WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Intérêt de la remédiation cognitive dans la prise en charge du trouble de déficit de l'attention

( Télécharger le fichier original )
par Brigitte FORGEOT
Université Paris 8 - DESS psychologie clinique 2004
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

3. L'approche développementale .

.

Selon Barkley, Le TDA/H est un déficit du contrôle de soi, c'est-à dire des fonctions exécutives, lesquelles sont essentielles à la planification, à l'organisation, et à la réalisation d'activités humaines complexes et qui peuvent nécessiter beaucoup de temps. En ce qui concerne les enfants atteints du TDA/H, les fonctions exécutives cérébrales qui sont responsables de l'organisation et du contrôle comportemental, et qui doivent aider l'enfant à planifier le futur et à se conformer aux plans arrêtés, sont peu performantes.

Les facteurs environnementaux pré- et périnataux principaux de risque d'apparition d'un TDAH sont une grande prématurité, l'hypotrophie néonatale, le stress anténatal et intoxications pendant la grossesse (tabac, cocaïne, alcool, plomb).

Quant aux facteurs postnataux ce sont pour l'essentiel la dépression maternelle, toutes les difficultés relationnelles intrafamiliales ainsi que les facteurs d'instabilité psychosociale (placement, précarité, maladie mentale d'un parent). C'est pourquoi le contexte environnemental doit être largement pris en considération.

R. Mc Gee, M. Prior, S. Williams, D. Smart et A. Sanson (2002) ont étudié les familles avec des enfants TDA et l'avenir de ces enfants. Leurs résultats indiquent une forte association entre la précocité des comportements inattentifs (5-8 ans) et des difficultés scolaires persistantes (problèmes d'attention et de lecture) à l'adolescence. Ils indiquent aussi un lien entre la précocité des difficultés de lecture et la persistance de ces problèmes menant à un abandon du monde scolaire sans qualification.

Quant à la configuration familiale, un désavantage socio-économique est souvent présenté comme une variable prédictive de vie ultérieure difficile. Une relation conflictuelle parent-enfant (5-7 ans) prédisposerait à un problème de conduite à 11-15 ans, une faiblesse d'attention et de lecture à 15 ans, ainsi qu'à une absence de qualification professionnelle. Par ailleurs, le climat familial inadéquat serait une variable prédictive d'une conduite dépendante (consommation de substances : alcool/cannabis) à 18 ans. Un comportement antisocial précoce (5-7 ans) prédit un abandon du parcours scolaire sans qualification et une faiblesse en lecture. A chaque fois, la variable sexe est significative dans le sens où ce sont les garçons qui rencontrent le plus de problèmes de comportement.

III. MODELES NEUROCOGNITIFS DES TROUBLES DE L'ATTENTION

1. Les théories de l'entonnoir.

1.a. Le modèle filtre de Broadbent.

En 1958, Broadbent propose sa théorie du filtre attentionnel en suggérant qu'on ne peut traiter qu'un input à la fois. D'après cette théorie, les stimuli peuvent être filtrés par le système perceptif grâce à l'attention (l'attention est un filtre fonctionnel préalable à la phase de perception ou de reconnaissance de formes) et à partir de leurs attributs physiques. Le modèle de D. Broadbent (modèle structural de l'attention) se limite en fait à un simple canal n'ayant pas de mécanisme pour diviser l'attention. L'attention est présentée comme un canal à capacité limitée qui détermine le processus sériel du système perceptif.

Broadbent (1970) considère l'attention sélective essentiellement comme un processus de filtrage permettant d'éviter que le système global ne soit surchargé. Tous les stimuli seraient encodés et analysés en parallèle au niveau de leurs caractéristiques physiques (à un niveau de traitement pré attentif). Cependant, pour que les informations soient réellement « perçues », elles doivent être sélectionnées une à une. Ces processus de filtrage seraient basés sur les caractéristiques physiques générales de l'information. Les mécanismes sensoriels seraient situés en amont des opérations cognitives elles-mêmes. La sélection simultanée de plusieurs informations entraînerait une division de l'attention qui conduirait à un certain coût: chaque élément serait moins bien traité que s'il était le seul à avoir été sélectionné. D'après ce processus de filtre, les stimuli attendus (parvenant à l'oreille attentive par exemple) feraient l'objet de traitements supplémentaires alors que les stimuli non attendus (parvenant à l'oreille non attentive par exemple) seraient bloqués. Selon Broadbent, l'attention sélective agirait donc comme un filtre permettant la sélection des informations pertinentes et l'élimination, ou le blocage des informations non pertinentes.

1.b. Le modèle d'atténuation de Treisman.

Treisman (1969) propose plusieurs modifications de ce modèle en suggérant principalement que la fonction de « filtre » de l'attention serait plutôt un effet modérateur. Le processus de filtre n'entraînerait pas un blocage du traitement des stimuli inattendus ou rejetés mais une atténuation de leur traitement. Dans ce modèle, le rôle de l'attention se situerait donc à l'étape finale de la perception, des processus d'analyse sémantique du message ont lieu avant le filtre. Selon la théorie de l'intégration attentionnelle des « attributs » ou des « traits » proposée par Treisman (Treisman et Gelade, 1980), l'attention serait un « ciment » qui relierait entre eux les différents codages perceptifs des dimensions (les traits) d'un objet.

 1. c. Le modèle de mémoire sélective de Deutsch et Norman.

Deutsch (1963) ainsi que Norman (1968) ont situé quant à eux la sélection des informations après l'étape de la reconnaissance des formes et avant l'encodage mnésique. Cette sélection succède à la perception avant l'entrée en mémoire, d'où son nom de modèle de mémoire sélective. Le mode tardif est dit de sélection attentionnelle sémantique (comme dans la théorie de Deutsch et Deutsch). Ce mode de sélection sémantique est plus tardif parce qu'il est nécessaire de connaître le sens des mots avant de pouvoir les catégoriser. Il est le plus proche de l'entrée en mémoire à court terme s'appuyant sur la mémoire de travail, elle-même puisant ses ressources de catégorisation dans la mémoire à long terme.

Les théories proposées par J. Deutsch & D. Deutsch (1963) et D. Norman (1968) suggèrent que tous les inputs sont analysés mais que seuls les plus pertinents sont sélectionnés. Autrement dit, toutes les informations feraient d'abord l'objet d'une première identification automatique, avant que les connaissances stockées dans la mémoire du sujet n'interviennent pour « décider » de la pertinence d'un traitement plus en profondeur. Dans ce cas, il s'agit d'une sélection décisionnelle.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net