2.9 génome de
Salmonella
Le génome de la bactérie est composé
d'un ADN chromosomique et d'un ou de plusieurs plasmides. La taille du
chromosome de Salmonella varie d'un sérotype à l'autre et elle
est comprise entre 4,5 et 4,9 Mbp (méga-paires de base). La membrane
cytoplasmique de la bactérie est entourée par le peptidoglycane
puis par la membrane externe qui porte les flagelles, pili, glycocalix et
lipopolysaccharide. Ces structures ont des rôles importants pour la
survie de la bactérie et comme facteurs de virulence.
2. 10 Mécanismes de
virulence
Après ingestion d'aliments contaminés par
Salmonella, cette dernièrese retrouve au niveau de l'estomac
puis atteint l'intestin. Dans la plupart des cas, elles colonisent la partie
inférieure de l'intestin appelé l'ileum (Galan, 1996).
Après attachement aux cellules épithéliales intestinales,
différentes portes d'entrée permettent la colonisation du tractus
intestinal : les cellules M, les entérocytes et les phagocytes CD18+
(Cossart and Sansonetti, 2004). Les portes d'entrée utilisées
varient en fonction des sérotypes de Salmonella à titre d'exemple
prenons le S. Typhimurium. Très rapidement après l'infection de
souris ou de veau (Manon, 2011), il a été décrit que S.
Typhimurium se retrouvait principalement associée aux plaques de Peyer
et plus précisément aux cellules M (Jepson and Clark, 2001; Jones
et al., 1994; Santos et al., 2002). Ces cellules M, localisées au niveau
de l'épithélium associé aux follicules, ont la
capacité d'échantillonner et de transloquer les antigènes
ou micro-organismes de la lumière intestinale vers les tissus
sous-jacents (Neutra, 1998). Salmonella peut aussi traverser la barrière
intestinale par l'invasion des entérocytes (Finlay and Falkow, 1990 ;
Santos et al., 2002). Lors du franchissement de la barrière intestinale
par les cellules M ou les entérocytes, les bactéries sont ensuite
phagocytées par les macrophages de la lamina propriaqui sont en contact
avec les cellules M des plaques de Peyer (Cossart and Sansonetti, 2004). Les
bactéries sont alors transportées jusqu'aux ganglions
mésentériques sous-jacents. Enfin, une autre voie permet à
Salmonella de franchir l'épithélium intestinal. Il s'agit de la
capture luminalevia les cellules phagocytaires CD18+ telles que les cellules
dendritiques. En effet, ces cellules projettent leurs dendrites à
travers l'épithélium intestinal, ce qui permet de transporter la
bactérie vers le pôle basolatéral de
l'épithélium (Santos and Baumler, 2004). Les phagocytes CD18+,
tout comme les macrophages, transporteraient aussi les salmonelles jusqu'aux
ganglions mésentériques. A ce stade, l'infection peut rester
localisée et entrainer une pathologie de type gastroentérite.
Dans ce cas, l'invasion cellulaire induit la mise en place d'une réponse
inflammatoire (Galan, 2001). Une infiltration importante entraine alors la
destruction de l'épithélium intestinal, la formation
d'oedème et la sécrétion de fluide au niveau de la
muqueuse intestinale (McCormick et al., 1998).
|