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La redevabilité des acteurs humanitaires

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par Bienvenu Samba Monges
Université de Bangui (FASEG-LERSA) - Master 1 en Action Humanitaire et Développement(AHD) 2014
  

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IV. INTERET ET INCONVENIENT PLUS ENJEUX A LONG TERME

1. INTERET ET INCONVENIENTS

En permettant une définition et une répartition précises des responsabilités, les mécanismes de redevabilité donnent un cadre clair pour l'action. Ils offrent aussi aux parties prenantes la possibilité de dénoncer le non-respect des obligations contractées, de surveiller la suite donnée à une plainte et d'observer les résultats produits. C'est pourquoi ils aident aussi à déterminer ce qui a bien ou mal fonctionné. Le processus cyclique de suivi, d'information et d'évaluation favorise l'acquisition de connaissances, ce qui a pour effet d'améliorer la qualité des activités ultérieures de coopération pour le développement.

Les organisations humanitaires travaillent dans des situations complexes qui ont fréquemment un effet dévastateur pour les communautés affectées. Les organisations humanitaires, qui les aident en fournissant une assistance visant à reconstruire leurs vies opèrent souvent dans l'urgence et un contexte difficile. De ce fait, être vraiment à l'écoute des populations affectées n'est pas toujours une priorité. Pourtant, lors d'une crise, les organisations humanitaires ont un énorme pouvoir. Qu'elles fournissent de la nourriture, des abris ou une assistance médicale, pour les populations affectées, leurs actions peuvent faire la différence entre la vie et la mort.

Chaque année, des dizaines de millions de personnes reçoivent une aide humanitaire vitale, mais des millions d'autres souffrent, sans la moindre aide ou protection, et leur nombre ne cesse d'augmenter. Les promesses d'aide aux personnes affectées pour réduire leur vulnérabilité aux prochaines catastrophes et leur permettre de mener leur propre intervention humanitaire restent de vains mots.

Les acteurs humanitaires détiennent une partie de la solution. La majeure partie de la solution n'est toutefois pas entre les mains des acteurs humanitaires. Ils ne sont pas responsables des conflits, du changement climatique et des inégalités à l'origine des crises.

La concrétisation des programmes de développement durable exigera des efforts plus vigoureux et plus constructifs que jamais, et ce, de la part d'un éventail de partenaires bien plus large qu'auparavant. Les mécanismes de redevabilité devront être renforcés de façon à accroître l'efficacité de la coopération internationale pour le développement dans un sens propice à la réalisation de ces objectifs mondiaux. Ils rempliront les trois fonctions suivantes, qui sont particulièrement importantes :

- La redevabilité permet de spécifier les rôles et les responsabilités et d'améliorer l'apprentissage,

- La redevabilité peut inciter à agir de manière responsable

- La redevabilité peut créer légitimité et confiance

L'impact d'une exigence accrue de redevabilité a été exposé à de nombreuses critiques et mises en garde. Ces critiquent partent toutes d'un constat simple : « Toute organisation publique a besoin d'un minimum d'intimité pour exister » au risque de ne devenir qu'un « d'hologramme manipulable à l'infini ». Dans le type d'information produite et diffusée, les agences doivent donc garder à l'esprit en permanence deux dangers fondamentaux :

- Le danger d'une simple redevabilité de surface, agissant en réalité comme un « voile de protection » sur la compréhension véritable de l'action des agences : une codification et une bureaucratisation trop étendue des obligations de redevabilité, risque, par son excès d'informations, son trop technique, de ne faire qu'aveugler et rendre « opaque » l'action des agences. Ce faisant, elles peuvent inciter les acteurs à s'esquiver derrière une forêt d'informations formelles, et faiblement porteuses de sens pour les parties prenantes extérieures, pour ne pas avoir à rendre compte de la pertinence véritable des actions menées. La mise en avant de cet effet pervers de la redevabilité apparaît bien souvent dans le témoignage de nos interlocuteurs ayant un regard sur les outils de reddition des comptes des agences vis-à-vis de leurs tutelles. Certains d'entre eux mettent en cause la capacité des informations échangées à permettre une meilleure compréhension des choix stratégiques engagés par l'agence et de la pertinence de ses outils de mise en oeuvre, mais aussi plus largement une meilleure interconnaissance et un meilleur dialogue entre une agence et les diverses parties prenantes de sa redevabilité.

- Le danger qu'un excès de redevabilité ne stérilise l'élaboration de choix stratégiques forts, la prise de risque et l'innovationqui sont aujourd'hui au coeur de l'efficacité des politiques de développement. Cette remarque, également présente dans un grand nombre des témoignages, souligne à quelle point les choix stratégiques forts, nécessaire à la pertinence de l'action, peuvent être de nature polémique et peu consensuelle. Une mise en transparence trop poussée de l'information stratégique et une attention trop forte portée sur les résultats court le risque de s'accompagner d'un aplanissement des zones d'innovation propres des agences.

Danger d'instrumentalisation ou danger de paralysie sont les deux faces d'un même enjeu : il ne peut y avoir de relation de redevabilité pertinente dans une situation de trop grande méconnaissance et de trop grande méfiance mutuelle d'une agence et des parties prenantes extérieures.

D'autres inconvénients peuvent être le fait de mauvaise utilisation des principes de la redevabilité qui peut entrainer le ternissement de l'image de l'organisation, le refus de financement de ses projets par les bailleurs, le retrait du certificat, etc.il y a aussi un aspect capital en ce qui concerne la diffusion ou transmission des messages de sensibilisation. Si l'information n'est pas bien reçue (de travers), les conséquences pèseront sur la mise en oeuvre des projets de l'organisation. Ce qui peut se traduire par le désintéressement des parties prenantes au programme notamment les bénéficiaires, la méfiance vis-à-vis des porteurs de projets...

C'est pourquoi le suivi de la redevabilité doit se focaliser sur le processus (comment les décisions ont été prises? Comment est-ce que les bénéficiaires ont été informés) plutôt que sur les résultats des activités du projet (combien avez-vous reçu ?).

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