2.6 Caractères
biochimiques
Les Salmonella ont des caractères biochimiques communs
fondamentaux. Lescaractéristiques biochimiques générales
de la plupart des sérotypes isolés chez l'homme et les animaux
à sang chaud sont :
· L'absence d'une uréase active, de tryptophane ou
de phénylalanine désaminase,
· L'absence de production d'indole et d'acétoine
(test de Voges-Proskauer négatif),
· La production d'hydrogène sulfureux à
partir du thiosulfate (présence d'un thiosulfate réductase) H2S :
+,
· La décarboxylation fréquente de la lysine
et de l'ornithine (pas le sérovarTyphy), LDC : + En plus de ces
caractères différentiels intrinsèques, les
Salmonella possèdent les caractères
généraux de la famille des Enterobacteriaceae qui sont :
ü Bacilles à coloration de Gram négatif ;
ü Souvent mobiles grâce à leur ciliature
péritriche (rarement immobiles), non sporulés;
ü Bacilles qui se cultivent sur les milieux ordinaires ;
ü Bacilles aéro-anaérobies facultatifs ;
ü Bacilles fermentant le glucose avec ou sans production
de gaz
ü Bacilles réduisant les nitrates en nitrites
ü Bacilles qui ne possèdent pas de cytochrome
oxydase.
ü Bacilles qui possèdent une catalase (Navoun,
2005)
2.7 Pouvoir pathogène
des Salmonelles
Le tableau II nous a permis de connaitre les différents
les sérovars et les problèmes de santé causés aux
hôtes (animal et homme).
Tableau III : Pouvoir
Pathogène des Salmonella isolé chez l'homme et les
animaux
|
Habitat
|
Serovars
|
Pouvoir pathogene
|
|
Strictement humain
|
Typhi, paratyphi A, paratyphi B et paratyphi C
|
Fièvre typhoïde et paratyphoïde
|
|
Strictement animal abortusovis (ovin),
|
Gallinarumet pullorum (volaille), choleraesuis (porc)
|
Infection avec signes cliniques chez l'animal
|
|
Salmonella ubiquiste sans specificite
d'hote
|
La majorité des sérotypes
TyphimuriumEnteritidishadar, Saint paul (volaille), derby,
branderburg (porc), dublin, montevideo (bovin)
|
Salmonellose de type gastroentérite chez
l'homme. Portage chez l'animal (porc, volaille)
|
Source : (Jabrane & Abdelkhalek, 2014)
2.8 Caractéristiques
antigéniques :
Chez Les salmonelles ont été distinguer par trois
types d'antigènes présentant un intérêt de
diagnostic (Dumas, 1958) :
· Antigène somatique O (Ag O)
:
L'antigène O est un antigène de la paroi. Les
antigènes O sont portés par les chaînes spécifiques
du lipopolysaccharide (LPS). L'antigène O possède des
propriétés immunisantes ; C'est un complexe contenant une
protéine, un polysaccharide et un composé phospholipidique. On
distingue 67 facteurs O selon la nature des sucres entrant dans la constitution
des unités oligosaccharidiques du polysaccharide (Humbert et al., 1998).
L'antigène O est formé d'une fraction lipidique appelée
lipide A qui est responsable des effets toxiques, d'une partie basale et du
polysaccharide support de la spécificité (Gledel et Corbion,
1991). Les antigènes sont classés en facteurs O majeurs et en
facteurs O accessoires. Les facteurs majeurs sont liés à la
présence de certains sucres (abéquose pour O : 4, tyvélose
pour O : 9) (Humbert et al.,1998). L'antigène somatique est stable ; il
résiste à l'alcool et au phénol pendant deux heures et
demi à la température de 100°C (Dumas, 1958).
· Antigène flagellaire (Ag H) :
C'est un polymère de flagelline (protéine de
structure des flagelles). Cet antigène est thermolabile, détruit
par la chaleur à 100°C, par l'action de l'alcool et par les
ferments protéolytiques. Il résiste au formol et perd son
agglutinabilité par les anticorps en présence d'alcool et d'acide
phénique. Son développement optimum s'obtient sur les milieux
liquides après un séjour de 8 heures à 37°C (Dumas,
1958). La grande majorité des sérovars possèdent deux
systèmes génétiques et peut exprimer alternativement deux
spécificités différentes pour leur antigène
flagellaire. On dit que les antigènes flagellaires de Salmonella sont
diphasiques (Humbert et al., 1998).
· L'antigène de virulence (Ag Vi) :
C'est un antigène de l'enveloppe ; Il a
été identifié chez trois types de sérovars : Typhi,
Paratyphi C et Dublin mais toutes les souches de ces sérovars ne
possèdent pas forcement cet antigène (Humbert et al.,1998). Cet
antigène est considéré comme un antigène de surface
(Dumas, 1958), il est distinct de l'antigène somatique et de
l'antigène flagellaire. L'antigène Vi rend les germes
inagglutinables par les anticorps O quand il est abondant. Il ne se
développe pas si les cultures sont effectuées au-dessous de
25°C et au-dessus de 40°C. Un chauffage à 100°C pendant
dix minutes le détruit et les germes deviennent agglutinables par les
anticorps O. Il est de nature glucidolipidopolypeptidique. A côté
de ces antigènes il existe dans le genre Salmonella, des structures
protéiques de surface : les pilis qui se différencient en pilis
communs (intervenant dans l'hémagglutination mannose dépendante)
et en pilis sexuels (intervenant dans la conjugaison bactérienne) et
dontla présence est codée par des plasmides (Gledel and Corbion,
1991).
|