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Eléments méthodologiques d'exploration des risques dans les musées et les activités muséales

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par Achille Clotaire NGOMO ALGOT
Université de Technologie de Troyes - Master Ingénierie et Management en Sécurité Globale Appliquée 2014
  

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Deuxième partie : ANALYSE DES RISQUES MUSEAUX DANS LE CONTEXTE DE SECURISATION DES PERSONNES : LE CAS DES PERSONNES HANDICAPEES

La recherche d'une définition du handicap, dans un contexte d'accessibilité au musée est problématique comme on le verra. Mais la réalité d'une existence de risques plus accrus rend incontournable un attention spéciale axée sur les publics à besoins spécifiques.

Pour parler des risques éventuels présentés par les personnes handicapées, il est nécessaire de présenter les différentes formes de handicaps pouvant exister.Unequestion de musée peut être plus renforcée, à cause entre autre du caractère injonctif de la loi sur le handicap ou de la perspective des récompenses portée par le trophée du prix du patrimoine. Dans cet esprit, il est bien entendu qu'aucune exception n'est envisageable dans le cas de l'accès aux personnes handicapées quelle qu'en soit la forme.

En effet, à travers la phrase de la Ministre Aurélie FILIPPETTI, une absence de discrimination pour l'accès aux musées en ce qui concerne les personnes en situation de handicap est perceptible dans le discours officiel. Ainsi, expliquant le prix récompensant les monuments et musées réservant un accueil de qualité envers les handicapés, la Ministre de la culture de la France explique clairement que cette récompense gratifie «  les démarches d'excellence en matière d'accessibilité généralisée des lieux patrimoniaux pour les personnes en situation de handicap moteur, visuel, auditif, ou mental ». D'où la nécessité d'une clarification de la notion de personne en situation de handicap puis successivement celle des différentes formes de handicap pouvant être connues. Cette démarche est également nécessaire pour déterminer, dans la mesure du possible, la diversité des risques associés à chaque type de musée en termes d'accessibilité aux musées et monuments culturels.

2.1.LA NOTION DE PERSONNE EN SITUATION DE HANDICAP

En considérant une approche d'accessibilité aux musées et monuments inclusive, c'est-à-dire permettant de considérer les visiteurs d'un musée sans particularismes, se focaliser sur un sous ensemble de personnes de personnes fréquentant les équipements muséographiques sur la base d'un critère de capacité psychosomatique est difficile. Des désignations visant à rendre opaque cette réalité sont son moins sujettes à caution. Une réaction sévère fait par exemple, suite quand il est question de leur accueil ou de toute circonstance de désigner les personnes handicapées par les expressions comme « publics spécifiques », publics en difficulté de mobilité, etc.Ces critiques sont sans doute motivées par souci de considérer les personnes en situation de handicap comme des personnes à part entière. Par rapport à ces désignations, sera même associée une taxation de « fausse pudeur » en arguant qu'il n'y a plus de public spécifique dans l'accès aux musées et monuments. Au-delà de ce débat, il n'en demeure pas moins qu'une réalité existe, celle des personnes ne jouissant pas des mêmes conditions de fréquentation des musées et inversement plus fragile en cas de réalisation de scénario dramatique ou presque. D'où une préoccupation exceptionnelle pouvant amener à comprendre, dans un contexte de systématisation des conditions de sécurité dans les établissements recevant du public, les dangers plus ou moins grands des personnes en situation de handicap.

2.2.LA DIVERSITE DES HANDICAPS.

La notion de handicap ou plus clairement de personnes en situation de handicap est encore l'objet d'une représentation réductionniste du phénomène par la société comme le relève plusieurs constats. Les représentations courantes de la situation la ramènent assez souvent à la réalité des personnes ne pouvant assurer leur mobilité sans chaise roulante, sans canne de déplacement, sans accompagnateur animal ou humain ou encore aux personnes à marche difficile. C'est dire combien de fois la notion de handicap, dans l'imagerie populaire souffre de sa réduction à la dimension mobilité physique.

Or les observateurs scientifiques du phénomène tant sur le plan médical, démographique ou statistique invitent à prendre conscience non seulement de la diversité du problème de handicap mais aussi de son importance numérique.

