2.2.2 Résistance
naturelle
La résistance naturelle ou résistance
innée ou encore résistance intrinsèque est la
capacité de toutes les espèces d'une bactérie
donnée à se développer en présence d'un
antibiotique donné. Cette résistance est surtout portée
par les chromosomes et toutes les espèces présentent le
même profil de résistance (Philippon et Arlet, 2012). Ce type de
résistance est transmis aux générations issues de la
même espèce de façon verticale mais pas de façon
horizontale c'est-à-dire entre des espèces
phylogénétiquement différentes. La résistance
naturelle peut être due à la production d'une enzyme
(pénicillinase, bêta-lactamase par exemple) agissant sur des
antibiotiques donnés (Walsh et Wright, 2005) ou par
l'imperméabilité d'un antibiotique au sein d'une bactérie
(Mérens et al., 2011). Les études ont montré que les
bactéries à Gram négatif (E. coli,
Salmonella) présentent une résistance naturelle
vis-à-vis des macrolides qui sont des grosses molécules. Au
regard du mode d'action, on peut observer une résistance naturelle de
certaines souches vis-à-vis de certains antibiotiques. Par exemple, les
antibiotiques agissant sur la paroi bactérienne n'ont aucun effet sur
les bactéries à Gram négatif presque dépourvu de
ladite paroi.).
2.2.3 Résistance
acquise
Outre la résistance naturelle, il existe la
résistance acquise au fil du temps et au regard de certaines conditions
(Ploy et Denis, 2000). Ce type de résistance n'est pas stable au sein
d'une espèce bactérienne et s'acquière dans le temps sous
certaines conditions. Elle n'affecte pas toutes les espèces d'une
bactérie. Elle peut être porter par un chromosome, soit des
transposons ou par des plasmides conférant la résistance à
certains antibiotiques (Gassama et al., 2010; Mérens et al., 2011).
Comparativement à la résistance naturelle, ce type de
résistance peut être transféré de façon
horizontale c'est-à-dire entre des espèces
phylogénétiquement différentes par l'intermédiaire
de la conjugaison bactérienne (Muylaert et Mainil, 2012). Elle constitue
de nos jours un véritable problème de santé publique et
touche la plupart des espèces bactériennes pathogènes et
non pathogènes. La résistance acquise peut avoir plusieurs causes
telles que la présence d'une forte quantité de résidus
d'antibiotiques, l'automédication, ainsi que l'usage abusive des
antibiotiques dans l'antibiothérapie. La résistance acquise se
fait au moyen de plusieurs mécanismes, surtout moléculaires.
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