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Eléments méthodologiques d'exploration des risques dans les musées et les activités muséales

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par Achille Clotaire NGOMO ALGOT
Université de Technologie de Troyes - Master Ingénierie et Management en Sécurité Globale Appliquée 2014
  

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2.3. L'approche par la théorie de la '' multiplicité de causes''

Sur le plan méthodologique, la thèse d'une multiplicité des causes d'un événement accidentel doit conduire à l'élaboration d'un outil de base, dès la survenue d'un tel événement. Une telle élaboration peut aussi se faire par l'exploitation des retours d'expériences sur des événements similaires concernant l'organisation concernée ou d'autres organisations aux missions similaires ou pas relevant de l'environnement extérieur.

Fondé sur une étude de l'incident ou de l'événement dommageable sur les structures d'appui d'un musée à postériori, l'utilité d'un tel outil tient à sa capacité de permettre une démarche rétrospective à partir des faits objectivement observables. Une telle approche devrait ainsi occasionner la détermination de la cause primitive de l'événement insatisfaisant.

On considère en effet qu'une analyse du risques sur la base d'une multiplicité des causes a l'avantage de prendre en compte dans l'exercice de compréhension des causes d'une conséquence indésirable les dimensions humaines, organisationnelles, techniques voire institutionnelles d'une organisation afin de procéder à une démarche globale de gestion des risques à long terme.

Un autre avantage de la méthode d'analyse des risques par la logique des causes multiples est son caractère collaboratif. Elle met en effet en communauté de travail les principales ressources humaines dont la symbiose collaborative est capitale pour l'exploration de la pluralité des facteurs ayant occasionné le fait dommageable ou désastreux pour l'exploitation de l'organisation.

En France, l'Institut National des Risques et de Sécurité au travail, initiateur de la démarche en 1970 préconise par exemple dans la constitution d'un tel groupe de travail la présence :

-d'un membre de l'équipe de sécurité ;

-d'une représentation du personnel ;

-d'une représentation de la commission d'hygiène et de sécurité ;

-de la représentation de la ou les personnes impactées par l'événement ;

-de personnes ressources à des fins de témoignage

Aussi avons-nous trouvé transposable sur le domaine des risques sur les structures physiques des musées, la notion d'accident tant pour son impact sur ce domaine que sur celui des personnes et des biens. En effet la limitation de l'étude sur les espaces ne saurait, s'appliquée sur son impact, celui-ci pouvant ainsi s'étendre sur les autres dimensions matérielles ou humaines.

Ainsi, les risques analysés dans le cadre spatial des activités muséales, si on fait la censure méthodologique de l'exclusion de leur portée séquentielle sur les personnes et les autres biens d'un musée, sont considérés comme accidentels s'ils sont caractérisés par un impact destructif ou limitatif de fonctionnalité sur l'espace considéré. L'espace considéré est en effet sujet à des risques d'accidents, au sens large, les uns d'origine naturelle les autres d'origine humaine, intentionnelle ou non. La notion d'accident ici doit donc être vue dans une perspective plus large c'est-à-dire n'impliquent pas nécessairement la personne humaine visiteuse ou travaillant sur l'espace muséal, en tant que victime du fait accidentel.

C'est l'approche du dictionnaire qui veut donc être privilégiée ici lorsque, par exemple le Petit Larousse en vient à définir un accident comme « un événement fortuit occasionnant des dommages ». C'est dommages, par expérience peuvent être corporels sur le plan humain en entravant l'intégrité physiologique de la personne pouvant s'avérer mortels ou sur le plan des commodités physiques servant de cadre de localisation des personnes. L'expérience montre aussi que les deux sphères sont généralement impactées de manière simultanée en cas de survenue de l'événement accidentel.

Mais la nature fortuite de l'événement accidentel pouvant impacter sur les dimensions physiques ou non humaines du musée  se réfère à la spontanéité du risque accidentel, la définition ci-dessus pourrait s'affranchir de toute objection. En effet la notion de spontanéité n'exclut pas celle de la prévisibilité dans la survenue d'un risque comme on l'a remarqué dans l'évocation du triptyque `IMP', fondamental pour la gestion des risques d'une organisation qu'elle soit muséale ou non.

