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Impact de la qualité de l'éducation sur le revenu individuel à  Goma

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par Eric CIRUZA MUDERWA
Université de Goma - Licence en sciences économiques  2008
  

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Chapitre deuxième :
PRESENTATION DU SYSTEME EDUCATIF EN RDC ET DE
L'APPROCHE METHODOLOGIQUE DU TRAVAIL

Dans ce chapitre, il sera question de faire une présentation plus au moins détaillée du système éducatif de notre pays suivi de l'approche méthodologique de notre étude.

II.1 PRESENTATION DU SYSTEME EDUCATIF EN RDC

Nous ne pouvons commencer à présenter le système éducatif sans pour autant présenter notre pays.

II.1.1 PRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO28

La République Démocratique du Congo, RDC en sigle, est située en Afrique centrale, dans la région des Grands Lacs. Elle est le plus grand pays d'Afrique Subsaharienne avec 2345000Km2 de superficie.

Située à cheval sur l'équateur, elle dispose d'un important réseau hydrographique dominé par le fleuve Congo et une importante réserve forestière.

La population s'élève à environ 60 millions d'habitants avec un taux de croissance de 3,2% et une densité estimée entre 21 et 24 habitant par km2

Cette population est majoritairement jeune. Administrativement la RDC est subdivisée en 11 provinces y compris la ville de Kinshasa.

Son cadre macro économique est fortement perturbé par des guerres continues qui déstabilisent l'ensemble du pays. L'offre des services éducatifs en pâtit et par conséquent le financement privé est devenu significatif depuis le milieu des années 1980. Mais durant la dernière décennie, il devint la source principale de financement à tous les niveaux d'enseignement.

28 Ministère de l'EPSP (RDC), Plan d'action de l'éducation pour tous, Kinshasa ; 2005

II. 1.2.LE SYSTEME EDUCATIF EN RDC

La situation de l'enseignement en RDC n'est plus un secret pour personne. Pour ne prendre que le développement du capital humain de la RDC, il est nettement en retard sur l'accroissement de la population et les besoins de plus en plus grand d'une économie moderne. Depuis un bon bout de temps, le système éducatif s'est dégradé. Si un grand nombre de diplômés d'université, généralement bien formés, a fait son apparition depuis l'indépendance, aujourd'hui l'enseignement fondamental et les services de la santé de base se sont appauvris quantitativement et qualitativement.

C'est pourquoi, le pays s'est lancé le défi de faire face au nombre d'analphabètes au niveau national.

Apres avoir remporté la bataille de la quantité en ouvrant ses portes aux enfants congolais, l'école congolaise doit encore relever le défi de la qualité de son enseignement, dont les performances sont jugées les plus faibles de la planète.29

Ce pays qui comptait l'un des taux les plus élevés d'universitaires et qui a formé la plupart des « élites » d'Afrique, vit actuellement des heures sombres. La belle époque a pris fin dans les années 1974.30

Sachant que l'enseignement est la base de la société et malgré les potentialités humaines et la motivation, la RDC n'arrive pas à arrêter l'hémorragie. Plusieurs raisons sont à l'origine de cette situation catastrophique (faible budget alloué à ce secteur, pauvreté des parents, non paiement des enseignants,...).

Néanmoins, l'enseignement national en RDC est composé de deux catégories d'écoles : les écoles publiques et les écoles privées agrées.

Dans les écoles publiques, on retrouve les écoles non conventionnées gérées directement par l'Etat et les écoles conventionnées dont la gestion est assurée par les confessions religieuses signataires de la convention de la gestion scolaire avec le gouvernement. Ainsi, dans ce dernier, on a les écoles conventionnées Catholiques, Protestantes, Kimbanguiste, Islamiques, de l'Armée du Salut,... Au niveau national, provincial et local, chacune de ces églises dispose des services de gestion scolaire appelés bureaux de coordination. Cet enseignement est appelé enseignement de l'Etat. Ces écoles publiques sont financièrement prises en charge par l'Etat, surtout en ce qui concerne les salaires des enseignants. Cela se fait-il convenablement ?

29M. KUPELESA, L'état de lieu de l'enseignement en RDC, disponible sur http / / pygmalion éducation 30 T. KANZA, L'enseignement en RDC, disponible sur http// www.c-retro-actuel.net

Compte tenu des difficultés que connaît le pays depuis des années, les parents interviennent financièrement et de façon significative dans le fonctionnement des écoles.

Tandis que les écoles privées agréées sont celles créées par des particuliers (personnes physiques ou morales) et qui sont soumises à la réglementation officielle en matière d'agrément de programmes d'études, de contrôle et d'évaluation pédagogiques. Elles ne bénéficient d'aucun subside de la part de l'Etat. Toutes les charges financières reviennent aux parents. Ce sont des écoles faisant parti de l'enseignement dit communautaire. Le secteur de l'enseignement privé connaît un développement rapide en terme d'écoles primaires, secondaires et d'universités.

Quant à ce qui concerne les écoles primaires et secondaires, en 2001-2002 on a dénombré, au niveau de l'enseignement privé, 2195 écoles primaires et 1205 écoles secondaires, alors qu'en 1986-1987 ces nombres étaient respectivement de 378 et 109.31

Les parents sont parmi les acteurs majeurs de l'administration du système scolaire congolais. Ils sont représentés, de la base au sommet, par des comités des parents dans les écoles, les communes et les provinces.