Cet éclaircissement de la notion de handicap est validée par la loi qui , dans l'esprit de celle du 11 février 2005 voit en le handicap « toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle , durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant ».

L'objectivité de cette définition légale nous conduit ainsi à reconsidérer la personne en situation de handicap sous plusieurs axes :

· Celui de la diversité des formes d'invalidité

· Celui de la multiplicité des formes d'invalidité concernant le handicap

· Celui de l'intensité des formes d'invalidité

En prenant le premier axe, on en vient au constat selon lequel l'invalidité d'une personne ne se ramène pas seulement à sa dimension de motricité ; elle ne se ramène pas aucunement à la situation de la personne en fauteuil roulant ; en marche difficile, se déplaçant avec une canne ou avec un accompagnateur humain ou animal. Le handicap dans ses variantes, n'épargne aucun aspect de la dimension physiologique ou sensorielle de l'être humain. C'est pourquoi ce point nous conduit à répartir le handicap à la lumière de la typologie de l'expertise médicale ou sociale en deux grandes catégories : le handicap moteur et le handicap sensoriel.

a) La personne en handicap moteur

Il faut remarquer que la perception directe de la forme de difficulté le caractérisant dans sa motricité est celle qui apparaît à l'esprit lorsque l'on considère sa fréquentation de musée ou d'autres milieux culturels, en rapport bien sûr avec la préoccupation de sécurité. D'où la tendance à la réduction dans la représentation courante de la personne en situation de handicap à celle ne jouissant d'une autonomie de mouvement totale. Il peut s'agir en effet de l'homme, la femme ou la jeune personne se déplaçant avec difficulté à cause d'une incapacité physique affectant totalement, moyennement ou légèrement la motricité de l'individu avec pour conséquence directe , aux niveaux sécuritaire de l'aménagement de dispositions particulières d'accueil , de circulation et le cas échéant d'évacuation dans un contexte de visite d'un site muséographique.

La situation de handicap moteur quelle que soit leur origine se caractérise donc par une perte totale ou partielle de la motricité de la personne, affecte généralement les parties supérieures ou inférieures de ses membres. Le handicap se manifeste ainsi par des troubles de déplacement, des difficultés de stationnement debout ou de changement de position ; des difficultés de réalisation de certains mouvements ; de saisie ou de manipulation d'objet.

Mais les altérations de la motricité peuvent avoir des origines cérébrales. Dans ce cas, il peut en résulter des altérations au niveau des capacités d'expression, les capacités intellectuelles restant intactes toutefois.

Quant aux manifestations physiologiques ou cliniques des invalidités, des plus simples aux plus complexes ; par exemple les arthroses, les rhumatismes peuvent être tenus pour légers cas de handicap comparativement à l'hémiplégie, la tétraplégie ou la paraplégie. Les personnes affectées par une difficulté de motricité lourde sont environ 1% de la population -dont un peu plus de la moitié se servant d'un dispositif de déplacement roulant. (INSEE, 2002- Résultat Enquête Handicap- Incapacité n°6)

Cependant, la prise en compte de la situation de handicap ne saurait se limiter aux cas précédemment évoqués. Le handicap qu'il soit moteur ou sensoriel comme on le verra ci-après, concerne tout le monde comme rappelé d'ailleurs par l'esprit de la loi 2005 sur l'accessibilité. Le handicap est en effet une situation pouvant arriver à la suite d'événement plus ou moins dangereux pouvant survenir dans la vie de l'individu. On en tient pour référence, le cas des accidents, chutes de la personne en circonstance professionnelle, de loisir, de repos, familiale etc...ayant occasionné une situation d'incapacité de motricité plus ou moins forte chez la victime.

Les complications de motricité durables se produisent enfin par l'évolution physiologique naturelle à travers l'âge ou la croissance somatique. Ces formes d'invalidité peuvent être associées à une grande fatigabilité sinon cette dernière peut constituer à elle seule une forme de handicap.

La connaissance des différentes formes de handicap moteur sera essentielle pour l'analyse des risques associés à la fréquentation muséographique des personnes en souffrant. Elle nous permettra aussi de voir plus loin le caractère contradictoire, au plan institutionnel, de certaines dispositions juridiques par rapport à l'obligation nationale de développer l'accès aux sport et loisirs des personnes handicapées. Mais avant de s'étendre sur ces deux points, une clarification où une extension de la connaissance de l'aspect sensoriel du handicap est capitale pour dresser une grille aussi globale que possible des différents risques associés aux différents types de handicap.

b) La personne en handicap sensoriel

Comme sa désignation le permet, il s'agit des incapacités totale ou partielle affectant les sens de la personne : l'ouïe, l'odorat, le toucher, la vue, le goûter. La définition de chacune est essentielle dans l'approfondissement de la recherche des causes d'insécurité auxquelles sont exposées les personnes vulnérables.

Tout comme l'infirmité à caractère moteur, les manifestations du caractère sensoriel des invalidités vont se traduire, dans la société en une diversité de situations vécues, intégrant aussi bien leur caractère intellectuel, d'où la nécessité d'une description de leurs formes principales du handicap mental au handicap visuel et auditif.

c) La personne en handicap mental.

Sa perception se faità travers le relèvement des troubles de compréhension, de communication et de décision. On le caractérise, chez la personne en souffrant, par des problèmes de repérage spatio temporel. Les personnes ayant ce type de difficulté sont assimilées, en outre, à celles frappées d'illettrisme, d'analphabétisme ; à la situation des enfants de premier âge , et bien sûr à celle de certaines personnes âgées. De même, il est à noter dans cet ensemble les personnes se trouvant dans un contexte linguistique différent de leur provenance.

d) La personne en handicap visuel.

En situation de déficience visuelle, les personnes concernées se répartissent en personnes mal voyantes et personnes non voyantes.

Les personnes mal voyantes ont une perception variée de leur milieu en rapport avec leur acuité visuelle. En effet, leur degré de perception de l'espace est beaucoup lié aux caractéristiques de celui à travers des éléments comme la lumière, l'encombrement des espaces, les obstacles et les reliefs pouvant s'y trouver et leur contraste.

Quant aux personnes non voyantes, l'environnement n'est perçu que grâce aux autres sens car leur cécité est générale ou complète. C'est pourquoi, en anticipant sur les prochains développements, leurs déplacements nécessitent un accompagnement animal ou humain lorsqu'il ne s'agit pas d'une canne blanche pour la détection d'obstacles. Le rôle informateur du bruit dans une situation d'urgence ne le permet certainement pas d'être plus à l'abri du danger ou en milieu fermé architecturalement que la personne souffrant d'un handicap auditif.

e) La personne en handicap auditif.

L'incapacité totale ou partielle de perception et de déchiffrage des messages sonores consistent en la particularité de leur situation. Ces deux variantes d'incapacité conduisent ainsi à la distinction entre la personne malentendante et la personne sourde, comme nous l'avons fait pour les personnes ayant des problèmes de la vue.

1. Les personnes malentendantes

Comme sa dénomination le suggère, elle possède une capacité d'audition qui, quoi que faible , peut être exploitée par la personne et son milieu. Cette capacité peut cependant être amplifiée par des dispositifs technologiques appropriés tels que les appareils auditifs tout comme sa perception de messages peut être améliorée par la méthode de lecture labiale.

f)La personne sourde ou non entendante.

Elle l'est de manière innée, circonstancielle, à la suite d'un accident ou d'une maladie comme une otite. N'entendant aucun signal sonore, sa compréhension ou perception de l'espace informationnel se fait de plus en plus à l'aide de méthodes visuelles comme le langage des signes.

Le parcours des différents types de handicap est essentiel, afin d'aborder une approche cindynique du handicap quel que soit le contexte (muséographique ou non). Elle est d'autant plus pratique que les situations de handicap peuvent être complexes dans la mesure où une conjonction des formes de handicap est à prendre en compte, comme le permet le vécu de la situation. Le cas le plus courant est celui du sourd muet évidemment, mais des cas plus compliqués existent pour tenir compte de la variabilité des approches de sécurisation assorties à la prise en considération systématique du handicap dans un contexte actuel de démocratisation de l'accès aux milieux culturels et de loisirs.

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