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Les nouveaux défis du processus de formulation de budget de performance


par YETINGNON BARTHELEMY MAGBONDE
Université d'Abomey-Calavi - Administrateur des Finances _ Master professionnel 2015
  

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B- Point des connaissances sur les problèmes spécifiques n°3 et n°4

La faible contribution du Contrôle Financier à la sincérité des prévisions budgétaires constitue le PS n°3 de la présente étude. Retenons qu'aux côtés des principes budgétaires classiques (annualité, spécialité, universalité et unité), la nouvelle Directive de l'UEMOA introduit un nouveau principe : la sincérité budgétaire. Le principe de sincérité apparait aux articles 30 et 72 de la Directive et est consacré aux articles 8 alinéas 2, et 80de la loi n°2013-14 du 27 septembre 2013 relative aux lois de finances au Bénin. Il se définit commel'obligation de présenter des comptes ou un budget reflétant une image sincère et fidèlede la situation et des perspectives économiques et patrimoniales nationales au regard des informations dont dispose le Gouvernement au moment de leur élaboration. Le principe de sincérité interdit de sous-estimer les charges ou de surestimer les ressources présentées dans la loi de finances et fait obligation de ne pas dissimuler des éléments financiers ou patrimoniaux. Deux corollaires s'attachent à ce principe : l'inclusion effective de l'ensemble des ressources et des charges (en ce sens, le principe de sincérité rejoint les obligations découlant du principe d'universalité) au sein du budget ou des comptes de l'Etat ainsi que la cohérence des informations fournies. Le principe de sincérité se décline au plan budgétaire (article 30) et au plan comptable (article 72). Au plan budgétaire, ce qui nous intéresse ici, il implique de présenter l'ensemble des ressources et des charges de l'Etat de façon sincère.Parlant de la sincérité en prévision budgétaire, M. BACHELLERIE (2005) faisait observer que : « le contrôle de l'engagement de la dépense étant allégé il est important que l'action du Contrôle Financier soit orientée vers les véritables enjeux budgétaires. A cet effet, il est nécessaire que le Contrôleur Financier examine les prévisions des dépenses, principalement au regard des dépenses obligatoires et inéluctables, les prévisions de consommation de crédits, de rémunération et d'autorisation d'emploi ». A. BARILARI (2004), ajouta quele Contrôle Financier doit prendre en compte la mesure de la performance. Quant à F. DANON (2013), pour une efficacité du contrôle a priori, il urge donc que le ContrôleFinancier sur lequel repose la lourde responsabilité de prévention desdifférents risques budgétaires et financiers soit suffisamment équipé etarmé pour identifier, évaluer et prévenir, en un temps record, les risquesbudgétaires et financiers qui entachent éventuellement les opérationsfinancières de l'Etat.

SelonJ. F. JOYE (2010), la sincérité « ...c'est un principe cardinal, peut-être le plus fondamental en tant qu'il couronne l'édifice juridique financier et lui assure une unité conceptuelle...il a du sens et il donne du sens... ». C'est tout simplement un principe qui est basé sur l'éthique, la morale et donne ainsi du sens à notre organisation sociale. Dans ce même sens, M. C. ESCLASSAN(2010) estime qu'il existe un lien étroit entre sincérité et gouvernance financière ; les deux sont étroits et profonds car le besoin d'une information fiable, et donc sincère, est essentiel dans les conceptions de la gouvernance des systèmes quels qu'ils soient. L'exigence de la sincérité associe celle de la transparence. La logique de performance et de résultat qui imprègne désormais la plupart des systèmes financiers publics conduit à mettre l'accent sur la place fondamentale de l'information dans la gouvernance financière publique. Dans cette perspective, la qualité de l'information, et notamment sa fiabilité, revêt une importance capitale.

Revenant enfin sur le non-respect de certains critères de convergence de l'UEMOA (problème spécifique n°4), N. DANGOU (2013) retenait déjà, d'après son étude, que les Etats membres de l'UEMOA éprouvent généralement des difficultés pour le respect du pacte de convergence qu'ils se sont librement donnés.Elle mentionnait en outre que le Bénin fait preuve de laxisme dans l'octroi de primes et indemnités aux agents de l'Etat ; ce qui gonfle anormalement la masse salariale. Elle suggère à cet effet que l'ensemble des éléments entrant dans la composition de la masse salariale soient revus à la baisse. Par ailleurs au sujet du critère qu'est le taux de pression fiscale,B. L.N'GALADJO (2004) révélait que « le taux de pression fiscale dont le respect devrait fournir aux Etats membres davantage de ressources pour assurer les équilibres macroéconomiques, ne l'est pas, là aussi à cause, sans doute de l'existence de groupes de pression et/ou de préférences plus forte pour la non convergence compte tenu des coûts politiques attendus ». Les Etats membres devraient au moins, à l'étape de la prévision, tenir compte du pacte de convergence.

Déclinons à présent la méthodologie de recherche suivie.

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