L'enseignement en RDC est composé de l'enseignement primaire, secondaire, professionnelle, supérieur et universitaire. Néanmoins, dans certaines institutions, l'enseignement pré primaire, communément appelé maternelle, s'y trouve.

1. Enseignement pré primaire

L'éducation de la petite enfance ne bénéficie que de peu d'attention des pouvoirs publics. C'est pourquoi presque aucune école de l'Etat n'a l'enseignement maternel. Ce ne sont que les écoles communautaires et privées qui en ont généralement.32

Cet enseignement exige du matériel d'enseignement adapté au niveau des enfants et à l'age. Les promoteurs tentent de le chercher à l'étranger, mais à cause des désordres qui se passent dans le pays, plusieurs cartons et plusieurs colis sont perdus par la voie postale et on insiste qu'il ne faut jamais tenter d'envoyer quelque chose par la poste, car elle ne fonctionne plus.33

Les agences de transport coûtent cher. Cette situation aura des répercussions sur les minervals des enfants suite au prix élevé de ces matériels.

31 Ministère de l'EPSP, opcit page 15

32 T. SAM, Situation actuelle de la ville de Kolwezi en RDC, 2003-2004, page 20

33 Ministère de l'EPSP, ibidem, page 28

L'âge de 0 à 5 ans constitue la période la plus importante pour le développement de l'enfant.34 Elle a des effets durables, voire permanents sur sa vie adulte.

« D'après les données sociodémographiques de 2000, les enfants de 3 à 5 ans représentaient 10.3% de la population congolaise (soit 1450000 sur 50948000 d'habitant) ; 3% (soit 43500 enfants) fréquentaient les écoles maternelles, tandis que 97% d'entre eux (soit 1406000 enfants) étaient délaissés pour plusieurs raisons à savoir :

> Manque de politique nationale pour l`enseignement maternel ;

> Inexistence du budget alloué à l'enseignement maternel ;

> Insuffisance d'initiatives de communautés de base ;

> Caractère non obligatoire de ce type d'enseignement ;

> Caractère privé de l'enseignement maternel ;

> Coût élevé des écoles maternelles privées ;

> Insuffisance des moyens financiers des parents ;

> Analphabétisme quasi général des femmes congolaises rendant ainsi difficile le rôle qu'elles doivent jouer dans l'éducation de leurs enfants ;

> Insuffisance des éducateurs (trices) dûment formés dans ce domaine ;

> Insuffisance des structures d'accueilles (écoles maternelles) ;

> Etc.

L'éducation pré scolaire n'est pas encore généralisée en dépit de sa consécration comme structure de l'enseignement national au terme de l'article 16 de la loi cadre de l'Enseignement National ».35 Il ne constitue pas encore un passage obligé pour accéder à l'enseignement primaire car facultatif.

Avec ce faible taux (3%) de scolarisation, la RDC se situe, à l'instar de la plupart des pays d'Afrique Subsaharienne, dans une des régions du monde où l'enseignement pré primaire est le moins développé.36

34 Ministère de l'EPSP, Op.cit, p.27

35 Idem

36 G. MOKONZI BAMBANOTA, Op.cit, p.16

2. Enseignement primaire

La durée de l'enseignement obligatoire en RDC est de 6 ans pour les enfants dont l'âge est compris entre 6 et 12 ans.

La scolarité primaire de 6 ans est subdivisée en 3 cycles de 2 ans chacun. Le certificat de fin d'études primaires est accordé sur la base d'une évaluation des résultats en classe et des notes de l'élève à un test national (TENAFEP) pondérés respectivement par 60% et 40%.

« L'enquête MICS2 relève que 17% seulement des enfants commencent l'école primaire à l'âge de 6 ans. Cet indicateur d'accès à la scolarité de 1995 à 2001, une baisse globale de 6%, passant de 23% à 17%.

En outre, le taux net de scolarisation pour les enfants âgés de 6 à 11 ans était seulement de 52% en 2001 alors qu'il s'élevait à 56% en 1995 ».37

Deux chiffres planent avec insistance sur les débats : sur 100 élèves, seuls 50 parviennent à terminer leur cycle primaire et surtout, à peine 20 maîtrisent réellement les apprentissages fondamentaux (lire, écrire, calculer et raisonner pertinemment).38

Le petit effort pour élargir l'accès à l'éducation ne s'accompagne des mêmes efforts en termes de qualité, mais surtout les enfants non scolarisé sont encore trop nombreux. Les causes de cet échec sont multiples. Certains sont clairement identifiés, de la mauvaise politique de l'éducation au manque de planification efficace, des infrastructures, du matériel pédagogique, en passant par la faiblesse des ressources affectées à l'éducation par les Etats et au mauvais fonctionnement.

L'éducation primaire pour tous les enfants congolais reste un rêve inaccessible.

Un rapport publié en 2005 reconnaît que le système éducatif congolais s'est dégradé depuis le années 1970. En 1979, le taux de scolarisation était évalué à 72%. En 2005, il est passé sous le seuil de 50%.39

Les infrastructures se trouvent dans un état pitoyable, déplorable : l'enseignement se fait sans livre de classe et sans matériels pédagogiques, avec un éclairage électrique médiocre voire même inexistant et les élèves sont souvent forcés de s'asseoir à même le sol, faute de pupitre et parfois même certains d'entre eux viennent avec leurs propres chaises. Cela ne peut qu'être étonnant. C'est un vrai paradoxe : la RDC qui possède l'une des plus vastes forets du monde, ses enfants, élèves n'ont pas des bancs.

