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Education et Mondialisation : les conséquences de la libéralisation de l'éducation prônée par l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) ; illustration sur la base de la position canadienne et belge

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par Ahmed Seghaier
Univeristé de Genève - diplôme d'études approfondies en études du développement 2004
  

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1.4-Les aspects culturels de la mondialisation

La mondialisation constitue un processus à plusieurs dimensions qui modifie profondément la société et transforme durablement les rapports entre le local, le régional et le global qui sont de plus en plus entrés dans une véritable confrontation.

Sous l'effet des technologies avancées (hi tech) des medias, des images, de la finance et des débats internationaux, de nouveaux milieux et concepts se découvrent et se mélangent. Aussi, des nouveaux centres culturels, économiques et politiques apparaissent-ils et influencent-ils la conscience et le comportement de l'homme moderne. Cela induit à une société mondiale et transnationale qui n'est plus caractérisée par la clarté et l'uniformité mais par la diversité, la différence et la complexité21(*).

La mondialisation engendre aussi un état de déséquilibre qui oblige par conséquent l'éducation et la formation à réviser leurs certitudes et à relativiser leur caractère national. Il ne s'agit pas seulement de s'ouvrir à des nouveaux environnements, il faut aussi s'intéresser et savoir se servir davantage de ce qui est étranger. De nos jours on assiste à une sorte de superposition entre le local, l'universel et le singulier. On assiste également à l'émergence de nouvelles formes de complexité culturelle et sociale relativement autonomes.

Le discours dominant nous parle d'une nouvelle civilisation humaine mondiale multiculturaliste et de coexistence entre les différentes cultures. La mondialisation favorise un enrichissement et une diversification des modes de vie et de la culture, par les possibilités d'accéder à toutes les cultures et civilisations dans une phase qu'on l'appelle conventionnellement le multiculturalisme. Cependant, l'observation attentive et l'analyse profonde de ce qui s'est passé depuis quelques années et qui persiste jusqu'à nos jours, nous démontre sans doute l'ampleur de l'uniformisation22(*)qui se construit et qui découle des grands enjeux planétaires au niveau économique, politique et géopolitique.

En effet, cette uniformisation est une résultante de la domination quasi-totalitaire de certaines puissances mondiales, notamment les Etats-Unis d'Amérique. Cette domination n'est pas seulement de nature économique et politique mais elle est aussi culturelle et comportementale.

Pour l'individu, la mondialisation peut amener à une contradiction forte qui dégage les aspects contradictoires de la rencontre et de la confrontation entre la particularité et les nécessités de la mondialisation vécues par l'individu qui veut d'une part, préserver sa culture et les traditions de la société dans laquelle il est né et éduqué, et d'autre part s'adapter et s'ajuster aux nouvelles normes et valeurs imposées par la mondialisation. C'est une contradiction, qui nous parait, très difficile à surmonter par un grand nombre de gens. Dans cet environnement l'insécurité « devient la seule valeur universelle »23(*) car les différents éléments de la vie deviennent sans cesse mobiles, flexibles et changeables.

La mondialisation entraîne également beaucoup plus d'exclusion, des inégalités économiques et éducatives. Elle pourrait être une source qui génère les conflits entre différents groupes qui affirment simultanément des identités contradictoires au sein de la même société. La libéralisation du commerce des services éducatifs « permettra de faire circuler un savoir de plus en plus standardisé et lié aux besoins à court terme du marché »24(*). Cependant, les autres finalités de l'éducation telles que l'intégration, la cohésion sociale, la solidarité, l'égalité, l'inclusion, la construction et le développement d'identités personnelles sociales et culturelles, le développement de la pensée critique et la valeur de coopération se trouveront de plus en plus marginalisées.

Pour Mamadou Ndoye, la privatisation de l'éducation va énormément affaiblir l'école publique et les valeurs locales de l'Afrique transmises par cette école. Dans le cadre de cette nouvelle ère de mondialisation, la société africaine se trouvera de plus en plus « dans un environnement marqué par l'hégémonie d'un modèle culturel, hégémonie liée aussi à l'explosion médiatique qui envahit la société dans tous ses domaines »25(*). La mondialisation néolibérale qui se traduit essentiellement par la diffusion d'un modèle économique unique à travers tout le monde, s'accompagne d'un modèle culturel. « C'est un modèle local qui devient hégémonique, et non pas la mondialisation d'un modèle synthétique »26(*).

* 21 Cette thèse est partagée par les partisans du postmodernisme ; une école philosophique et culturelle dont Jean-François Lyotard et Michel Foucault représentent les fondateurs. Cette école est apparue à la fin des années 1970. Son idée centrale est la relativité de la réalité et de la vérité scientifique. La subjectivité des goûts et les expressions individualistes vont caractériser la nouvelle ère postmoderniste. La notion de progrès et des autres valeurs de la société industrielle vont régresser et progressivement céder leur place aux nouvelles valeurs. C'est une thèse qui préserve toujours une certaine pertinence malgré les critiques qu'on peut lui adresser.

* 22 Voir à cet égard l'article de Franck Dedieu, la mondialisation uniformise les produits, 30/08/2004, www.lexpansion.com

* 23 Michel Carton et Sobhi Tawil, mondialisation économique et politique de l'éducation, p. 21.

* 24 Michel carton, Fabienne Lagier et Frédérique Weyer, op.cit, p. 11.

* 25 Mamadou Ndoye, « mondialisation, développement endogène et éducation en Afrique », mondialisation économique et politique de l'éducation, Perspective 101, mars 1997, p. 86.

* 26 Ibid, .p 87.

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