IV.3.2. Mise en oeuvre des
solutions retenues pour la gestion des effluents de l'abattoir
Grâce à l'analyse des données
collectées sur le terrain, plusieurs actions potentielles ont
été sélectionnées suivant l'importance de la
problématique des déchets surtout liquide de l'abattoir. Ensuite
ils ont été réunis en un plan d'action cohérent.
IV.3.2.1. Gestion des eaux usées de l'abattoir
Au regard de la typologie des effluents à traiter, un
système composite comportant plusieurs ouvrages
spécialisés et cohérents les uns avec les autres est ainsi
proposé. Ainsi, à l'issue d'un dimensionnement minutieux et
rigoureux, le tableau 12 présente les caractéristiques de base
des ouvrages qui constituent le système optimisé de gestion des
effluents de l'abattoir de Saint-Cloud.
Tableau 13. Caractéristiques des ouvrages du
système de traitement des effluents de l'abattoir d'Ebolowa.
|
N°
|
TYPE D'OUVRAGE
|
MATERIAUX
|
FORMES
|
VOLUME (m3)
|
LONGUEUR (m)
|
LARGEUR (m)
|
HAUTEUR (m)
|
AUTRES
|
|
1
|
Dégrilleur
|
Fer inoxydable
|
Rectangulaire
|
0,50
|
1,4
|
0,6
|
0,6
|
Conception locale
|
|
2
|
Dégraisseur
|
Fer inoxydable
|
Rectangulaire
|
0,54
|
1,8
|
0,6
|
0,5
|
|
3
|
Regards
|
Béton
|
Rectangulaire
|
0,36
|
0,9
|
0,8
|
0,5
|
|
|
4
|
Bassin de stockage et de décantation
|
Béton
|
Rectangulaire
|
28,52
|
4,6
|
3,1
|
2
|
02 compartiments + une pompe
|
|
5
|
Déversoir
|
Béton
|
Rectangulaire
|
0,45
|
1,5
|
0,6
|
0,5
|
|
|
6
|
Marais artificiel (MAES)
|
Revêtement
imperméable (géotextile)
|
Rectangulaire
|
60
|
5
|
3
|
4
|
|
|
7
|
Réservoir d'eau
|
Béton
|
Cylindrique
|
3,07
|
2
|
1,4
|
---
|
Enfouis + une pompe
|
|
8
|
Lit de séchage
|
Béton
|
Rectangulaire
|
---
|
1,8
|
1,3
|
1
|
Sur pilotis
|
|
9
|
Unité de compostage
|
Béton
|
Rectangulaire
|
13
|
2,5
|
2
|
2,6
|
Cabane
|
Le système ainsi conçu sera un tout petit peu
similaire à celui proposé par Konda en 2007 pour le traitement
des eaux usées de l'abattoir de la ville d'Ouahigouva au Nord-Ouest du
Burkina Faso. Seulement, il a été optimisé en utilisant
d'une part, un sous-système adapté pour le traitement de ce type
d'eau usée : le marais artificiel à écoulement
surfacique, dont le but est de répliquer les processus naturels du
marécage naturel alentour afin de ne pas modifier l'équilibre de
l'écosystème alentour.D'autres parts, son optimisation repose sur
la réutilisation de l'eau traitée pompée et
canalisée vers le bâtiment principal de l'abattoir, mais aussi la
valorisation des boues issues non seulement du bassin de stockage et de
décantation, mais également du marais artificiel, dans un
processus de Co-compostage à l'unité dédiée pour la
cause, qui prendra naturellement en compte les déchets biologiques
produits au sein de l'abattoir.
L'écoulement dans le système sera laminaire,
c'est-à-dire caractérisé par une diffusion de la
quantité de mouvement élevée et une convection globalement
faible, à l'exception du passage par le déversoir qui favorisera
une ré oxygénation avant l'entrée dans le MAES. En effet,
l'angle d'inclinaison dans une station dépend essentiellement du
composant spécifique. Au niveau du dégrilleur, il sera
disposé deux (02) grillages en escalier en fer inoxydable suivant une
inclinaison à 55%. Pour le reste, il s'agira de respecter les normes
d'évacuation des eaux usées qui imposent une pente minimale de
1%. Pour gérer la dénivelée importante et s'assurer du
fonctionnement automatisé du système qui fonctionnera en circuit
fermé, il faudra disposer de deux (02) pompes immergées
verticales dont l'une dans le bassin de décantation et l'autre dans le
réservoir d'eau traitée. Les têtes de pompage seront
suspendues dans le liquide et les moteurs d'entraînement installés
à sec au-dessus, le tout pourvu de flotteur pour actionner ce dernier
dès que les niveaux d'eau atteint la limite de refoulement. Le choix des
caractéristiques de ces pompes submersibles se fera en prenant en compte
le degré de turbidité de l'eau moyennement polluée
(surnageant) du bassin de décantation et de l'eau clarifiée du
réservoir d'eau traitée.
Pour ce qui est du temps de séjour, il dépend du
processus de traitement choisi dans le système suivant la formule de
dimensionnement utilisée au chapitre III, et en application
numérique, on obtient les résultats suivants consignés
dans le tableau N° 14.