37 G. MOKONZI BAMBANOTA, Op.cit, p.4

38 Idem, p.5

39 M. KUPELESA ILUNGA, Op.cit, p.13

Dans certaines contrées du pays, lorsqu'il pleut, c'est la fin de classe car la toiture se trouve dans un état non descriptible.

La pauvreté, qui ne permet pas à une large part de la population de scolariser leurs enfants, mais surtout les faibles fonds que l'Etat loue à la réhabilitation et à l'équipement adéquat des écoles, les conflits infinis qui déchirent notre pays, la mauvaise gouvernance, constituent des obstacles à un enseignement de qualité, etc.

D'autres sont liées à l'héritage colonial. Beaucoup d'enfants ne découvrent la langue d'enseignement que lorsqu'ils entrent à l'école.

C'est ainsi qu'il s'avère de plus en plus vrai que les élèves, les enseignants même, ne maîtrisent pas convenablement, si pas totalement, la langue de l'enseignement qui est le français.

C'est dans ce cadre que monsieur KIBUNDIKILA a proposé dans la table ronde de l'éducation en RDC sous le thème : vers une stratégie pour une éducation de qualité pour tous, de revaloriser les langues nationales.

Certaines études montrent que les résultats des enfants s'améliorent lorsque l'école est dispensée dans des langues maternelles.40

Si notre pays ne veut pas voter pour cette optique, il devrait investir dans le recyclage des enseignants en langue française ainsi leur permettre de très bien dispensé la matière. Les ouvrages étant écrits en un très bon français, c'est ainsi que si l'enseignant, ne maîtrise pas bien la langue, il aura beaucoup des difficultés à comprendre et à faire comprendre cette matière.

D'autres causes enfin restent à cerner, elles concernent la disponibilité et la qualité des enseignants en terme de satisfaction et de motivation professionnelle mais aussi en terme de professionnalisme et leadership scolaire.

C'est pourquoi la démotivation des enseignants, non payés ou pas suffisamment rémunérés, leur font perdre ce plaisir qui était à la base de leur motivation.

Le manque de support didactique et le manque de formation continue pour les enseignants contribuent à maintenir le niveau des élèves à un très bas niveau.

La vie des enseignants est une telle misère qu'ils en arrivent à perdre les notes des élèves qu'ils retrouvent comme par enchantement après avoir reçu de ces derniers une petite motivation. Chez les enseignants, jusqu'en septembre 2005, le salaire d'un instituteur du niveau primaire était de 1600Fc soit 2,86$ au taux de 560 Fc le dollars par mois pour

40 M. KUPELESA, Op. cit, p.4

l'intérieur du pays et de 6000Fc soit 10,71$ par mois pour Kinshasa.41 A ce niveau salarial, tous les instituteurs gagnent moins de 1$ par jour. Ces travailleurs peuvent être considérés, selon le classement des Nations Unies, comme faisant partie des personnes victimes de l'extrême pauvreté.

Au moment où la scolarité dans la majorité des pays digne de ce nom est pris en charge par l'Etat, en RDC, ce rôle est dévolu aux élèves donc aux parents. Et pourtant les parents, qui dans la plupart des cas, sont souvent au chômage.

C'est ainsi que dans certaines familles du pays, la scolarisation se fait sous forme de délestage. Une partie des enfants étudient cette année, l'autre reste à la maison et vice versa. Ces enfants, écoliers, quand ils sont inscrits dans des établissements, doivent faire des acrobaties pour se rendre à leurs écoles, sans moyens de transport. Une fois sur place, chacun pour soi. L'hygiène est inexistante même dans la capitale (les besoins se font dans la brousse,...)

Notre Etat doit s'engager plus et surtout mieux en faveur de l'éducation. Il doit déterminer ce qui est essentiel pour une éducation de qualité.

Bien que beaucoup d'efforts ont été faits dans le secteur éducatif en terme de quantité, le défi du nombre reste toujours à relever au regard des tas d'enfants de la rue, des enfants scolarisables mais non scolarisés qui persiste dans notre pays.

Nous devons nous mobiliser pour une véritable éducation en terme de qualité dans notre pays. L'éducation n'est pas un luxe, c'est un droit pour tout enfant. Les chiffres qui vous seront présentés doivent réveiller notre conscience, et nous inciter à agir en faveur d'un grand projet de l'éducation pour tous les enfants congolais.

L'année 2002, le nombre d'écoles primaire s'élevait à 19319 écoles, 155327 classes avec 158523 enseignants. La population scolarisable de 6-11 ans était estimée à 9070708 enfants dont seulement 5449970 enfants étaient scolarisés. On le voit, 3629738 enfants n'étaient pas scolarisés en 2001-2002. Ces données se repartissent de la manière suivante :

Tableau N°1 : Répartition des écoles primaires par provinces.

