4eme Partie : DISCUSSION
4 . DISCUSSION
GENERALE
4.1 Nombre et origine des
échantillons biologiques collectés et analysés
Caractéristiquesociodémographique
L'étude a été menée pour
actualiser la connaissance sur l'épidemiologie et la
caracterisationmoleculaire sur les souches de Salmonella et
Shigellaresponsable des gastroenterites aigues chez les patients
souffrants des diarrhées aigues dans les quatre hopitaux des districts
dans la ville de N'Djamena au Tchad. Nous avons pu isoler cinquante (50)
souches des enteropathogene : Salmonella et shigella à
l'issue de cette étude, soit une prévalence de 3,64% (50/1370).
Tous les enteropathogenes isolés telsquesSalmonella et
shiegella peuvent, provoquer des maladies systémiques chez
l'homme ayant un statut immunitaire faible, ce taux de prévalence
observé dans cette étude met en exergue un problème de
santé publique alarmant.Des resultats presque similaires ont
été observés par Abba (2023) au Tchad, par Sylla (2020) au
Mali et par Bessimbaye (2013) au tchadrespectivement 2%,1,8 et 2,90%.
Par ailleurs une légère différence entre
nos résultats et celui de Tabo et al. (2015) (9,3%) a été
observé. Cela pourrait s'expliquer par le fait que Tabo et al. (2015)
avaient travaillé dans cinq (5) hôpitaux de la ville de N'Djamena
au Tchad et notre étude a concerné que quatre hopitaux des
districts et le Centre Hospitalier Universitaire de la Mere et de l'Enfant de
N'Djamena.
Cependant, nos résultats sont inférieurs
à ceux observés au Nigeria (53,33%) par Emmanuel et al. (2018),
au Burkina (39%) Somda et al. (2017) et au Congo (20,3%) par Lunguya et al.
(2012). Ces résultats pourraient s'expliquer par l'utilisation des eaux
souterraines (Forage) par la population de N'Djamena (Tchad) et des eaux des
barrages remplies des microorganismes à Ouagadougou (Burkina Faso).
Identification des sérotypes des agents
bactériens isolés
Les échantillons de selles et du sang collectés
dans les quatre hopitaux des districts et le CHU ME présentaient des
aspects des sang (23, 35%) cas. La consistance des selles était
liquide dans cas (26,56%), pâteuse (23,21%), molle cas (23,13%) et
Moulée da (6,36%).Cela pourrait s'expliquer par le fait que la
consistance des selles (liquide) attestent d'une hémolyse et d'une perte
d'eau susceptible d'exposer les malades à l'anémie sevère,
à la perte des electrolytes et à la déshydratation pouvant
les conduire à la mort. Aussi les aspects sanguinolents des selles
seraientt les indicateurs des infections dues à la shigelose à
Shigella dysenteriae1.
Les différents aspects et consistance des selles ont
été respectivement rapportés par Dao etal. (2007)
à Bamako (Mali) : les aspects glaireux dans 14 cas (18,4 %), la
consistance des selles liquides dans 40 cas (52,6 %), et la consistance
polymorphe dans8 cas (10,5 %).
Le taux des selles liquides a été
rapporté en hausse par Reitheret al. (2007) dans 75,3 % au
Ghana. La cause de ces diarrhées liquides sont nombreuses :
inflammation de l'intestin grêle, du colon, par les bactéries, les
parasites, les virus, l'usage chronique de l'alcool pourrait endommager la
muqueuse intestinale exposant la personne aux maladies diarrhéiques,
l'utilisation abusive des antibiotiques qui détruirait la flore normale
de l'intestin et enfin l'ingestion des aliments mal cuits ou souillés
par les microorganismes pathogènes.
La forte prévalence de ces infections
diarrhéiques serait liée aux conditions de vie précaires
des populations dans les pays en développement. Le Fonds des Nations
Unies pour l'enfance (UNICEF) en 2007 à aussi rapporté qu'environ
5000 enfants meurent chaque jour des diverses maladies et 1,5 millions
mourraient des maladies associées aux mauvaises conditions de vie et
manque d'hygiène sanitaire chaque année. Cela pourrait
s'expliquer par la vulnérabilité due à la faiblesse de
l'immunité de ce groupe vis-à-vis des maladies
diarrhéiques.
Sur les 50 agents bactériens isolés, (28,32%)
provenaient des selles d'enfants de 0 à 5 ans. De tel taux a
été également rapporté par Sanouet al.
(1999) au Burkina Faso. Plusieurs auteurs ont expliqué ce taux de
prévalence de diarrhées des enfants de 0 à 5 ans par une
instauration progressive de l'immunité chez les enfants de 0 à 1
an, la malnutrition ou la contamination au niveau de leur alimentation dans le
ménage et le comportement hygiénique des parents. La persistance
de ces maladies diarrhéiques à entéropathogènes et
le manquement aux règles d'hygiène à tous les niveaux de
la vie des populations et spécialement à la mauvaise alimentation
sur le plan qualité a été rapportée par Barro
etal. (2005) au Burkina Faso. En effet plusieurs études
réalisées sur les aliments de rue très consommées
ont révélé que ceux-ci sont souvent contaminés par
des entéropathogènes (Barro et al., 2002 ; Barro et
Traore 2008). L'environnement dans lequel la vie quotidienne se mène se
trouve être le grand réservoir de pathogènes en
cohabitation.
