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Analyse juridique du phénomène de la surpopulation carcérale en Haà¯ti (cas des personnes détenues dans la prison civile des cayes de 2019 à  2022)


par Jean William LOUIS
Ecole de droit et des sciences Economiques des Cayes(UEH) - Licence en sciences juridiques 2018
  

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4.2.2.1.-L'élargissement des pouvoirs des agents de la Police Nationale dans les enquêtes judiciaires

Dans tous les pays développés, c'est la police qui mène les enquêtes. Dans ce cas, les effets sont beaucoup plus bénéfiques pour la société et pour les justiciables. Cela pour deux raisons : d'abord, au sein de chaque Section de Police judiciaire est attaché un laboratoire de police technique et scientifique ; ensuite, les policiers sont beaucoup plus nombreux que les juges d'instruction, ils peuvent travailler sur un plus nombre de dossier en même temps. Selon la loi, il existe un Commissariat dans chaque Commune et des Sous-Commissariats dans les Sections Communales, et même dans certains quartiers. Si les policiers se trouvent dans une relation de proximité avec la population, ils seront plus aptes à recueillir les informations relatives à l'infraction dans un laps de temps beaucoup plus rapproché de la commission du délit.

D'un autre côté, les policiers affectés à la police judiciaire sont plus nombreux que les juges d'instruction; une formation appropriée leur permettra de mener des enquêtes judiciaires, ils seront beaucoup plus efficaces dans le traitement des dossiers pénaux, notamment dans cette partie de la procédure relative à la recherche des preuves.

4.2.2.2.-L'élimination des attributions d'OPJ pour les juges de paix

Les juges de paix ne doivent pas être appelés à participer dans l'enquête, alors qu'ils sont placés par la loi pour juger les délinquants qui ont commis des infractions mineures. Les autorités placées pour enquêter doivent être différentes de celles qui jugent les délinquants. La participation des juges de paix à l'enquête bloque le plus souvent le cours de la justice pénale non seulement en raison de la multitude d'autorités judiciaires à intervenir dans le dossier mais aussi parce que la plupart des juges de paix n'ont reçu une formation suffisante pour mener des enquêtes judiciaires de grande envergure. D'ailleurs, le CIC les contraint d'acheminer le dossier au Parquet dans un délai de trois jours francs, même s'ils n'arrivent pas à préparer convenablement l'information préliminaire. De ce fait, les enquêtes judiciaires doivent être menées exclusivement par la Police sous la supervision d'un juge appelé par la loi à surveiller les cas de violations de la liberté individuelles, des droits de la défense, c'est-à-dire de l'ensemble des garanties judiciaires que lui reconnaissent la Constitution haïtienne de 1987, les instruments internationaux ratifiés par Haïti portant sur le fonctionnement de la justice pénale et le Code d'instruction criminelle.

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