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L'Obligation Essentielle dans le contrat

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par Alima Sanogo
Université de Bourgogne - Master II Recherche Droit des Marchés,des Affaires et de l'Economie 2005
  

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PARAGRAPHE II : EN DROIT COMMUNAUTAIRE

Le droit européen ne connaît pas à vrai dire la notion d'obligation essentielle. Pour faire référence à cette notion, il utilise le terme d'inexécution essentielle. Ces deux notions ne recouvrent pas la même réalité. S'il est sûr que l'inexécution d'une obligation essentielle correspond toujours à une inexécution totale ou essentielle du contrat, l'inexécution essentielle du contrat ne correspond pas toujours à la violation d'une obligation essentielle. Celle-ci peut résulter d'une série de violations d'obligations accessoires.

Selon les principes européens du droit des contrats, l'inexécution d'une obligation est essentielle si :

a) la stricte observation de l'obligation est de l'essence du contrat;

b) l'inexécution prive substantiellement le créancier de ce qu'il était en droit d'attendre du contrat de telle sorte que le créancier n'ait plus d'intérêt à l'exécution du contrat ;

c) ou l'inexécution est intentionnelle et donne à croire au créancier qu'il ne peut pas compter dans l'avenir sur une exécution par l'autre partie.

Cela implique que seule une inexécution essentielle peut conduire à la résolution du contrat et que cette résolution n'a pas à être prononcée par le juge. C'est le créancier qui constate l'inexécution du débiteur et considère le contrat comme résolu. Il est sûr que le juge a tout de même une appréciation de la résolution mais a posteriori. Cela marque une différence avec le système français dans lequel la résolution est toujours judiciaire et l'intervention du juge toujours antérieure sauf dans le cas de la résolution unilatérale .

La notion d'inexécution essentielle ainsi présentée équivaut à l'inexécution substantielle en droit danois. C'est ce que prévoit les paragraphes 21-28 et 43 de la loi danoise sur la vente. Mais cette loi ne définit pas comme elle aurait dû le faire la notion d'inexécution substantielle.

Le droit anglais connaît aussi la notion d'inexécution essentielle. Cette dernière s'apparente en droit anglais à la « fundamental non performance » (l'inexécution substantielle) qui diffère de la « fundamental breach » qui se définie comme la violation des éléments essentiels du contrat. Le concept d'inexécution essentielle se retrouve également dans le système juridique de beaucoup d'autres pays comme l'Italieet les Pays-Bas. Dans ces pays on n'utilise pas le terme « inexécution essentielle », mais pour qu'une inexécution emporte résolution, elle doit être importante .

En droit international, la convention sur la vente internationale de marchandise dans son article 25 dispose qu'une contravention au contrat « est essentielle lorsqu'elle cause à l'autre partie un préjudice tel qu'elle la prive substantiellement de ce que celle-ci était en droit d'attendre du contrat, à moins que la partie en défaut n'ait pas prévu un tel résultat et qu'une personne raisonnable de même, placée dans la même situation, ne l'aurait pas prévue non plus ».

Toujours en droit international, on retrouve la même notion notamment dans le droit international de construction où l'on parle de « violation substantielle du contrat ». Dans le contrat international de construction, il est dit « qu'en l'absence de stipulation expresse, le maître de l'ouvrage a, dans tous les systèmes juridiques, le droit de dénoncer le contrat si l'entrepreneur viole une obligation substantielle ».Mais il paraît loisible aux parties de préciser expressément ce qu'elles considèrent comme essentiel.

De même en droit américain, la notion d'inexécution essentielle recouvre un certain intérêt. En effet, ce droit connaît un mécanisme particulier dans sa résolution du contrat pour inexécution. Ainsi une partie ne peut se prévaloir de l'inexécution par l'autre que si elle peut justifier elle même d'une exécution substantielle « la substancial performance ». Ici, au lieu que ce soit l'inexécution qui soit substantielle, ce caractère est au contraire requis à propos pour l'exécution. Cela implique qu'une inexécution peut de façon flagrante être substantielle sans emporter la violation du contrat.

En droit américain, la « substancial performance » s'oppose à la « matériel breach » (rupture substantielle) et une rupture est qualifiée de substantielle quand l'inexécution totale atteint l'objet du contrat ou quand cette inexécution est partielle mais suffisamment grave car elle s'étend sur un élément essentiel du contrat. Il importe peu qu'il y ait faute du débiteur ; le juge a un rôle capital a jouer.

En somme la résolution pour inexécution du contrat en droit américain ressemble à l'exceptio non adiplenti contractus ou l'exception d'inexécution en droit français, du moins à des différences près .

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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille