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Impact de la qualité de l'éducation sur le revenu individuel à  Goma

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par Eric CIRUZA MUDERWA
Université de Goma - Licence en sciences économiques  2008
  

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II.2. APPROCHE METHODOLOGIQUE

Apres avoir passé en revue la littérature sur le système éducatif en RDC, nous allons à présent présenter la méthodologie retenue en vue d'identifier les déterminants de la qualité de l'éducation qui influent sur le revenu de l'individu dans la ville de Goma.

La première partie de cette section sera consacrée à la spécification du modèle tandis que la seconde à la présentation des variables retenues dans le modèle et de l'échantillonnage.

II.2.1. SPECIFICATION DU MODELE

Animé par le souci de compléter et d'adapter la situation observée par d'autres chercheurs sous d'autres cieux afin de mesurer le rendement de la qualité de l'éducation acquis par un individu, le modèle de Mincer (1974) a été adapté. Les résultats feront l'objet d'une discussion dans le dernier chapitre dans lequel ils seront présentés.

1. Le modèle théorique55

Le modèle standard du capital humain [Mincer (1974) et Becker (1975)] suppose que les salariés sont rémunérés à leur productivité marginale et que celle-ci augmente avec le capital humain accumulé. Le bénéfice net d'une année de scolarisation supplémentaire peut alors être estimé à partir des données portant sur les revenus des individus dont le niveau d'éducation diffère. Nous envisageons un certain nombre d'enrichissement de la procédure standard afin de réduire les biais potentiels d'estimation des rendements de l'éducation.

1O L'équation de Mincer (1974) et ses limites

Pour déterminer le taux de rendement de S années d'éducation, Mincer (1974) estime une équation de la forme :

lnYS = c+ rS+aE+bE2+u

Avec YS, le revenu individuel ; S, le nombre d'année d'étude ;

E, l'expérience professionnelle. Elle peut se présenter sous forme de rendement décroissant. C, la constante que les théoriciens du capital humain interprètent comme le salaire de base sans capital humain. ; Et u, un terme stochastique représentant les facteurs non observés qui

55 F. ARESTOFF, Op. cit, p.7

affectent le revenu. Il s'agit des facteurs de moyenne nulle, que l'individu ne connaît pas forcement.

Dans cette équation de gains semi-logarithmique, si u est distribué selon les propriétés standard, alors l'estimation de r par la méthode des MCO correspond au taux de rendement privé (par opposition au taux de rendement social) de l'éducation. Il mesure l'augmentation du revenu (YS-YS-1) résultant d'une année d'éducation supplémentaire rapportée au coût annuel de cet investissement scolaire56, soit :

+ + + +

Y Y e c rS a E bE u

2

-

s s - 1 =

c r S

+ - + + +

2

( 1) aE bE u

Y e

s - 1

= ?

1

1 e r - r

Bien que Mincer (1993) considère que la scolarisation et l'expérience expliquent à elles seules un tiers de la variance des taux de salaire dans les pays occidentaux, il existe un certain nombre de limites du modèle de Mincer (1974).

D'une part, il est naturel de supposer que l'environnement parental influe sur la valeur économique du temps passé à l'école. Selon Bowles (1972), en raison de l'influence de l'environnement familial sur le niveau d'études atteint, omettre le niveau d'éducation des parents ou leur activité professionnelle provoquerait la surestimation du rendement de l'éducation.

La littérature tant économique que sociologique offre de nombreuses démonstrations de l'impact positif de l'éducation et du revenu des parents sur le développement cognitif de l'enfant, sur la qualité de l'éducation qu'il reçoit et sur sa réussite éducative. Or, le cadre d'apprentissage que des parents éduqués peuvent offrir à leur enfant lui permettra aussi d'accroître sa productivité pour un nombre d'années d'études donné (Murnane et Al. 1981). Parallèlement, le niveau d'éducation des parents matérialise le capital social de l'individu. Grâce à un père éduqué, l'individu pourra profiter de réseaux de connaissance qui lui permettront peut être d'occuper des postes plus valorisants en termes de position, de rémunération, etc.

Comme prédit, Bowles a constaté qu'une classe sociale et un niveau d'éducation ne détermine pas un revenu mais plutôt une opportunité. Celle-ci correspond au fait de choisir parmi des emplois différents, chaque emploi se caractérisant par divers aspects monétaires et

non monétaires. Le revenu reçu par un individu est alors le résultat d'un choix contraint par l'ensemble des opportunités d'emplois offertes.

L'ensemble de ces facteurs nous conduit donc à supposer que l'environnement parental exerce à la fois un effet direct sur les revenus de l'individu et un effet indirect transitant par son niveau d'éducation.

D'autres part, supposer que la relation entre les revenus et l'éducation est linéaire revient à supposer que les chocs d'offre et de demande de travail ont les mêmes effets sur le taux de rendement de l'éducation à tous les niveaux d'études. Heckman et Al. (1996) rejettent cette hypothèse, arguant que la durée de la scolarité S n'est pas homogène, toutes les années n'ayant pas forcement la même efficacité. Heckman et Polachek (1974) ont ainsi mis en évidence l'existence d'un effet diplôme selon lequel les années ne débouchant pas sur l'obtention d'un diplôme généreraient un rendement plus faible que les autres.

Afin d'autoriser le rendement de l'éducation à varier avec le volume de l'investissement éducatif, il est donc préférable d'intégrer le niveau d'études sous forme quadratique comme le font Angrist et Lavy (1997).

Ces phénomènes pris en compte, le modèle de Mincer « étendu » s'écrit alors : lnYS= c+r1S+r2S2+a E+bE2+d X+u (3)

Avec X, un vecteur de caractéristiques individuelles et parentales.

2° Amélioration du modèle de gains de Mincer : la distinction entre l'éducation publique et éducation privée

Si le type d'éducation, public ou privé, agit sur les revenus à la fois indirectement par la réussite scolaire [comme le montrent Arestoff et Bommier (2000)] mais aussi directement, alors le modèle de Mincer « étendu » [équation (3)] tend encore à surestimer le taux de rendement de l'éducation. Pour y remédier, nous proposons de poursuivre l'adaptation faite par Florence Arestoff, du modèle de Mincer.

Supposons un individu i. En intégrant le fait d'avoir reçu une éducation publique ou privée (Ti) parmi les variables explicatives des revenus, l'équation (3) peut être réécrite comme suit :

LnYi = ~+r1Si+r2S2 i+~1Ti+~2Ei+~3E2 i+~4Xi+~1i (4) Avec a, la constante et 1i, le résidu.

L'estimation de cette équation par des MCO n'est possible que si les variables explicatives ne sont pas corrélées avec les facteurs non observés. Or, les rendements de l'éducation peuvent varier entre les individus, en fonction des paramètres propres à chacun d'eux qui sont à même d'influer sur les revenus (et l'éducation) mais sont omis de l'équation : motivation à étudier, préférence pour le présent, accès aux ressources de financements, etc.

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