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Le refus de la linéarité dans l'adaptation cinématographique de la Rue Cases-Nègre de Joseph Zobel

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par Théophile Muhire
Université Natinale du Rwanda - Licence en Lettres 2004
  

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1.4.2 L'espace au cinéma : le mouvement de la caméra

Dans un texte déjà ancien (1967), réédité en 1986, Noël Burch, à partir d'une démarche empirique, posait les bases d'une première approche structurelle de l'espace au cinéma.  Il se compose en fait de deux espaces : celui qui est compris dans le champ et celui qui est hors champs. La définition qu'il donne de l'espace du champ est extrêmement simple. Il est constitué par tout ce que l'oeil perçoit sur l'écran. L'espace hors champ est, à ce niveau d'analyse, de nature plus complexe. Il se divise en six segments selon Burch16(*). Les confins immédiats des quatre premiers segments sont déterminés par les quatre bords du cadre. Le cinquième segment se réfère à l'existence d'un espace hors champ « derrière la caméra ». Enfin le sixième segment comprend tout ce qui se trouve derrière le décor (ou derrière un élément de décor). A l'extrême limite, ce segment d'espace se trouve derrière l'horizon.

A ces six segments élémentaires de l'espace de Noël Burch s'opposent les trois niveaux de l'espace d'Eric Rohmer17(*) : l'espace pictural, c'est-à-dire, l'image cinématographique projetée sur le rectangle de l'écran et perçue comme la représentation plus ou moins fidèle de telle partie du monde extérieur ; l'espace architectural, c'est-à-dire l'existence objective de ces parties du monde fabriqué et l'espace filmique, c'est-à-dire l' espace virtuel reconstitué dans l' esprit du spectateur à l'aide des éléments fragmentaires que le film lui fournit.

Si, dans un roman, cet espace est dit, raconté ou décrit, au cinéma il est montré. Sans rien nier des notions d'espace telles que définies dans le roman, l'approche au cinéma est encore plus rigoureuse puisque technique. La description de l'espace doit donner des renseignements sur ses trois éléments essentiels qui sont le décor (description du lieu où va se dérouler l'action contenue dans le film), l'action (ce qui se passe à l'intérieur du plan) et le costume (vêtements portés par les personnages qui sont assez souvent significatifs). L'ensemble de ces éléments permet de changer la représentation du contenu, de donner le caractère de la représentation cinématographique, son sens, son style.

En somme, nous allons retenir, avec Gérard Betton que « le cinéma jouit d'une maîtrise totale de l'espace. Le réalisateur se contente très rarement de reproduire un espace global tel qu'il est. Il crée un espace purement conceptuel, imaginaire, structuré et quelquefois déformé »18(*).

1.5 La construction du personnage dans le roman et le film

Pour aborder les notions relatives aux personnages, il est important de bien distinguer les notions de personnage, rôle, actant et comédien, ce qui permet d'avoir un bon usage des terminologies.

Selon André Gardies19(*) : Le personnage est une personne imaginaire représentée dans une oeuvre de fiction. Son propre est d'appartenir au monde diégétique que propose le récit et de s'y définir. L'actant est un terme qui définit le personnage d'une oeuvre narrative en tenant compte de la fonction qu'il occupe dans le système du récit (sujet, objet, destinataire, destinateur, opposant ou adjuvant). C'est une force agissante au sein du monde diégétique, un facteur de la dynamique du récit.

Le rôle par contre, est une entité culturelle, préexistant à l'oeuvre, qui apparaît comme une figure relativement stable, susceptible néanmoins d'accepter des variations mineures (exemple : le rôle de Tarzan) tandis que le comédien est une personne réelle qui interprète le rôle ou le personnage d'un récit fictionnel.

* 16 Burch, N, Une praxis du cinéma, Paris, Folio-Essais, 1986, p. 39

* 17 Rohmer, E, L'organisation de l'espace dans «  le Faust » de Marnau, Paris, 10/18, 1977, pp. 11-12

* 18 Betton, G, Esthétique du cinéma, Paris, PUF, 1994, p. 28

* 19 Gardies, A., Le récit filmique, Paris, Hachette, 1993, pp. 53=66

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