PROVINCES

ECOLES

POURCENTAGE

ELEVES

POURCENTAGE

SCOLARISABLES

KINSHASA

2089

10.8

663375

12.1

1180037

BAS CONGO

1426

7.4

445214

8.2

541699

BANDUNDU

3600

18.6

796293

14.6

1022505

EQUATEUR

1937

10

407489

7.4

944849

PROVINCE ORIENTALE

1753

9.1

497976

9.1

968572

NORD KIVU

2094

10.8

635199

11.6

780464

SUD KIVU

1345

6.9

433535

7.9

670437

MANIEMA

574

2.9

135056

2.5

216928

KATANGA

1715

8.8

532273

9.7

1291244

KASAI ORIENTAL

1275

6.6

319722

5.8

833861

KASAI OCCIDENTA L

1511

7.8

592808

10.8

622093

TOTAL

19319

100

5449970

100

9070708

 

Source : Direction de la planification et des statistiques scolaires EPSP, 2002

Il ressort de ce tableau une répartition inéquitable des écoles. La province du Maniema est de loin la moins bien servie, alors que la province de Bandundu a deux fois plus d'écoles primaires que la plupart des provinces. La grande bataille n'a pas encore pris fin avec des écarts pareil entre la population scolarisée et celle scolarisable s'élevant à 3620738 soit un pourcentage de 39.92%.

La moyenne nationale des élèves par école s'élève à 283 élèves. Ce qui revêt un nombre encore limité par rapport à la demande potentielle.

Dans l'enseignement primaire au niveau national, il y avait, en 2001-2002, 57.2% des garçons et 42.8% des filles. Concernant le ratio élèves/enseignants au primaire, la moyenne nationale est de 34 élèves par enseignants.

Quant en ce qui concerne l'éducation par sexe, après des années de guerre et de recul
économique, la situation est mauvaise en RDC : il y a 4.6 millions d'enfants non scolarisé

dont 2.5 millions sont des filles. La RDC figure parmi les 25 pays où l'Unicef a accentué son effort pour accélérer les progrès en matière d'éducation des filles.42

C'est ainsi que nous allons présenter brièvement le taux brut d'admission au primaire par sexe et par province en RDC.

Tableau N° 2 : Taux brut d'admission au primaire par sexe et par province

PROVINCES

GARCONS

FILLES

GARCONS-FILLES

KINSHASA

54.5

56.1

55.2

BAS-CONGO

91.2

82.2

83.2

BANDUNDU

102.2

81.5

94.4

EQUATEUR

53.5

39.0

53.5

PROVINCE ORIENTALE

61.1

50.9

55.9

NORD Kivu

113.6

85.2

99.3

SUD Kivu

87.3

66.2

76.7

MANIEMA

75.6

59.5

67.5

KATANGA

43.1

35.7

39.3

KASAI ORIENTAL

93.5

78.2

85.9

KASAI OCIDENTAL

69.2

54.0

61.6

TOTAL

73.6

60.7

67.1

 

Source : direction de planification et des statistiques scolaires de l'EPSP, 2002

Au vu des données reprises dans le tableau ci haut présenté, nous constatons que dans toutes les provinces le taux d'admission au primaire des garçons est supérieur à celui des filles. L'exception n'est vraie que dans la ville province de Kinshasa où l'inverse est possible. C'est pourquoi le problème de la scolarisation des filles reste encore à résoudre.

42 Unicef, L'éducation des filles en RDC : des colis pour les enfants, 2005, p.1 disponible sur http// www.unicef.org//french /suplly

3. Enseignement secondaire et professionnel.

L'enseignement secondaire en RDC comprend un cycle long et un cycle court.

Le cycle long comprend trois filières : générale, normale et technique. Ce cycle consiste en une première étape de deux ans, commune aux trois filières dénommée cycle d'orientation, et une seconde étape de 4 ans qui introduit une différenciation entre ces trois filières. Au sein de chaque filière, différentes options sont offertes, jusqu'à 30 options dans la filière technique.43

Les élèves qui réussissent au concours national, appelé Examen d'Etat, obtiennent le diplôme d'Etat sanctionnant la fin de leurs études secondaires.

Le cycle court concerne l'enseignement professionnel et consiste en une formation de 4 ans commençant immédiatement après l'enseignement primaire, ou une formation de 3 ans après le tronc commun du secondaire. Il existe également des écoles des arts et métiers qui offrent une formation à l'artisanat en 3 ou 4 ans. Les élèves de ce cycle obtiennent, en cas de satisfaction aux concours de fin de cycle, un certificat.

Cet enseignement secondaire se trouve dans les mêmes conditions de dégradation voire même plus que l'enseignement primaire.

C'est pourquoi, il serait intéressant de relever quelques cas qui traduisent cette situation.

La sous qualification du personnel enseignant est inquiétante. Les enseignants ne sont plus régulièrement formés ni recyclés en cours d'emploi. Les quelques rares formations organisées avec l'appui des organismes internationaux, en l'occurrence l'Unicef et la francophonie, ne concernent qu'une minorité ciblée.44

La dévalorisation de la fonction enseignante, matérialisée par un barème salarial bas, démotive totalement l'enseignant et n'attire plus les nouvelles générations.

Les conditions de travail sont déplorables. La grande majorité des élèves, voire même des enseignants, n'ont pas des manuels pédagogiques. Ce n'est que dans quelques écoles où les enseignants confectionnent les photocopies des notes de lecture que les élèves achètent. Le comble en est que, la majorité des parents de ces élèves vivent aussi dans une pauvreté indescriptible. D'où, difficulté d'acquérir ces manuels.

Néanmoins, dans les institutions conventionnées surtout catholiques les mieux dotées, les élèves peuvent prendre en location des manuels.

43 Ministère de l'EPSP (RDC), op.cit, p.15

44 Idem, p.31

Il existe même dans certains coins du pays, les élèves qui n'ont pas des fournitures scolaires. Ces dernières ne sont qu'à la disposition de quelques enseignants mais aussi en quantité très limitée.

