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Conception et dimensionnement d'un système optimisé de traitement des effluents de l'abattoir de Saint-Cloud dans l'arrondissement d'Ebolowa II


par Sidoine Dave YAGOUE KAMENI
Université d'Ebolowa - 2iE Ouagadougou - GSGS - Master ANC 2025
  

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CHAPTITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION

IV.1. DESCRIPTION DE L'ETUDE DIAGNOSTIQUE DU MODE DE GESTION DES EAUX USEES DE L'ABATTOIR

Pour atteindre cet objectif spécifique, deux examens systématiques préalables ont été retenu : l'Audit Environnemental du bâtiment et de ses installations et l'Etude d'Impact Environnemental et Social du système optimisé proposé. Il y a été question de mettre en évidence les impacts des activités sur les écosystèmes voisins de l'abattoir de Saint-Cloud, aux travers d'interview direct des employés de la structure, des ménages et formations sanitaires dans le voisinage. Pour ce fait, la matrice descriptive du module A de MOSAR (Tableau 3) qui présente de façon détaillée ; le poste de travail, les modes de gestion des déchets, les types et quantités produits dans l'abattoir a permis d'identifier les différents effluents solides et liquides générés lors du processus d'abattage des bovins au sein de l'abattoir de Saint-Cloud.

IV.1.1. Rôle des parties prenantes dans la gestion des rejets de l'abattoir

Tableau 4. Matrice d'analyse des parties prenantes dans la gestion des effluents de l'abattoir.

PARTIE PRENANTE

TYPE (D'ORGANISATION OU INSTITUTION)

RÔLES (ACTIONS A MENER DANS LA GESTION DES DECHETS)

RESPONSABILITES

NIVEAU DE REALISATION DES OBJECTIFS (%)

ECART (%)

CONTRAINTES DANS LA REALISATION DES OBJECTIFS

EVALUATION GLOBALE DANS LA GESTION DES DECHETS D'ABATTOIR (%)

Personnel de l'abattoir

Privé

Garant du cycle de gestion des déchets dans leurs différents procédés d'abattage

Promotion et commercialisation de la viande de boeuf

12%

88%

Abattoir traditionnel; pas de matériel; système d'approvisionnement en eau en panne; pas de système de collecte; de traitement et de valorisation des déchets (25%)

35%

CUE

Etablissement public de coopération intercommunale

Garant du suivi de l'hygiène et de la salubrité de l'espace urbain et ses environs

Développement et aménagement économique social et culturel de l'espace communautaire; Protection et mise en valeur de l'environnement et de politique du cadre de vie; Promouvoir le bien-être sur le plan économique, sanitaire, culturel,social

10%

90%

Insuffisance d'expertise (30%)

35%

DD/MINEPDED

Publique

Elle est chargée de réaliser les audits, contrôles, inspections, sanctions, surveillance, suivi de toutes les installations qui peuvent nuire à la commodité environnemental et sociale.

Elaboration, mise en oeuvre et suivi de la politique nationale en matière d'environnement; Planification de la gestion durable des ressources naturelles; Proposition des mesures correctives pour les milieux contaminés; Elle doit faire le suivi de la mise en oeuvre des PGES et NIE dans la Mvila

30%

70%

Contraintes politique, financière, humaine (15%)

42,50%

DD/MINEPIA

Publique

Elle est en charge entre autres du contrôle et inspection sanitaire vétérinaire, du suivi des activités des organisations professionnelles et interprofessionnelles du secteur, et de la distribution du matériel technique et médicament.

Développement des productions et des industries animales, des pâturages et des hydrauliques pastoraux ; Encadrement et appui des activités des organisations professionnelles et interprofessionnelles du secteur de l'élevage, des pêches ; et l'industrie animale.

50%

50%

Contraintes politique, financière, humaine (20%)

35%

Population environnante

Publique

Obligation de signaler tout désagrément d'incommodité auprès des institutions agrées

Doit se rassurer du suivi des conditions d'assainissement au sein de leur agglomérations; Gestion appropriée de leurs ordures ménagères ; approvisionnement en eau et pratique de pêche dans la rivière Bengo ; latrines à fosses.

35%

65%

Insuffisance d'information; laxisme; manque d'implication ; mauvaise pratique HSE (40%)

30%

Groupe Hysacam S.A

Privé

Elle assure la propreté intégrale au sein de la ville

Collecte quotidienne porte àporte et à point fixe, nettoiement des chaussées revêtues, places publiques et marchés, traitement et valorisation (Hysacam). Gestion des eaux usées et curage + aménagement des cours d'eaux (SECA)

70%

30%

Contraintes financières,insuffisance d'information etde sensibilisation (10%)

20%

De cette matrice, six (06) parties prenantes interviennent dans la gestion des déchets de l'abattoir municipal d'Ebolowa, à savoir : l'ensemble du personnel ; la Mairie ; les Sectorielles du MINEPDED et du MINEPIA ; les populations environnantes et le groupe Hysacam S.A.

Pour chaque partie prenante, les rôles et responsabilités ont été déterminés. Mais fort est de constater qu'il existe des écarts considérables entre ce qui est prévu et ce qui est fait pour atteindre les objectifs. Le diagramme représenté à la figure 3 présente le niveau de réalisation desdits objectifs, de même que les écarts et évaluation globale de gestion des déchets issus de l'abattoir de Saint-Cloud pour chaque PP. Suivant les données de cette matrice, nous pouvons déduire que ces déchets sont regroupés en deux grandes catégories :

Ø Les déchets industriels spéciaux (DIS) tels qu'eaux de lavage, sang souillé, abats et viande saisie, exsudats et autres matières stercoraires...

