
modification des concentrations des éléments chimiques naturels
(matières organiques, gaz à effet de serre), de l'introduction de
substances synthétiques (pesticides, micropolluants), ou d'une
perturbation des équilibres physiques et biologiques (changement des
flux thermiques, rayonnement, ou introduction d'espèces invasives). Elle
se traduit par une dégradation fonctionnelle de
l'écosystème.(Schwarzenbach et al., 2022).
Les déchets qui polluent l'environnement peuvent se
présenter à l'état gazeux (produits de combustion,
produits volatils, composés chimiques dissipés dans l'air par
évaporation), à l'état liquide (eaux usées, eaux
pluviales et de ruissellement urbain, eaux de ruissellement des Zones
agricoles) ou à l'état solide (ordures ménagères,
résidus divers). La présente étude porte sur les rejets
liquides et elle s'intéresse préférentiellement aux eaux
usées.
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