3.1.2.-Analyse et interprétation des
résultats
L'analyse des données révèle plusieurs
faits marquants, à savoir : une violation flagrante des droits des
détenus, une insuffisance de place derrière les barreaux, une
surpopulation carcérale avec des conséquences très
délétères, etc.
3.1.2.1.-Violation flagrante
des droits des détenus
Dans la Prison civile des Cayes, on y trouve près de
800 détenus. Les conditions de détention de ces détenus
sont pénibles. Ils n'ont pas d'accès à l'éducation,
aux loisirs, à la santé, aux droits à un procès
équitable, efficace et impartial. Dans ce milieu, ils font face aux
problèmes de nutrition, de surpopulation carcérale, d'exposition
au danger et à toutes sortes de maladies, de maltraitance de la part des
autres prisonniers déjà condamnés. Parmi ces
détenus, certains n'ont jamais été auditionnés ou
comparus par devant un juge et n'ont pas d'accès à des visites
familiales, encore moins à des prises en charge médicales. Vu
l'état dégradé de la Prison civile des Cayes, on peut
affirmer sans ambages que mineurs et majeurs sont détenus dans des
conditions infrahumaines, humiliantes et dégradantes. Donc, on est dans
une situation de réinsertion sociale ratée alors que c'est le
principe même du droit pénal moderne.
3.1.1.2.-Insuffisance de place
derrière les barreaux
Les données disponibles sur le nombre de personnes
détenues par rapport au nombre de places disponibles dans cette prison,
montrent une forte variation de la surpopulation carcérale durant notre
enquête. On peut constater une augmentation de plus de 700%, car la
prison ne peut recevoir en moyenne que 120 détenus alors qu'il s'y
trouve actuellement plus de 800 personnes. Déjà la situation de
détention des mineurs était exécrable avant l'incendie du
pavillon réservé à l'incarcération des mineurs,
c'est encore pire aujourd'hui.
3.1.1.3.-Impacts de la
surpopulation carcérale
Il est donc clair que le système carcéral
haïtien est saturé et que les conditions de détention
s'aggravent de jour en jour, notamment dans la Prison civile des Cayes.
Plusieurs rapports ont été réalisés sur cet aspect
par le BINUH et leur titre était très évocateur :
« Yo kontinye mouri » ou encore « Nap
mouri ». La situation continue de se dégrader au point que des
décès sont constatés très souvent dans les
prisons.
|