Ø Les déchets industriels banaux (DIB) à savoir papier et plastique usagés, os, cornes, fèces...

Les représentations graphiques suivantes indiquent les différentes proportions produites quotidiennement sur site.

Figure 3 : Représentations graphiques des proportions des déchets produits.

A l'analyse, les proportions les plus importantes des déchets et effluents produits sur le site sont les eaux résiduaires (80,76%). Malheureusement, aucun dispositif ou mécanisme n'est prévu pour le traitement avant rejet dans le cours d'eau adjacent Bengo. Il en est d'ailleurs de même pour les matières stercoraires (65,57%), car aucun mode gestion écologique et durable n'a été prévu. En rappel, l'outil utilisé pour récolter et traiter ces informations sur site est un extrait de la grille de description des installations selon le module A de MOSAR, qui comporte d'ailleurs quelques limites sur le plan structurel, car la seule rubrique exploitée étant la description de l'installation en postes de travail au sein de l'abattoir.

De cette matrice ; il ressort donc que chaque procédé d'abattage génère un type de déchet spécial pour neuf autres identifiés avec des volumes bien précis. Il est également à constater qu'il n'existe aucun mécanisme ou système de collecte et/ou traitement de ces déchets ; car majoritairement disposés du bâtiment pour les déchets solides, ou dans le cours d'eau directement pour les effluents liquides, polluant ainsi grandement les différents milieux récepteurs.

Les résultats obtenus sur le type des déchets et le mode de traitement sont quasi similaires à ceux obtenus par Kamdom (2019) et Watchang (2021) où les eaux résiduaires représentent la plus grande part des effluents produits à l'abattoir (60%) et 40% des matières stercoraires. D'ailleurs, la différence observée s'explique par le fait que l'abattoir de Saint-Cloud ne dispose pas de système efficace de gestion des déchets solides produits après abattage, ce qui entraine une utilisation abondante d'eau pour le nettoyage des zones de travail.

Les résultats obtenus sur l'état de salubrité de l'abattoir se rapprochent de ceux rapportés par Watchang (2021) et Reounodji (2015) où la gestion des abattoirs fait face à de grandes difficultés. En effet il y a été identifié des aspects rendant la structure et ses environs insalubres. Le déversement anarchique et l'accumulation des eaux usées issues de l'abattoir dans le milieu récepteur voisin provoquent la dégradation de l'aspect esthétique du paysage. Les matières stercoraires et eaux usées non traitées dégagent après quelques jours d'accumulation des odeurs pestilentielles, dégradant ainsi la qualité de l'air respirée par le personnel et le voisinage, non sans attirer plusieurs espèces d'insectes et arthropodes vecteurs de maladies.

Les eaux résiduaires contenant du sang ruissellent vers la rivière Bengo, affectant ainsi la flore et la faune aquatique. Des résultats qui peuvent être croisés aux rôles des parties prenantes dans cette gestion des rejets, comme l'indique la figure 4 suivante.

Figure 4 : Représentations graphiques des rôles et responsabilités des différentes PP.

Il ressort du diagramme des rôles et responsabilités entre les différentes parties prenantes (figure 4) que celles-ci ont du mal à réaliser leurs objectifs. Le personnel de l'abattoir (37,5%) ; la CUE (35%) et la délégation départementale de l'élevage (35%) ; Les populations environnantes (30%) ; la délégation départementale de l'environnement (42,5%) et le groupe Hysacam 20%. Cela se traduit par le fait que les enquêtes auprès de de chaque PP a permis de déterminer les contraintes empêchant l'atteinte des différents objectifs. A cet effet, les écarts suivants ont été recensés:

· Insuffisance d'information et de sensibilisation verticale et horizontale ;

· La mauvaise politique de l'administration qui élabore le règlement intérieur et le budget de l'abattoir qui n'accorde pas du prix à la gestion des déchets en parlant de l'insuffisance de ressources financières ;

· Insuffisance de matériel adéquat pour la gestion des déchets d'abattoir ;

· Insuffisance dans l'organisation pour la gestion des déchets solides ;

· L'absence de contrat et de prestataire local sérieux pour la gestion des effluents liquides.

Les résultats obtenus sur l'état des lieux des parties prenantes se rapprochent de ceux de Ze(2020) qui a pu identifier sept(07) acteurs intervenant dans la mise en oeuvre de la politique de gestion des déchets solides urbains dans la ville d'Ebolowa.Parmi ces acteurs, ce dernier a identifié : l'état,collectivité territorial décentralisé, les ONG,les organisations de la société civile, les parlementaires,les médias ; et le privé.Il ressort clairement les différentes relations qui existent entre chaque acteur (unilatéral et bilatéral) afin de montrer le niveau d'implication de chaque acteur.

Ainsi, conformément à la réglementation en vigueur au Cameroun (Décret N° 2005/0577/PM du 23 février 2005), tout projet soumis à une évaluation environnementale doit intégrer dans sa mise en oeuvre les attentes et préoccupations de toutes les parties prenantes particulièrement celles des populations riveraines.

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La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme