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Les nouveaux défis du processus de formulation de budget de performance


par YETINGNON BARTHELEMY MAGBONDE
Université d'Abomey-Calavi - Administrateur des Finances _ Master professionnel 2015
  

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II- Revue de littérature sur le processus de la prévision budgétaire

Les mémoires et ouvrages abordés ici ne traitent pas explicitement et uniquement des problèmes spécifiques en résolution dans cette étude. Ces problèmes paraissent naturellement nouveaux parce que subséquents à la mise en oeuvre de la nouvelle LOLF ; ils n'ont quasiment pas fait l'objet d'une étude académique digne du nom. Mais une lecture minutieuse de ces documents nous a permis tout de même de relever les points de vue des auteurs, relativement aux problèmes identifiés.

A- Point des connaissances sur les problèmes spécifiques n°1 et n°2

Le problème spécifique n°1 de notre étude s'intitule : la non-disponibilité de certaines données nécessaires à la formulation du budget. En effet, la formulation du budget, dès la phase d'élaboration du Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP) doit s'inscrire dans une approche exhaustive, en ce qui concerne les informations ou données à prendre en considération car, une approche plus exhaustive des finances publiques contribue par ailleurs à renforcer la transparence. C'est dans cette logique d'exhaustivité que le guide didactiquede la directive n° 06/2009/CM/UEMOA du 26 juin 2009portant lois de finances au sein de l'UEMOA précise : «Afin de permettre aux Parlementaires et aux citoyens d'appréhender la dépense publique dans son ensemble (budget de l'Etat mais également budget des collectivités locales, établissement publics, entreprises publiques), la Directive étend le périmètre pris en compte par les lois de finances et complète, à travers la documentation budgétaire, l'information fournie aux Parlementaires ». Dans ces conditions, les autorités chargées de la formulation et de la présentation du budget doivent garantir une information fiable et complète et ne pas sciemment ou inconsciemment dissimuler des informations financières, surévaluer les recettes ou sous-estimer les dépenses. Les informations intéressées concernent principalement la phase amont de formulation de la loi de finances.Cette phase permet de déterminer la stratégie budgétaire et financière de l'Etat à moyen terme et de mettre en perspective les principaux paramètres qui déterminent l'évolution probable de la conjoncture, des perspectives de ressources, de la situation patrimoniale des organismes publics et de leurs besoins financiers. L'objectif de cette phase amont est de permettre aux autorités nationales chargées des arbitrages et de la politique budgétaire d'opérer des choix stratégiques pour l'élaboration de la loi de finances. Cette partie constitue une grande innovation de la Directive puisqu'elle consacre juridiquement une pratique généralisée dans la zone UEMOA : les documents produits au cours de cette phase font, désormais, partie intégrante du processus budgétaire et sont obligatoirement annexés au projet de loi de finances de l'année. Ils constituent également un support privilégié pour la démarche de performance de l'article 12.Par « secteur public », la Directive entend ne pas limiter le champ d'application du DPBEP au seul secteur de l'État entendu au sens des administrations centrales et déconcentrées mais également aux autres « organismes publics » tels que, les collectivités locales, les établissements publics à caractère administratif, les entreprises publiques et les offices d'Etat.

Relativement au problème que constitue l'absence d'obligation formelle de présentation des outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles, il apparait que les Documents de Programmation Pluriannuelle des Dépenses (DPPD) constituent les supports de présentation de la performance.

Concernant la phase de programmation budgétaire, la Directive impose l'élaboration de documents de cadrage pluriannuel pour justifier des choix budgétaires de la loi de finances de l'année. Ces documents présentent l'évolution à moyen terme (trois ans généralement) des dotations de la loi de finances et leurs impacts sur l'équilibre général des finances publiques. Ils sont visés aux articles 52 et 53 de la nouvelle Directive et sont désignés respectivement comme : le Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP) et le Document de Programmation Pluriannuelle des Dépenses (DPPD). Ils s'intègrent dans le processus de formulation de la loi de finances dont ils sont des annexes obligatoires.

La démarche de performance s'inscrit en conséquence dans le renforcement du système de gestion des finances publiques selon les trois objectifs budgétaires à savoir la discipline budgétaire globale, l'allocation stratégique des ressources et la prestation efficiente des services publics. En particulier, la recherche de la performance doit s'effectuer dans lerespect des contraintes macroéconomiques et des objectifs budgétaires globaux, définisdans le Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP),précisé dans l'article 52 de la directive 06/2009/CM/UEMOA.C'est dire que désormais, le budget doit mettre en avant, non seulement les moyens liés à l'activité des pouvoirs publics, mais également justifier la répartition des allocations par rapport à la réalisation d'objectifs définis ex ante pour chaque poste de dépense.Cela suppose que le Gouvernement est donc tenu d'expliquer et de justifier l'utilisation de l'intégralité des crédits qu'il sollicite. Chaque franc utilisé doit être détaillé à travers une analyse du coût des politiques publiques.Cette innovation revêt un intérêt particulier dans le cadre de la gestion des finances publiques des pays en développement. Elle offre une réponse technique aux problèmes d'articulation entre les stratégies nationales de développement et les budgets. C'est à ce titre que l'article 12 de la Directive 06 fait obligation aux budgets des ministères d'être présentés en programmes.

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