La fréquence de 24% des agents bactériens
obtenus à N'Djamena montre que ceux-ci peuvent être
considérés comme un problème de santé publique pour
la population Tchadienne. Cela montrerait que les agents bactériens
demeurent la principale cause de diarrhées mortelles dans les pays en
développement. On a estimé que la diarrhée a tué
2,2 millions de personnes en 1998, dont la plupart était
âgée de moins de 5 ans (OMS, 2000).
Facteurs de risque associés à
l'infection par les sérotypes des agents bactériens
isolés
D'une manière générale les espèces
du genre Salmonella et Les Shigella ont été les
plus retrouvées dans notre étude. Cela pourrait s'expliquer par
l'utilisation des eaux non potables. La fréquence relativement
élevée des Salmonella a été
également rapporté par Cardinale etal. (2005) dans 43%
des cas. Cette fréquence montre que les diarrhées à
Salmonella sont très fréquentes dans les pays en
développement et seraient liées à la promiscuité
avec certains animaux dans des mauvaises conditions d'hygiène
individuelles collectives et alimentaires (Barro etal, 2002 ;
Dupeyron, 1997). Les Shigella ont été
isolés à un taux de 60 % des cas dans notre étude à
Ouagadougou mais Sanouetal, 1999 ont rapporté un taux
élevé de 42 % au Burkina Faso.
La répartition des agents bactériens dans notre
etude selon le sexe observé, Il ressort de ce résultat qu'aucune
différence significative entre le sexe et le résultat total avec
la P-value de 0,122. Ce résultat montre tout de même que le sexe
féminin était plus positif à la culture par rapport au
sexe masculin avec respectivement un taux de 66,1% et 53,2%. On note cependant
une légère augmentation du taux d'infection chez les femmes par
rapport aux hommes. La prévalence relativement élevée chez
les femmes pourrait s'expliquer par l'inobservation des règles
élémentaires d'hygiène liées à leur taux de
non scolarisation élevé (89 %) selon Podaetal (2003)
à Ouagadougou.
Pendant notre etude,nous avons observé une
prévalence élevée des cas de diarrhées et agents
bactériens des mois d'Août, Septembre et Octobre lors de
l'enquête sur les maladies diarrhéiques. Cela pourrait s'expliquer
par le faite que les déchéts déversés par ces
fleuves sont les sources bien connues des maladies diarrhéiques et
d'autres complications sanitaires de la population riveraine et voire
générale du Tchad. L'infiltration étant importante et la
montée de la nappe phréatique pendant la période de la
saison des pluies pouvant provoquées des contaminations de certaines
eaux souterraines de pompes et des puits de consommation courantes dans les
périphéries de N'Djamena et des villages seraient
également la cause principale des maladies diarrhéiques au Tchad
et même partout en Afrique.
. Les caractéristiques individuelles des
ménages, le niveau de scolarisation de la mère, la nature de
sites urbains et la source d'approvisionnement en eau ont été
également indexés comme facteurs des risques des maladies
diarrhéiques à Yaoundé au Cameroun par Yongsiet
al (2008).
La distribution des souches de Salmonella et
Shigelladans cette étude comprenait S. typhi, s.par typhi A et
B, de meme que shigella dysenteria, shigella flexina. La forte
prévalence de ces microorganismes parmi les isolats révèle
que ces agents pathogènes constituent toujours la cause principale des
gastro-entérites dans le pays. Alioet al. (2017) au Mali ont
montré qu'en Afrique les sérotypes majeurs de Salmonella
retrouvés chez l'homme sont S. typhimurium suivi de S.
enteritidis et S. typhi. Quant à Vandenberg et al. (2010) (22%) ont
montré qu'au Congo sur les Salmonella non typhoïdiques
isolées à partir d'hémocultures d'enfants dans un
hôpital de district rural.
Par ailleurs, depuis 2004, le sérotype S. Enteritidis a
repris la 1ère place des sérotypes responsables des
salmonelloses humaines en France (Weill et al., 2016 ; Weill et al., 2020). Ce
changement de situation pourraitêtre expliqué par le niveau
d'hygiène acceptable des pays développés comme la
France.
Cette faible prévalence
pourrait aussi s'expliquer du fait que dans certains pays en
développement, les campagnes de sensibilisation sur les règles de
bonne pratique d'hygiène au cours des dernières années se
sont considérablement améliorées. Ces améliorations
ont par conséquent réduit le taux de décès global
dû aux maladies diarrhéiques bactériennes (Sarantuya et
al., 2004). Il serait important de continuer d'observer les mesures
barrières et d'hygiènes des mains et environnementales.
Il est donc important et urgent de mener des études sur
la qualité de l'eau de boisson et mener des compagnes de sensibilisation
sur la technique de forage et leur traitement afin d'éviter la
prolifération des souches pathogènes dans les eaux de boisson qui
seraient un problème de santé publique. Pour mieux comprendre les
mécanismes pathogéniques des souches deSalmonella et
Shigella responsables de gastroentérites, en plus des facteurs de
virulence, l'étude de la sensibilité aux antibiotiques a
été également réalisée à travers les
méthodes phénotypiques.
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