Tableau 14. Evaluation du temps séjour maximumde
l'effluent dans chaque composant du système.
|
N°
|
COMPOSANT
|
FORMES
|
VOLUME (m3)
|
LONGUEUR (m)
|
LARGEUR (m)
|
VITESSE (m/s)
|
Temps de séjour (s)
|
|
1
|
Dégrilleur
|
Rectangulaire
|
0,50
|
1,4
|
0,6
|
0,3
|
1984
|
|
2
|
Dégraisseur
|
Rectangulaire
|
0,54
|
1,8
|
0,6
|
0,3
|
1667
|
|
3
|
Regard
|
Rectangulaire
|
0,36
|
0,9
|
0,8
|
0,3
|
1667
|
|
4
|
Bassin de stockage et de décantation
|
Rectangulaire
|
28,52
|
4,6
|
3,1
|
0,3
|
6667
|
|
5
|
Déversoir
|
Rectangulaire
|
0,45
|
1,5
|
0,6
|
0,3
|
1667
|
|
6
|
Regard
|
Rectangulaire
|
0,36
|
0,9
|
0,8
|
0,3
|
1 667
|
|
7
|
Marais artificiel (MAES)
|
Rectangulaire
|
60
|
5
|
3
|
0,3
|
13 333
|
|
SOMME TEMPS DE SEJOUR MAXIMUM EN SECONDE
|
28651
|
Le temps de séjour global maximal sera de 08
heures 00 minutes exactement, pour une vitesse d'écoulement de
l'effluent prise à 0,3m/s. Par ailleurs, en considérant une
vitesse maximale plus grande, soit 1m/s dans ce réseau séparatif,
nous aurons un temps de séjour global minimalTs= 2
heures et 24 minutes exactement.
Désinfection de l'eau traitée.
Dans le système optimisé qui est proposé,
il est prévu un cycle de réutilisation de l'eau traitée
pour les mêmes tâches identifiées à savoir la
stabulation, l'abattage, le lavage des équipements et zones de travail
et le traitement des sous-produits (Os, Viscères, etc...). Or, à
partir du moment où l'abattoir de Saint-Cloud a vocation de fournir des
produits alimentaires sûres et de qualité, il serait fortement
recommandé de désinfecter l'eau claire du réservoir d'eau
avant pompage et redistribution vers le bâtiment. D'où le recours
à un processus simple appelé chloration, c'est-à-dire
utiliser un produit chloré (eau de Javel etc...) dans un produit ou un
substrat et parfois même un aliment, dans le but de limiter tout risque
de maladies hydriques après consommation, le chlore étant ici
utilisé pour ses propriétés superoxydantes et
rémanentes qui en font un biocide bien adapté à la
désinfection d'un réseau de distribution d'eau ou d'une
réserve d'eau (si elle est confinée dans une enceinte
étanche).Dans le cadre de l'étude, il s'agira de procéder
à la désinfection de l'eau claire issue du marais et
stockée dans le réservoir étanche d'une capacité de
3,07 m3.
Mais avant cela, pour connaître le volume d'eau de Javel
à ajouter pour atteindre la concentration souhaitée, il faut
connaître son degré chlorométrique, qui tourne autour de
9° pour l'eau de Javel commercialisée librement au Cameroun. Un
degré chlorométrique correspond à 3,17 grammes de chlore
actif par litre d'eau de Javel. Par conséquent, si l'eau de Javel dont
on dispose est à 9° et si l'on souhaite obtenir une concentration
C de chlore actif dans l'eau à traiter
(comprise entre 5 et 20mg/L, selon les cas), le volume d'eau de Javel à
ajouter peut-être facilement calculé à l'aide de la formule
suivante :
Veau de Javel = C x Veau à
traiter / (9 x 3,17).
AN : Pour C = 5mg/L par
exemple, et dès que l'eau traitée atteint le flotteur
situé au ¾ du réservoir, on aura Veau de Javel =
5 x ¾ (3,07*103) / (9 x 3,17) Alors Veau de Javel
= 403,52 millilitres.
Le résultat obtenu est en ml car la concentration a
été exprimée en mg/L.
A titre indicatif ou de rappel, le volume d'une goutte est
d'environ 0,2mL et 1ml = 0,001 litre.
A partir du moment où un tel exercice couplé
à une chloration manuelle s'avèrent périlleuse,
risquée et fortement demanderesse d'un personnel
spécialisé, l'on recommander plutôt l'intégration
d'une pompeuse doseuse de chlore au système. Des deux types de pompes
doseuses qui existent sur le marché (pompes péristaltiques et
pompes doseuses à membrane ou à solénoïde), choisir
la pompe doseuse automatique car le dosage «automatique» est une
méthode dans laquelle la pompe doseuse injecte du chlore liquide dans le
réservoir uniquement lorsque cela est nécessaire.Pour ce faire,
le niveau de chlore libre dans l'eau du réservoir est mesuré en
temps réel, à l'aide d'une sonde ampérométrique (ou
potentiostatique) intégrée, de sorte que l'hypochlorite de sodium
n'est injecté que lorsque le niveau de chlore tombe en dessous du point
de consigne.
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