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Les nouveaux défis du processus de formulation de budget de performance


par YETINGNON BARTHELEMY MAGBONDE
Université d'Abomey-Calavi - Administrateur des Finances _ Master professionnel 2015
  

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B- Approches de solutions aux problèmes spécifiques n°3 et n°4

Le Contrôle Financier contribue très faiblement à la sincérité des prévisions budgétaires ; disons même qu'il n'en contribue pas du tout. Les acteurs et spécialistes du domaine le confirment. La non-implication du Contrôle Financier dans le processus de la préparation budgétaire en est la cause. Pour y remédier, nous suggérons l'implication active du Contrôle Financier dans le processus de formulation du budget. De façon pratique, il fautla mise en place, au sein de chaque ministère ou institution, d'un dispositif à compétences hétérogènes, notamment une équipe de cadres techniciens (statisticiens, planificateurs, économètres, contrôleurs financiers...), capables de procéder à l'analyse du bien-fondé des données collectées par cette structure. Cette équipe technique se chargera d'apurer le travail de prévision budgétaire effectué par les DPP avant la centralisation des propositions budgétaires sectorielles. Avec l'oeil vigilant du contrôleur financier qui a besoin de jouir d'une autonomie vis-à-vis du sectoriel, il est possible d'améliorer la sincérité des prévisions budgétaires. Ce contrôleur, avec l'appui de l'équipe technique sectorielle,concourt, à ce titre, à l'identification et à la prévention des risques financiers ainsi qu'à l'analyse des facteurs explicatifs de la dépense et du coût des politiques publiques. Lors de l'examen de la programmation budgétaire, il vérifie le caractère sincère des prévisions des dépenses et d'emploi présentées par les responsables de programme, etc. Il contrôle la part annuelle de programmation budgétaire initiale, les documents prévisionnels de gestion, leur modification en cours de gestion, etc. Il assiste le Ministre chargé des finances dans la mise en oeuvre des mesures propres à prévenir une détérioration de l'équilibre budgétaire ; il participe à la régulation budgétaire. Dans cette logique, il ne serait plus opportun que le Contrôle Financier intervienne à la phase d'engagement de la dépense, du moment où il est formellement impliqué dans la préparation budgétaire. Dans ces conditions le responsable de programme est entièrement libre dans sa gestion comme le souhaite la Directive de l'UEMOA, de manière à en répondre en fin d'année.

Par ailleurs, la résolution du problème que constitue le non-respect de certains critères de convergence de l'UEMOA passe par la mise en place d'une stratégie managériale conduite par des hommes avertis des enjeux. En clair, il faut agir. A défaut d'agir par certitude de réussir, il faut agir par conviction du devoir. La cause identifiée étant la rigidité de certains agrégats budgétaires, il urge de mettre un accent particulier sur les agrégats entrant dans la détermination des critères mis en cause. De façon spécifique, il s'agit du ratio de la masse salariale et du taux de pression fiscale.

Le ratio de masse salariale évalue la part des recettes fiscales consacrée à la rémunération des agents de l'Etat. La norme communautaire en la matière est de 35% des recettes fiscales alors que l'estimation prévisionnelle monte à 40,85% pour 2016. Pour remédier à cet état de chose, l'Etat doit chercher à augmenter la base de calcul, c'est-à-dire les recettes fiscales d'autant plus que toute action visant à réduire les droits acquis en matière salariale est susceptible de générer des tensions sociales à effets pervers. Augmenter les recettes fiscales revient à élargir l'assiette fiscale en poursuivant la promotion d'une fiscalité de développement. Les régies financières doivent également poursuivre les efforts de recouvrement des recettes budgétaires et la lutte contre la fraude fiscale afin d'accroître le produit des recettes et de diminuer ainsi le ratio de masse salariale qui demeure élevé, même à l'étape de prévision. Dans le même sens, il faudra aussi renforcer les contrôles fiscaux, intensifier les actions de recouvrement et développer un système complet et intégré pour limiter la fraude fiscale. En ce qui concerne le faible taux de pression fiscale par rapport au seuil fixé en zone UEMOA, la lutte contre le secteur informel doit être effective. Cela se manifestera par une généralisation de l'IFU rendu obligatoire pour toute transaction financière, même entre personnes physiques, et une incitation motivant les acteurs de l'informel à y renoncer.

Quelles sont alors les conditions de mise en oeuvre de ces différentes mesures ?

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