Il a été constaté même que dans certains milieux, les élèves ne savent pas lire les notes dactylographiées. Ce qui a été un sérieux problème pour les élèves finalistes pour déchiffrer les questionnaires des examens d'Etat.

Les infrastructures sont dans un état déplorable. Selon une étude récente, l'état actuel des infrastructures scolaires ne permet pas d'accueillir plus de 20 millions d'enfants dans le primaire et le secondaire.45 Il faudra donc construire des nouvelles infrastructures. Ce qui n'est qu'un mythe, car le pouvoir public n'est pas de cet avis. Ceci se matérialise par la faible part du budget alloué au secteur éducatif voire même presque inexistant par rapport aux besoins illimités qu'a ce secteur.

A l'absence de la volonté d'investir dans l'enseignement, aux moyens financiers injectés, on comprend pourquoi le niveau et la qualité de l'enseignement ne cessent de baisser.

La part du budget de secteur social par rapport au budget national était de 0.9% de ce dernier. Et pourtant, l'éducation ne prend qu'une partie de ce 0.9%. La société civile a de même constaté que le budget alloué à l'éducation avait été, à une certaine période, de 6604523902Fc pour l'EPSP soit 0,83% du budget national et de 128154672Fc pour l'ESU soit 0,016% du budget national, inférieur au seul budget affecté à l'institution Président de la République. D'après une analyse des dépenses publiques de fonctionnement du gouvernement faite par cette même société civile en 2005, il a été constaté que les dépenses faites par l'institution Président de la République s'élevaient à 7135587164 Fc soit 17184661.9$. Néanmoins, à ce montant exorbitant s'ajoutent des affectations obscures ou suspectes s'élevant à 3106789729 Fc.46 La question qui nous revient à l'esprit est de savoir si la volonté de relever le défi de l'éducation est une priorité pour nos dirigeants ?

Nous comprenons combien de fois il était plus normal que de chercher à renvoyer à plus tard les élections et prolonger indéfiniment la transition.

Selon quelques statistiques plus au moins détaillées, le secteur de l'éducation a demeuré quasiment à l'abandon ; en ce sens qu'il n'a bénéficié annuellement que de plus de 0.3% du total des dépenses courantes et de 0.1% de l'ensemble des dépenses d'investissement entre 2002 et 2004.47

45 Gratuité de l'enseignement en RDC, in Le potentiel, p.1

46 Sociétés Civilistes Indépendantes, Analyse du budget de la RDC, Kinshasa, p.17

47 Ministère de l'EPSP, Op. cit, p.15

Graphique N° :1 : Dépense courantes de l'éducation faites par le pouvoir public de 1980- 2004

35%

30%

25%

20%

15%

10%

5%

0%

1930

1931

19E2

1933

DEPENSES COURANTES

1934-

ANNEES

1936

19E6

arm

ax

are

2133

aDtt

DEPENSES COURANTES

Source : Documents budgétaires. Annexes tables, 2003

Ce tableau nous trace la pure réalité des dépenses publiques allouées au secteur éducatif. Quant à nous de tirer des conclusions.

Pour les années 2000-2002, les dépenses publiques ne concernent que les 7 provinces sous le contrôle de l'Etat (Gouvernement central) hormis les provinces sous contrôle des rebelles. Quant aux dépenses d'investissement (en capital), celles-ci se présentent de la manière suivante entre 2002-2004 :

Tableau N°3 : Dépenses d'investissements de la RDC 2002-2004

 

ANNEES

 

2002

2003

2004

DEPENSES EN

CAPITAL

0.00

0.00

0.25

 

Source : Nos calculs à partir du bulletin mensuel d'information et statistiques, Mai 2006. BCC

Ces données nous montrent combien de fois notre pays ne fait pas sien la situation dégradante des infrastructures scolaires du pays. Et pourtant, comme dit précédemment, ce secteur éducatif est trop essentiel pour un développement durable dans un Etat.

Pour cet enseignement secondaire, en 2001-2002, il y avait 8257 écoles secondaires, 110157 enseignants e 1600000 élèves dont 590000 filles. Mais les enfants de 12-17 ans pouvant être scolarisés étaient estimés à 7452300 dont seulement 1612214 soit 21.63% étaient scolarisés. Comme les écoles primaires, les écoles secondaires existantes sont faiblement fréquentées et inégalement reparties sur le territoire national.

Leur répartition se présente de la manière suivante :

Tableau N°4 : Répartition des écoles secondaires par province.

PROVINCES

ECOLES

POURCENTAGE

ELEVES

POURCENTAGE

SCOLARISABLES

KINSHASA

1219

14.8

357791

22.2

1010476

BAS CONGO

753

9.1

154918

9.6

460498

BANDUNDU

2275

27.6

349521

21.7

869811

EQUATEUR

706

8.5

89165

5.6

793300

PROVINCE ORIENTALE

516

6.2

81467

5.0

760150

NORD KIVU

598

7.2

116265

7.2

607381

SUD KIVU

545

6.6

113606

7.0

534297

MANIEMA

220

2.7

30466

2.0

168821

KATANGA

518

6.3

126470

7.8

1010602

KASAI ORIENTAL

489

5.9

113064

7.0

707971

KASAI OCCIDENTAL

418

5.1

79481

4.9

529300

TOTAL

8257

100

1612214

100

7452606

 

Source : Direction de la planification et des statistiques scolaires de l'EPSP, 2002

La ville de Kinshasa a un nombre important d'écoles avec le nombre le plus élevé d'élèves, alors que la province de Bandundu a le plus grand nombre d'écoles mais un nombre d'élèves inférieur à celui de Kinshasa et supérieur à celui des autres provinces. Le Katanga qui a un nombre d'enfants scolarisables supérieur à celui de Kinshasa a peu d'écoles.