La saisie méthodologique du risque accidentel vient ainsi à être sujette à complexité lorsque la nécessité d'une organisation globale de gestion des risques dans une institution s'avère incontournable, si on se situe dans le cadre d'une entreprise d'exploration des solutions de mitigation des risques divers auxquels le musée, dans le cadre de sa mission principale, est soumis.

Cette complexité est sans doute associée à la pluralité des tentatives théoriques cherchant à déterminer les mécanismes de procession des causes des accidents. C'est-à-dire les phénomènes transmission pouvant se manifester entre les facteurs de survenues d'accidents tels que l'on peut les examiner empiriquement. En somme, la baisse ou la cessation de fréquentation d'un musée fermé ou ouvert peut provenir de :

- la destruction totale ou partielle de la structure ou d'une de ses parties ;

-l'altération de la solidité de toute la structure ou d'une de ces partie ;

Ces deux hypothèses peuvent servir de base dans une démarche d'exploration des facteurs à l'origine d'une détérioration totale, partielle ou minime de la réputation d'un espace muséal, eu égard à sa mission principal d'éducation artistique, de divertissement, en somme de délectation des ressources culturelles et artistiques qu'il peut receler. Il s'agit en effet de procéder à l'identification, comme le suggèrent les précautions du management des risques, des facteurs d'occurrence de risques de cessation ou défaillance des activités primordiales d'un musée.

Le principe de base peut consister ici à reporter à partir de séquences d'événements contrefactuels antérieurs pour expliquer la conséquence finale de ces processus en termes crise de fréquentation de l'espace muséal. Cette façon de procéder voudrait viser à montrer la difficulté consistant à se fixer sur les principales causes traditionnelles susceptible de rendre critique le sentiment de résilience pouvant être ressenti dans la fréquentation d'un musée qu'il soit physique en espace bâti ou ouvert, ou encore virtuel. Ces causes rappelons les, sont de diverses sources :

-sismiques: par exemple les tremblements de terre, les éboulements de terrain, les glissements de terrains, etc. pouvant avoir un impact de détérioration sur le cadre physique des activités muséales.

-climatiques etmétéorologiques : par exemple les inondations, orages, les avalanches, les variations anormales des températures.

-humaines à travers des imprudences ou des actes de malveillance : par exemple dégradations par abus d'usage des espaces, les incendies volontaires ou non, les actes terroristes.

-technologiques à travers des usages abusifs touchant à la sécurité des données muséales numériques ou des attaques virtuelles sur les communautés de partage de ressources en ligne ou des attaques sur l'intégrité des oeuvres, etc.

-institutionnelles : la réputation d'un musée peut être affectée de deux manières ici. Dans un sens, elle peut être la conséquence d'une non-conformité aux normes baptismales de développement des activités muséales ; dans l'autre sens la désaffection peut provenir d'une refonte des structures muséales venant à en altérer la dimension artistique ou bien la valeur historique des sites.

-des entreprises extérieures soit lors de la réalisation de certains travaux d'appoint comme par exemple les réfections internes

En effet la perte de réputation, les désastres ou les défaillances pouvant survenir dans de tels espaces sont loin d'être le fait d'une cause unique. Un exercice de mitigation des risques doit ainsi tenir compte de la pluralité des causes sous-jacentes à tout désagrément à impact nuisible sur les fonctions et la réputation d'un musée.

Sur le plan théorique, la référence à une accidentologie fondée sur l'existence des causes multiples s'avère ainsi décisive dans l'élaboration d'une démarche préventive des risques majeurs pouvant peser sur la pérennisation des fonctions assignées à un espace muséal.

La proposition de la thèse d'une multiplicité des causes de risques de désagréments en espace muséal veut surtout insister sur la dimension méthodologique nécessaire à l'élaboration d'un plan de prévention de risques, du fait du caractère illimité des scénarios possibles à prendre en compte dans la compréhension de la génération de l'occurrence d'événements non souhaitables aux espaces museaux en termes d'espaces de production de services et d'activités artistiques culturelles. Cependant la connaissance des principales sources de remise en cause de leurs missions telles que présentées précédemment peut déjà suggérer une démarche préventive globale. La matrice suivante essaye d'en esquisser les grandes lignes à la lumière de quelques rapports existants, qui par ailleurs ne prétendent pas à l'exhaustivité dans la présentation de risques pouvant impacter négativement sur un espace muséal.

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