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Eléments méthodologiques d'exploration des risques dans les musées et les activités muséales

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par Achille Clotaire NGOMO ALGOT
Université de Technologie de Troyes - Master Ingénierie et Management en Sécurité Globale Appliquée 2014
  

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Deuxième partie : ELEMENTS DE BASE POUR LA PREVENTION DES RISQUES SUR LES ESPACES MUSEAUX.

La gestion des risques pour un espace muséal comme pour toute organisation est une activité stratégique donc relevant des activités régulières de l'organisation prise dans son ensemble. La permanence qu'une telle mission implique est comme on peut l'imaginer est assurément corrélée à la nécessaire pérennisation de l'entité muséale tant pour sa stabilité en termes de fonctionnement et de renforcement de ses structures de base que pour la solidification sociale de son image ou de sa réputation en tant que capital immatériel. En tant qu'activité stratégique conditionnant la sécurisation de la réalisation de la mission de l'institution muséale, un triptyque méthodologique va y conditionner la gestion des risques : l'identification des risques la maitrise des risques et la prévention des risques.

2.1. L'identification des risques dans les espaces museaux

En partant des deux espaces museaux traditionnels retenus pour notre études à savoir les espaces fermés du type ERP ou les espaces ouverts de type site, nous avons vu dans les développements précédents que l'environnement extérieur au musée entraine celui-ci dans la contrainte d'une variabilité de risques liés à ses dimensions humaines, géographiques, institutionnelle ou technologique. Il s'agit ici moins de procéder à une énumération de ces risques que de vouloir montrer comment une gestion des risques discontinue n'est pas de nature à pouvoir apporter une dimension globale à la politique générale de gestion des risques devant incomber aux responsables d'une institution muséale. Une telle approche de gestion globale peut être inspirée des apports théoriques qui cherchent à comprendre la génération des événements à caractère accidentels pouvant toucher les structures organiques vivantes ou infrastructurelles.

2.2. Aperçu théorique sur la genèse d'événements accidentels.

En effet, la littérature sur les risques dispose d'une diversité de contributions théoriques visant à comprendre l'origine systémique de réalisation des phénomènes brusque ou progressifs pouvant venir à mettre en péril ou en dérangement le cadre physique de réalisation d'activités muséales. Il s'agit en effet des thèses centrées sur le risque accidentel eu égard au caractère central de la notion d'accident dans leur développement.

Le traitement théorique de la genèse des événements à caractère accidentel peut ainsi s'apprécier à la l'exercice d'une diversité d'approches. Les unes proposent de voir en l'occurrence de tels risques la conséquence d'une transmission séquentielle d'événements contrefactuels ayant comme conséquence l'événement majeur, à impact critique sur la structure ou organisation considérée ;ce sont les approches en termes de `'dominos''.Le caractère linéaire qui les sous-tend ne permet pas de les privilégier à cause de leur prédictibilité trop directe et donc limitative de la complexité d'événement qui peuvent interagir dans la réalisation d'un risque à impact négatif majeur sur une organisation.

D'autres à fondement `'énergétique'' voient en les dommages physiques subies par une structure la conséquence de flux énergétiques dont la vigueur est susceptible d'avoir un impact destructif ou dommageable sur une entité donnée. S'il faut voir en les catastrophes ou toute forme d'accident une manifestation d'énergie une difficulté majeur est de partir de ce genre de thèse pour cerner les paramètres de gestion de risque pratiques, et maitrisables sur le court moyen ou long terme d'une organisation. Autrement dit cette approche n'est pas pratique dans la gestion des risques multiples pesant sur une organisation, car opaque sur des concepts opérationnels d'une politique de prévention de risques fiable.

Les approches par '' émergence de symptômes'' de risques quant à elles peuvent chercher à expliquer la réalisation d'événements dommageables à la non prise en compte des signes précurseurs de réalisation de risques. Mettant en évidence la négligence humaine ou organisationnelle, ces approches semblent axer relativiser l'occurrence du risque accidentel sur un seul facteur, et vraisemblablement la vigilance majoritairement interne au musée. En outre du point de vue de la gestion des risques organisationnels, c'est à une approche par `'à coup'' ou par `'tâtonnement'' qu'elle semble suggérer.

Il y a aussi des approches stochastiques qui sont développées pour expliquer la réalisation des risques de dommages que l'on peut enregistrer dans une organisation. Selon elle, certains éléments d'une organisation sont aléatoirement plus exposés à l'occurrence de risque dommageable que d'autres. Une certaine rigidité de cette approche est facilement détectable qui plus est serait à la base d'une politique de gestion de risques parcellaire, fondée uniquement sur les éléments ayant une probabilité d'endommagement plus déterminante à la suite de réalisation d'un risque accidentel. Pour le cas d'un musée, on se consacrerait ainsi à la seule protection des murs ou des tableaux artistiques en négligeant d'autres facteurs bénins soient-ils.

D'autres approches plus réalistes vont sans doute faire la synthèse des précédentes en cherchant à attribuer aux risques majeurs la conséquence d'une origine multiplicité de causes pouvant intégrer toutes les dimensions possibles des environnements extérieurs et intérieurs au musée, pour le cas d'espèce.

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