Par contre, l' Equateur, la Province Orientale et les deux Kasaï, qui sont moins bien pourvus, se situent tout de même au-delà de la province du Maniema qui a le nombre d'écoles le plus bas et la population scolarisable la plus réduite.

Face à une grande population scolarisable, seule 21.63% est scolarisé et le reste se trouve à la merci de la rue, des champs,...

Concernant le ratio élève/enseignant au secondaire, la moyenne nationale est de 15 élèves par enseignant.48 Les élèves devraient normalement bénéficier d'un encadrement très efficace, malheureusement le taux d'achèvement et le taux de réussite aux examens d'Etat indiquent le contraire.

Quant à la parité au niveau de l'école secondaire, celle-ci se présente pour l'année 2002 de la manière suivante :

48Ministère de l'EPSP, Op. cit, p.14

Tableau N°5 : Taux d'admission net au secondaire par sexe et par province

PROVINCES

GARCONS

FILLES

GARCONS-FILLES

KINSHASA

25.5

26.4

25.9

BAS CONGO

26.0

17.8

21.8

BANDUNDU

33.2

20.1

26.5

EQUATEUR

11.2

4.5

7.6

PROVINCE ORINTALE

8.7

5.2

7.0

NORD Kivu

17.1

9.7

12.2

SUD Kivu

12.8

6.6

9.7

MANIEMA

14.3

5.8

10.0

KASAI ORIENTAL

16.8

6.1

11.5

KASAI OCCIDENTALL

14.4

5.1

9.7

KATANGA

10.6

6.0

8.3

TOTAL

17.3

11.0

14.1

 

Source : Direction de la planification et des statistiques scolaire de l'EPSP, 2002

Si aucune province n'a atteint la parité au niveau secondaire, la ville de Kinshasa s'y approche avec 48.9% des filles scolarisées.

En plus du faible taux de scolarisation au primaire, la faible efficacité entraîne un taux de scolarisation encore très bas au secondaire, car le nombre d'enfants qui terminent le primaire est faible. Un taux très bas au niveau secondaire ne traduit que l'inefficacité de l'école primaire congolaise. Le nombre d'élèves qui terminent le primaire est trop réduit et cela se répercute sur le taux de scolarisation au secondaire. La situation est donc grave.

Le grandeur du problème ne se limite pas uniquement au niveau du taux d'admission des élèves par rapport au nombre total des scolarisables, mais le problème des enseignants persiste toujours et influence la qualité de l'enseignement.

Au niveau des milieux ruraux, avec des faibles rémunérations souvent en nature, un grand nombre d'enseignant optent tout naturellement pour les milieux urbains. Cette situation fait à ce que l'école rurale se vide petit à petit de ses enseignants. Ce qui crée un sérieux problème pour les écoles des milieux ruraux.

Quant aux enseignants qui se rendent en ville pour chercher une rémunération plus au moins considérable, après un bon bout de temps de prestation, ils se rendent compte que cette rémunération n'est plus suffisante par rapport aux charges et surtout au coût de la vie.

Comment peut on concevoir qu'un enseignant sensé transmettre le savoir à ceux qui prendront demain le destin du pays reçoive un salaire insignifiant, qui ne lui permet en aucun cas de nouer les deux bout du mois ? Cette situation les pousse à combiner des métiers si pas abandonner complètement l'enseignement. D'où, nous sommes en présence des enseignants absentéistes.

Cette situation les donne plus envie de donner cour dans des institutions privées que celles publiques car celles-ci sont les mieux offrant en terme de rémunération. C'est pourquoi même avec le principe << donna donna », ceux-ci se trouvent dans l'obligation de donner le meilleur enseignement aux élèves des écoles privées au détriment de ceux du public. Et pourtant, avec la dégradation du système éducatif congolais, l'enseignement, en général, est financé en grande partie des contributions des parents. C'est pourquoi le revenu des parents détermine le choix de l'institution à fréquenter.

Quant à nos écoles publiques, la quasi totalité de ces écoles sont dans un état vétuste. Leur capacité d'accueil est devenue insignifiante face à la poussée démographique de la population congolaise.

Ces écoles fonctionnent dans un environnement malsain, ne répondant pas aux normes hygiéniques. Malheureusement, le faible budget affecté à l'éducation ne facilite plus la construction des nouvelles écoles et la réhabilitation des celles existantes, qui se trouvent dans un état de délabrement avancé. Avec le financement des parents, toujours pauvres, qui est resté insignifiant au besoin de fonctionnement des établissements, la situation ne s'améliore toujours pas.

La carence des matériels didactiques et autres supports et équipements pédagogiques réduit l'efficacité de l'enseignement. Elle est plus ressentie dans les options techniques où l'on déplore très souvent l'absence des laboratoires et d'ateliers viables. Un de nos enseignants aux humanités nous aurai dit : << j'ai étudié en technologie le thermos que je n'avait jamais vu ni même notre enseignant. Je ne l'ai vu que lorsque j'était arrivé à l'université. ».

