Chapitre.1.
Généralités sur lesSalmonellaet Shigella
1. Géneralité sur les
diarrhées
1.1 Définition de la
diarrhée
Une diarrhée est la survenue de plus de trois
émissions fécales, molles ou liquides, par jour. Ces
émissions peuvent être soit glaireuses et plus ou moins
sanglantes, soit se présenter sous forme de diarrhée (OMS, 2000).
Les épisodes de diarrhée d'une durée inférieure
à 14jours sont définis comme des diarrhées aigües
(ABBA et al., 2009). Les épisodes de diarrhée d'une durée
supérieure à 14jours sont définis comme des
diarrhées persistantes (ABBA et al., 2009).
1.2Ampleur des
diarrhées
1. 2.1. Dans le monde
Ces vingt dernières années, les problèmes
de santé publique et d'ordre économique associés aux
maladies d'origine alimentaire ont pris une ampleur croissante dans un certain
nombre de pays. Les flambées de maladies provoquées
fréquemment par de nouveaux agents pathogènes, l'administration
d'antibiotiques au bétail et le transfert de la résistance aux
antibiotiques à l'homme, ainsi que les inquiétudes
suscitées actuellement par l'encéphalite spongiforme bovine n'en
sont que quelques exemples. Les pays munis de systèmes de surveillance
ont enregistré une augmentation notable de l'incidence (nombre de cas)
des maladies alimentaires au cours de ces deux dernières
décennies. La signification de cette augmentation sera discutée
ultérieurement. Les estimations annuelles sont de l'ordre de 76 millions
de cas de maladies transmises par les aliments, auxquels sont associés
325 000 hospitalisations et 5 000 décès pour les Etats-Unis et de
2 366 000 cas, 21 138 hospitalisations et 718 décès en Angleterre
et au Pays de Galles (MEAD et al., 1999). Le nombre de cas rapportés
laisse supposer que la charge de morbidité des maladies d'origine
alimentaire est probablement du même ordre de grandeur dans la plupart
des pays de l'OCDE. Les maladies d'origine alimentaire constituent un vaste
groupe de pathologies. Parmi celles-ci, les gastro-entérites,
provoquées par tout un ensemble de micro-organismes, bactéries,
virus et parasites, sont le syndrome clinique le plus fréquent.
Généralement brève, la période d'incubation dure
1-2 à 7 jours. Cette pathologie, qui varie en gravité du simple
trouble ne nécessitant pas de traitement médical à
l'affection sévère conduisant à une hospitalisation, peut
entraîner une incapacité à long terme, voire le
décès (la fréquence des hospitalisations
s'échelonne entre 0,6 et 29 % et la mortalité atteint 2,5 % aux
États-Unis) (MEAD et al., 1999).
Les conséquences de l'exposition par voie alimentaire
à des agents pathogènes provoquant des diarrhées
dépendent de plusieurs facteurs relevant de l'hôte, notamment son
état immunitaire sous-jacent, sa capacité à
générer une réaction immunitaire, son état de
nutrition, son âge, et de facteurs non spécifiques de l'hôte
comme les facteurs environnementaux. Par suite, l'incidence, la gravité
et la létalité des diarrhées aiguesd'origine alimentaire
sont plus élevées chez certaines catégories
particulièrement vulnérables de la population, comme les enfants
de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes
immunodéprimées (patients subissant une transplantation d'organe,
une chimiothérapie contre le cancer, atteints du SIDA, etc.) et les
personnes âgées (GERBA et al., 1996). À côté
de ces facteurs prédisposant bien connus, de nouveaux facteurs sont
régulièrement identifiés [atteinte hépatique pour
septicémies à V. paraheamoliticus, thalassémie pour les
infections à Yersinia enterocolitica (HLADY et al., 1996, ADAMKIEWICZ et
al., 1998). Ces maladies peuvent entraîner des complications importantes,
notamment des atteintes intestinaux et systémiques, comme le syndrome
urémique hémolytique (SHU) (dysfonctionnement rénal et
troubles neurologiques) pour 10 % des infections à Escherichia coli 0157
:H7 accompagnées de diarrhées sanglantes, ou le syndrome de
GuillainBarré (atteinte dégénérative du tissu
nerveux, suivi d'une récupération lente et d'une
incapacité résiduelle prononcée) après une
infection à Campylobacter jejuni, des arthrites consécutives
à une salmonellose ou encore une encéphalite toxoplasmique
chronique (GRIFFIN et al., 1988, THOMSON et al., 1995). Plusieurs auteurs
estiment que des complications à long terme (séquelles) peuvent
survenir chez 2 à 3 % des maladies d'origine alimentaire (LINDSAY,
1997). Tandis que la diarrhée est le syndrome le plus fréquent
après la consommation d'aliments contaminés, d'autres affections
sont beaucoup plus sévères.
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