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Le refus de la linéarité dans l'adaptation cinématographique de la Rue Cases-Nègre de Joseph Zobel

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par Théophile Muhire
Université Natinale du Rwanda - Licence en Lettres 2004
  

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2.1.3 Narratologie et roman

Comme nous l'avons vu, la narratologie vise l'étude des formes et des relations entre les éléments du récit. Ce qui veut dire que les techniques de la narratologie s'appliquent au roman avec beaucoup de succès, si l'on considère que celui-ci constitue le récit par excellence.

Le roman est une oeuvre d'imagination en prose assez long qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels. Il nous fait connaître leur psychologie, leur destin et leurs aventures. Il existe deux orientations de la narratologie appliquée au roman : la première appelée couramment la sémiotique narrative est représentée par Propp, Bremond, Greimas, etc. Elle vise la narrativité de l'histoire, le rapport entre les différents actants, sans se soucier du support qui la véhicule. Car, pour la sémiotique, un même évènement peut être traduit par des médiums différents.

L'autre conception de la narratologie romanesque prend pour objet, non pas l'histoire, mais le récit comme mode de représentation verbale de l'histoire (façon de présenter l'histoire plutôt que son déroulement). Elle étudie donc les relations entre les trois plans que sont le récit, l'histoire et la narration. Cette conception répond aux questions du type : « qui raconte quoi ? », « jusqu'à quel point ? » et « selon quelles modalités ». Certains narratologues, comme Gérard Genette, essaient de concilier ses deux tendances avant de les appliquer au roman.

Si le roman est considéré comme un récit par excellence, il ne se réduit cependant pas à celui-ci (les romans balzaciens, par exemple, comportent des moments non narratifs, telles certaines descriptions). Il y a en outre des moments de narration dans des textes qui ne sont généralement pas reçus comme des récits. L'intérêt de l'approche narratologique appliquée au récit romanesque réside en ce qu'elle a montré que tout roman comportait des caractères d'un système, et que sa création ne relevait pas seulement d'une ineffable inspiration, mais aussi d'un ensemble d'opérations, certes complexes, mais repérables et descriptibles. Toutefois, cette approche a aussi ses limites. La première tient à la nature du corpus le plus souvent étudié. Contes et récits brefs, parce qu'il s'agit des formes assez simples, permettent la mise en évidences des structures élémentaires et des fonctions narratives de base, mais celles-ci ne sont pas suffisamment fines, pour rendre compte d'organisations complexes comme celles du roman. La seconde touche à l'objet même de l'approche narratologique. Visant à décrire la logique sous-jacente, son objet est en fait le récit et non la narrativité. Dans ce travail donc, on s'en tiendra au discours du récit romanesque, dans la foulée des travaux de Gérard Genette23(*) pour l'appliquer au roman de notre corpus. Genette sera complété, en matière cinématographique, par Gaudreault et Vanoye.

* 23 Genette, G, Figures du récit, Paris, Seuil, 1972 et Figures du récit, Paris, Seuil, 1984

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