L'inadéquation est criante entre les besoins de formation et les programmes d'études à l'école. Certains enseignants recourent à des vieilles notes pour élaborer les prévisions des matières. L'enseignement reste statique si pas décroissant dans un monde en mutation. Quel regret pour notre pays ?cette situation ne peut que baisser notre compétitivité sur le marché du travail par rapport aux élèves des autres pays.

Ce qui est encore plus triste, à part les écoles conventionnées et quelques rares privées, l'Etat
ne prévoit aucune stratégie nationale pour l'identification, le suivi et l'encadrement des

enfants surdoués. Comment ce pays pourrait-il s'intéresser aux élèves des milieux reculés ? C'est pourquoi même, il y a également l'absence de politique orientée vers l'éducation de certaines catégories spéciales d'enfants comme ceux vivants en zones forestières, pécheurs, nomades, quelques minorités (pygmées) et enfin ceux nécessitant des mesures spéciales de protection. Ici l'allusion est faite spécialement aux enfants de la rue.

C'est ainsi que l'enseignement secondaire en RDC est resté un tremplin pour accéder à l'enseignement supérieur, plutôt que comme moyen de former les compétences dont l'économie a besoin.

4. Enseignement supérieur et universitaire

L'enseignement supérieur comporte un premier cycle de 3 ans et un second de deux à trois ans selon les filières.

Trois types d'enseignements supérieur sont organisés en RDC : l'enseignement supérieur et universitaire, l'enseignement supérieur pédagogique et l'enseignement supérieur technique. Un diplôme est donné aux étudiants ayant réussi aux examens de fin de cycle. Pour les études de médecine, le deuxième cycle, qui dure trois ans, est sanctionné par un diplôme de doctorat en médecine. Le troisième cycle propose le diplôme d'études supérieur (DES), celui d'études approfondies (DEA), de doctorat,...

Avec la poussée démographique croissante, le nombre de demandeur d'éducation supérieure et universitaire ne cesse de croître au jour le jour. La grande préoccupation est de savoir si le pays sera à mesure de faire face à cette demande avec une croissance géométrique si on pourrait le dire.

La première inquiétude est que l'Etat est presque inconscient du problème de l'enseignement. Et pourtant, il devrait, en principe, être le premier acteur dans la recherche d'une solution. Son désengagement se justifie par le faible budget alloué à ce secteur. Mais aussi face à ce faible budget qui ne cesse de décroître chaque fois que on le vote, l'ESU n'a pas la totalité de ce montant. Ce qui n'est que normal.

La part de cet enseignement dans la petite part de l'enseignement en général se présente de la manière suivante :

Graphique N° : 2 Part de l'ESU dans le budget alloué à l'éducation nationale entre 1980- 2002

120%

100%

80%

40%

20%

60%

0%

depenses courantes

depenses d'investissement

Source : Rapport d'état du système éducatif de la RDC, Banque Mondiale, 2004
Ce graphique traduit la réalité que connaît notre système éducatif.

Premièrement, face à ce taux de dépenses courantes d'éducation au maigre budget alloué à l'éducation, ce secteur peut-il être à mesure de satisfaire partiellement si pas totalement, la moitié de ses besoins (dépenses) ?

La réponse ne peut qu'être non, bien sûr, car même ce petit budget alloué à l'éducation n'est pas exécuté convenablement (totalement). Les chiffres les plus éloquents sont ceux de l'exécution du budget 2004 : seulement 25.7% du crédit budgétaire alloué à l'éducation ont été exécutés.49

C'est pourquoi nous ne cesserons de nous poser la question de savoir si nos dirigeants ont la ferme volonté de relever le niveau de notre enseignement.

Les établissements d'enseignements supérieurs, jadis centre d'excellence universitaire, ont vu leurs infrastructures se détériorer, leurs équipements et leurs matériels pédagogiques disparaître, leurs enseignants de plus en plus mal payés et démotivés et les étudiants forcés de vivre, tant bien que mal, de maigres ressources personnelles.

N'ayant pas de supports, les étudiants doivent faire l'essentiel avec les moyens de bord. Les
bibliothèques ont disparu et dans les écoles d'informatiques, on vous forme des
informaticiens qui n'ont jamais vu un ordinateur. Les laboratoires pour les chimistes ou autres

49 B. KUDINGA, Réduction de la pauvreté en RDC : Mythe ou réalité, in Le Potentiel, p. 3, disponible sur http// www.lepotentiel.com

font défaut.50 Les infrastructures sont dans un état pas bon à décrire. Le nombre d'auditoire n'est pas proportionnel au nombre d'étudiant. Cette situation sera plus éclairée d'avec les tableaux qui seront présentés dans la suite.

Quant aux assistants, chef de travaux et professeurs d'université, leur situation est plus déplorable. C'est pourquoi, ces derniers ont dénoncé leur clochardisation. Cette clochardisation des professeurs en RDC est telle que leurs situations salariales soient de plus en plus humiliante et a beaucoup contribué à la dégradation du système éducatif supérieur et universitaire dans tout le pays a fortiori dans le secteur public.

Tous les Etats, y compris ceux d'Afrique, valorisent les professeurs d'université en tant que corps d'élite, producteur des savoirs et des richesses. Le développement de la RDC passe par un système d'enseignement supérieur et universitaire performant, attrayant, soutenu et motivé. Il est étonnant lorsque l'on fait croire aux professeurs d'université qu'il n'y a pas d'argent pour les payer suite à leurs revendications, et qu'on en trouve pour payer les membres de certaines institutions de la République (parlement et gouvernement) avec des montants de 4200$ à 9000$ par personne et par mois pour des effectifs de près de 650 à 60 membres respectivement, sans compter les nombreux avantages en terme des crédits dont bénéficient ces derniers.51

Les professeurs d'université ne peuvent que se réjouir d'une telle valorisation de ces fonctions politiques et ils voudraient qu'il en soit de même pour la noble fonction de professeur d'université.

Une analyse des impacts budgétaires démontre que le parlementaires à eux seuls consomment une enveloppe salariale (hormis les avantages) de près de 32.5 millions de dollars US.52

Et pourtant le développement de la RDC risque d'être hypothéqué, si les dirigeants ne se décident pas de revoir leur politique budgétaire. Cette situation ne date pas d'aujourd'hui.

En 1986, Verhaegen l'a aussi souligné en disant que : « l'ESU au Zaïre n'est pas en crise. Il est en voie de disparition. La formation dispensée dans ses instituts et dans ses facultés, est tombée en dessous du seuil qui permet de prétendre à une qualification professionnelle de niveau supérieure. Il y a déjà quelques années que l'ESU ne produit plus de nouveaux

50 T. KANZA, L'enseignement en RDC, disponible sur http// www.c-recto-actuel.net

51 Les professeurs dénoncent leur clochardisation, in Le Potentiel, disponible sur http// www.canalblog.cm, p.3

52 Idem, pp.3-4

savants, de nouveaux professeurs ou de nouveaux chercheurs ; bientôt, il ne produira plus de nouveaux universitaires. » (Verhaegen, 1986)53

Cette dégradation générale de l'enseignement en RDC et plus particulièrement de l' ESU dont les congolais, eux même, sont conscients, les incite, pour ceux dont les parents ou les familles ont les moyens de changer d'établissements, à grand frais, et d'aller terminer leur cursus dans une écoles, université étrangères et surtout occidentale pour avoir une chance de poursuivre des études dignes de cette appellation.

La plus grande conséquence est que les entreprises du pays font désormais appel aux étudiants congolais ayant terminé à l'étranger en vue d'assumer des fonctions au sein de leurs maisons. Ces entreprises locales ou autres n'ont pas confiance aux finalistes du Congo.

S'il était possible de traiter de toute la problématique de l'ESU en RDC, cela nécessiterait tout un volume (si pas plus).

L' ESU public en RDC se présente de la manière suivante en terme des établissements, des places assises et du nombre des étudiants :

Tableau N° 6 : Répartition des établissements publics de l'ESU en 2003 par province.

PROVINCES

ETABLISSEMENTS

PLACES ASSISES

NBRE D'ETUDIANTS

KINSHASA

14

41434

88605

BANDUNDU

22

6216

5282

BAS CONCO

12

1906

2820

EQUATEUR

11

2719

4143

KASAI OCCIDENTAL

11

2230

2340

KASAI ORIENTAL

10

3719

6553

KATANGA

15

16664

25816

PROVINCE ORIENTALE

15

10378

8381

MANIEMA

12

1095

1095

NORD Kivu

16

1170

2665

SUD Kivu

6

2630

4223

TOTAL

141

90161

151823

 

Source : MAX KUPELESA ILUNGA, Etat de lieu de l'enseignement en RDC, 2006

53 Redynamisation et revitalisation de la pédagogie universitaire au Congo, L'école démocratique, disponoble sur http// www.ecoledemocratique.org, pp.1-2

Ce tableau traduit la pire situation académique que connaît les institutions universitaires de notre pays. La presque totalité des provinces ont des effectifs supérieurs aux places assises à part les deux provinces du Bandundu et de la Province Orientale qui ont un nombre d'étudiants inférieur au nombre des places assises. Mais la province du Maniema qui n'est qu'à sa tangente avec un effectif d'étudiant égal au nombre des places assises.

La ville province, Kinshasa, nous illustre avec exactitude l'état de nos universités avec une place assise pour au moins deux étudiants.

Actuellement, la situation s'est de plus en plus aggravée avec la demande d'éducation universitaire qui ne cesse de croître.

Et pourtant, le nombre d'instituts supérieurs et universitaires ne croit pas dans la même proportion que celui des étudiants pour essayer de satisfaire cette demande.

Face à cette situation que connaissent nos institutions supérieures et universitaires publiques, celles privées ont vu le jour en vue de chercher la solution à ce grand fléau.

Toutes ces situations plus que décevantes de la dégradation de notre système éducatif se sont généralisées à travers tout le pays. La province du Nord Kivu en générale et la ville de Goma en particulier n'en sont pas épargnées. La situation nationale n'est que le reflet de celle de notre province et surtout de notre ville.

Enfin, la RDC doit comprendre que le succès de la bataille du développement dépend de la réussite de son système éducatif, si elle veut faire du XXI nième siècle un moment propice pour le développement de son peuple, moment marqué par le progrès économique et social, par la paix et le développement durable.

Elle doit ainsi s'inspirer des leçons tirées des expériences des pays ayant connu des situations sociopolitiques plus catastrophiques que la sienne. La plus frappante, c'est l'expérience du Japon. Selon AKIHIRO (1996), le développement rapide du Japon a été essentiellement dû à la présence d'une détermination populaire pour l'apprentissage des gens ordinaires et aucun pays ne peut espérer une percée importante dans le développement socio-économique s'il ne procède à un élargissement de l'éducation de base et de l'alphabétisation.54

54 G. MOKONZI BAMBANOTA, Op. cit, p.14

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